Anon (2018)

Anon est un film de science-fiction allemand écrit, coproduit et réalisé par Andrew Niccol.

Budget : environ 20 millions de dollars

Distribution : Netflix

Sortie : 4 mai 2018

Tournage : juillet à septembre 2016

Dans un monde futur, proche du totalitarisme, le gouvernement lutte contre le crime en éliminant toute intimité et en instaurant une surveillance totale des citoyens pour une sécurité maximale. Un jour, un officier de police rencontre une hackeuse qui le pousse à se révolter contre ce gouvernement.

Andrew Niccol est un cinéaste dont j’apprécie le travail, aussi lorsqu’il tient la plume, que la caméra. Il est vrai que depuis Lord of War, le néo-zélandais n’a pas réussi à nous offrir un incontournable dont il a le secret. A chacun de ses films, on s’attend à une œuvre égale ou qui surpasse Bienvenue à Gattaca. On en veut toujours plus, toujours trop ? Malgré ça, j’ai apprécié Time Out et Good Kill, qui sont de bons divertissements où Niccol traite toujours aussi bien la société d’aujourd’hui pour proposer une critique du monde de demain. Anon apparait comme être l’un de ses films. Voyons à présent sur le cinéaste revient en force ou pas…


Les premières minutes nous conduisent au cœur d’une société dystopique à l’atmosphère froide et grise. Deux réalités se superposent (le présent et la mémoire analogique), un concept initié avec efficacité et qui montre une nouvelle fois le savoir-faire d’Andrew Niccol. Ce dernier présente les failles d’un système, qui se voulait inviolable et fiable, au départ. C’était sans compter sur quelques pirates talentueux cachant un meurtrier.

Dépassé le premier quart d’heure, le long métrage prend la direction du thriller SF avec quelques notes de polar à l’ancienne. La société est dépendante au principe de mémoire analogique, et Andrew Niccol met le doigt sur ses failles et les limites du système.

Anon gagne en intérêt au fil des minutes, on est de plus en plus ancré dans l’intrigue futuriste qui nous renvoie à la société d’aujourd’hui. Andrew Niccol gère parfaitement l’arc de l’humain qui est pris à son propre piège, celui d’aller trop vite face au progrès technologique et la dépendance que ça génère.

Dans sa mise en scène, Niccol s’autorise un rythme qui va crescendo et un visuel porté sur l’urbanisme, comme pour symboliser une fourmilière sans échappatoire. Le réalisateur joue principalement avec le spectateur à travers la réalité, les illusions et les fantômes du passé. Il lui transmet la dépendance de la mémoire analogique jusqu’à l’overdose et la confusion. Andrew Niccol met en avant les dangers insoupçonnés des avancées technologiques, ainsi que le pouvoir de l’image dans son ensemble.

Malgré de vraies qualités, le long métrage entre dans la facilité et le prévisible dans sa dernière partie. Bien que le scénario soit centré sur l’Homme face au progrès technologique, il délaisse l’aspect polar et quelques sous-intrigues. Le rapport entre les personnages principaux et la mémoire analogique est très intéressant, et c’est même la qualité première du script. D’un côté, Sal ne veut rien oublier de son passé et de l’autre, la mystérieuse femme supprime toutes les images et évènements où elle apparait. Niccol oppose également deux évènements passés, tous les deux douloureux et bouleversants. On pense évidemment à Minority Report.

Côté casting, Amanda Seyfried tient parfaitement son personnage de femme froide, douée et très mystérieuse. Dommage que cette actrice ne se voit pas assez mise en lumière à Hollywood, car son talent n’est plus à prouver. Quant à Clive Owen, il ne bénéficie pas d’un rôle très original et cela se ressent dans son interprétation « déjà-vu ». Rien de bien méchant, puisque l’acteur se montre convaincant. Mais, il aurait été plus judicieux de proposer ce rôle à un autre. Qui ? Vincent Cassel ou Mark Strong.

La bande originale de Christophe Beck (Edge of Tomorrow, Ant-Man) n’est pas vraiment marquante, mais elle reste efficace pour l’atmosphère et l’accompagnement des personnages.

En résumé, Anon n’atteint pas le rang de Bienvenue à Gattaca, mais reste assez divertissant et original pour le spectateur. Andrew Niccol apparait tout même moins inspiré que par le passé, notamment sur l’aspect thriller.

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