Après Séance : Otages à Entebbe

Otages à Entebbe est un thriller politique britannique réalisé par José Padilha.

Juin 1976, un avion d’ Air France pour Tel Aviv est détourné par 4 pirates de l’air: 2 membres du FPLP (Front libération de la Palestine) et 2 activistes allemands de gauche (Brigitte Kuhlmann et Wilfried Bose). L’avion se pose à Entebbé en Ouganda, avec l’accord d’Idi Amin Dada. Le deal proposé par le FPLP: libérer les otages en échange de la libération de tous les prisonniers politiques retenus dans les prisons israéliennes.

[Attention, cette critique est susceptible de vous spoiler]

Otages à Entebbe est une reconstitution historique assez fidèle de la semaine durant laquelle un peu moins de 300 personnes furent retenues prisonnières sur l’aéroport d’Entebbe par un commando terroriste et libérées par une unité d’élite Israélienne.

On assiste à un biopic de bonne facture. En moins de 1h50, le réalisateur brésilien dresse un portrait assez exhaustif de ce qui c’est passé cette semaine là où le monde entier avait les yeux fixés simultanément sur l’aéroport ougandais où étaient prisonniers les otages et sur Tel Aviv où le gouvernement Israélien devait prendre une décision de toute urgence.

Le gouvernement israelien était alors dirigé par un Yitzhak Rabin (Liort Ashkenazi) déjà conscient de l’inéluctabilité d’une négociation à terme avec les palestiniens tandis que Shimon Peres (Eddie Marsan), ministre de la défense, était alors partisan d’une ligne dure. Les deux hommes sont en désaccord mais compte tenu qu’ Israel refuse de céder aux terroristes pour ne pas créer de précédent, l’assaut sera donné avec un minimum de pertes coté prisonniers et armée israélienne.

José Padilha ne prend jamais parti durant le film et c’est plutôt sage tant cette question empoisonne les relations internationales depuis la fin de la deuxième guerre mondiale.

L’aéroport devient une souricière

Le portrait des 2 allemands faisant partie du commando terroriste abordé en filigrane est également intéressant: ce n’est qu’une fois dans l’aéroport, alors que le « tri » est fait par les membres du FPLP entre les juifs et les non juifs, que les 2 « pièces rapportées » du commando comprennent l’horreur de la situation, elles qui sont de nationalité allemande, leur propre pays ayant organisé l’un des plus grands génocides de l’histoire de l’humanité. Wilfried Bose, libraire de profession (Daniel Bruhl) se réfugiera dans le déni et la rêverie, Brigitte Kuhlmann (Rosamund Pike) jeune femme névrosée droguée aux tranquillisants perdant presque toute sa lucidité avant l’assaut: les 2 activistes d’origine bourgeoise un peu paumés ont compris un peu tard qu’ils s’étaient trompé de combat.

Le poids de l’Histoire et le terrorisme d’extrême gauche des années 70

Le film montre bien les différents enjeux et les conséquences historiques de la solution finale: beaucoup de jeunes allemands intègreront des organisations terroristes d’extrême gauche à la fin des années 60 pour « racheter » la mise en œuvre de la solution finale par leurs ainés, Israel appliquera aux palestiniens une politique de prévarication et d’exclusion que leurs propres parents avaient subi à partir des années 30 (et même bien avant dans certains coins du monde).

Otages à Entebbe est une bonne reconstitution historique, d’autant plus intéressante lorsque l’on met le film en perspective avec le destin de certains de ses protagonistes centraux (Itzak Rabin assassiné en 1995 par un extrémiste juif, Shimon Peres disparu en 2016 après avoir conduit le parti travailliste, Yonhatan Netanyahou (frère de l’actuel Premier ministre Benjamin) tué durant l’assaut sur Entebbé).

Dagrey.

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