Après Séance : Deadpool 2

Deadpool 2 est un film de super-héros américain réalisé par David Leitch.

Deux ans après son gros carton surprise au box office mondial (un peu plus de 780 millions de $ pour un budget de seulement 50 millions), l’antihéros le plus trash, irrévérencieux et grossier de l’univers Marvel fait son grand retour dans les salles obscures. Le premier Deadpool, de par son parti-pris radical (cassage du quatrième mur, violence gore, références méta en tout genre, héros férocement mal léché) et en opposition totale aux valeurs morales prônés par ses collègues super-héros avait réussit à séduire un très large public.

Toutefois, si on fait abstraction de ce changement de ton, ce 1er opus n’en restait pas moins, d’un point de vue narratif surtout, un film de super-héros somme toute assez classique avec « origin story » à la clé, femme de ses rêves à sauver et questionnement existentiel sur ce que doit être un héros, « super » ou pas. Et c’était d’ailleurs le principal reproche fait au film en lui-même, soit un scénario assez peu inventif et relevant du déjà-vu (le type massacré physiquement et psychologiquement bien décidé à exercer sa vengeance sur ses bourreaux) qui semblait dissimuler son manque d’inspiration narrative derrière un déluge (assez efficace et bien mené, il faut bien le dire) de vannes et clins d’oeil bien sarcastiques et décalés à l’encontre des autres films de super-héros.

Bref, passons maintenant à ce deuxième volet, attendu de pied ferme tant par les passionnés de comics que par les spectateurs lambda ayant apprécié le film d’origine.

Comme toute suite qui se doit, Deadpool 2 reprend donc les codes de son prédécesseur en les décuplant puissance mille; en gros, plus de blagues « méta », plus de trash, de gore, de personnages, de références à la pop culture, etc. Oui sauf que, et c’est là que ce deuxième film séduit, il ne se contente pas de faire ça et se permet même d’améliorer certains points du 1er volet.

D’un point de vue scénaristique, on peut le clamer haut et fort, Deadpool 2 est nettement mieux construit. Wade Wilson / Deadpool, suite à des circonstances plutôt dramatiques que nous tairons ici, se voit contraint de protéger Russell, un adolescent mutant aux pouvoirs aussi incroyables que dangereux, des griffes de Cable, un mercenaire sur-armé venu tout droit du Futur pour l’éliminer. Pour mieux le vaincre, Deadpool, peu désireux de rejoindre l’équipe des X-Men, décidé de monter sa propre équipe, la X-Force. Wade Wilson / Deadpool, suite à des circonstances plutôt dramatiques que nous tairons ici, se voit contraint de protéger Russell, un adolescent mutant aux pouvoirs aussi incroyables que dangereux, des griffes de Cable, un mercenaire sur-armé venu tout droit du Futur pour l’éliminer. Pour mieux le vaincre, Deadpool, peu désireux de rejoindre l’équipe des X-Men, décidé de monter sa propre équipe, la X-Force.

Lu comme ça, on pourrait penser que le scénario n’a rien envier à ceux des autres films du MCU et DCEU, mais la bonne idée du réalisateur David Leitch, l’auteur du « John Wick » qui remplace Tim Miller (réalisateur du 1er Deadpool) et de Ryan Reynolds, également producteur et co-scénariste du film, est de se servir de cette histoire pour mieux humaniser son personnage. Si, dans le 1er opus, tout ne tournait autour que de Deadpool et de sa personnalité, cette suite n’hésite pas, et ce dès la première scène, à l’exposer à des événements dramatiques qui le touchent au plus haut point, allant même jusqu’à influencer ses propres attitudes.

Mais qu’on ne s’y trompe pas, si Deadpool apparaît plus « sensible » et humain dans ce film-ci, il n’abandonne aucunement ses blagues salaces et trash ainsi que sa grande impertinence. Et là aussi, le film évite de se vautrer dans la mesure où, si les blagues métas et autres « cassage du quatrième mur » (celui qui sépare les spectateurs du film qu’ils regardent) occupent toujours une place importante, elle sont très bien gérées et ne viennent jamais parasiter la densité émotionnelle du récit. Là où l’on craignait que Deadpool vanerait jusqu’à l’épuisement le fait que Josh Brolin, (l’interprète de Cable) joue également Thanos dans le MCU, il n’en est rien, ou en tout cas, il ne le fait qu’une seule et unique fois et pas forcément dans un contexte comique, qui plus est.

De même, le scénario se permet même quelques écarts un peu sombre, notamment concernant le passé de Cable et le vécu du jeune Russell.

Ainsi donc, là ou le 1er opus avait tendance à un peu trop sur-exploiter son ton méta, ironique et décalé, « Deadpool 2″ parvient à éviter ce piège, en tenant compte des enjeux dramatiques et émotionnels de son scénario, en les assumant et en les exploitant à bon escient.

L’autre point d’amélioration par rapport à son prédécesseur réside dans son traitement des scènes d’action, nettement meilleurs. Sans trop en dire, l’une des séquences-clés du film opposant Deadpool et la X-Force à Cable, n’est pas sans rappeler, sous certains aspect, la poursuite en camion d' »Avengers 2 » et même, dans une moindre mesure, la célèbre séquence du train du « Spider-Man 2 » de Sam Raimi. Mieux découpé, plus lisible, plus intense et surtout plus longue que celles du 1er , les scènes d’action de « Deadpool 2 » décoiffent et démontrent que Ryan Reynolds et ses producteurs ne se sont pas contentés d’un effet de redite et semblent même mieux assumer le fait que, malgré le tempérament différent du personnage, on reste dans un vrai film de super-héros avec ce qu’il faut en terme de grand spectacle.

Au niveau du casting, rien à redire. Sans aller jusqu’à parler d’interprétation sans failles, on peut dire dire que les comédiens tiennent tous très bien leurs rôles. Ryan Reynolds prouve encore une fois qu’il EST Deadpool (au même titre que Hugh Jackman EST Wolverine et que Robert Downey jr EST Iron Man) tant il arrive à très bien retransmettre les différentes facettes du personnage, capable de passer de la violence la plus extrême à la tendresse la plus douce envers sa copine, et à l’ironie gentiment cynique adressé à l’encontre de ses confrères « amis » X-Men.

Josh Brolin, dans le rôle de Cable, est lui aussi plutôt bon, à la fois mystérieux, brutal et touchant. Ceci dit, la révélation de cet épisode est sans conteste Zazie Beetz qui incarne Domino, l’une des membres de la X-Force. Elle insuffle une très bonne énergie à son personnage à la fois badass, sensible et dynamique, sorte de « Black Widow noire », comme le dit si bien Deadpool lui-même.

Techniquement et scénaristiquement plus emballant que le 1er, « Deadpool 2 » est un divertissement très efficace et très plaisant qui ose, tout en restant fidèle au caractère de son personnage et à ses codes de comics, lui faire prendre un virage plus dramatique et plus sombre qui l’humanise d’avantage, faisant avant tout de lui un homme blessé de l’intérieur plutôt qu’un mercenaire cynique et sans scrupules.

Si cette suite n’est pas exempte de défauts (quelques petites longueurs, des références pop parfois un peu inutiles, quelques vannes un peu répétitives), elle remplit plutôt bien son cahier des charges et nous fait passer un bon moment.

De quoi patienter jusqu’à un prochain opus, où du moins (« Deadpool 3 » n’étant pas prévu … pour l’instant) jusqu’au plus que probable film « X-Force » dans lequel notre super-héros bien mal léché devrait jouer un rôle prépondérant.

P.S : Ne quittez surtout pas la salle une fois le générique de fin tombé, ce serait une bien grosse erreur !^^

François B.

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