Après Séance : Solo

Solo : A Star Wars Story est un film de science-fiction américain de type space western réalisé par Ron Howard.

Depuis maintenant deux ans et demi, la saga Star Wars, désormais propriété de Disney, truste les écrans à raison d’un film par an, soit un épisode officiel directement suivi quelques temps plus tard par un « spin-off » (film-dérivé) centré sur des personnages bien connus ou sur des événements particuliers de l’univers, tel que le vol des plans du premier Death Star par une poignée de pilotes rebelles.

Dans cette seconde catégorie, Solo succède ainsi à Rogue One qui, dans le genre « spin-off », avait réussit à convaincre une grande partie des fans et du public. En dépit des sommes faramineuses rapportées par les épisodes VII (Le Réveil de la Force), VIII (Les Derniers Jedi) et Rogue One, l’inquiétude de Disney / Lucasfilm concernant son nouveau bébé s’est rapidement faite sentir.

Tout commença par l’éviction du duo de réalisateurs engagés sur le projet, Phil Miller et Chris Lord, à qui l’on doit le film d’animation déjanté La Grande Aventure Lego, news qui n’a pas manqué de faire parler d’elle sur internet et les réseaux sociaux. La cause ? Un ton jugé trop décalé par la production qui, dans l’urgence, charge le « yes man » Ron Howard, réalisateur capable du meilleur (Appollo 13, Rush) comme du pire (Le Grinch, Da Vinci Code), de retourner entièrement le film.

Ajoutons à cela les rumeurs (fondées ou non) voulant que le nouvel interprète de Han Solo, le jeune comédien Alden Ehrenreich, soit tellement à côté de la plaque en terme de jeu qu’un coach aurait été appelé à la rescousse pour l’aider. De quoi faire monter la panique aux yeux des fans de la saga et notamment ceux (assez nombreux, il faut bien le dire) très mécontents de l’épisode VIII.

Bref, à l’arrivée, que vaut donc ce fameux spin off centré sur Han Solo, le contrebandier cynique, malicieux et nonchalant au grand cœur ? Eh bien malheureusement… Le film est à l’image de ses problèmes de production : CATASTROPHIQUE !

En effet, le film sent la débâcle artistique et le non intérêt à plein nez. L’intrigue en elle-même (le jeune Han Solo se rêvant « meilleur pilote de la galaxie » rejoint les rangs d’un petit groupe de mercenaires sans attache dans l’espoir de revoir un beau jour sa copine enlevé par les sbires de l’Empire) multiplie les lignes narratives faussement complexes histoire de faire réfléchir un minimum le spectateur. Oui, mais non ; encore aurait-il fallut un vrai scénario,avec de véritables enjeux et des personnages un minimum consistant. Au lieu de ça, Solo, histoire de bien rappeler (comme si on l’ignorait) qu’il est bien un film labellisé « Star Wars », se contente d’expliquer de manière expéditive les moments forts du personnage : ses rencontre avec son célèbre partenaire Chewbacca et son ami charmeur Lando Calrissian, son acquisition du « Faucon Millenium » ou même les origines de son nom de famille. Alors oui, toutes ses choses peuvent être intéressantes à savoir, mais le problème est qu’elles sont le plus souvent mal agencées et, pire encore, flirtent avec le ridicule, en particulier la rencontre entre Han et Chewie, particulièrement risible.

C’est donc de manière très laborieuse que nous est conté la jeunesse de Han Solo, la faute à un Ron Howard en mode veilleuse se contentant gentiment de suivre les obligations marketing de Disney. Rarement la réalisation d’un blockbuster américain aura été à ce point mollassonne : rythme absent, photographie tour à tour trop et pas assez éclairée, effets visuels retravaillés à la va-vite, twists finaux tellement embrouillés qu’on a du mal à bien les cerner.

Côté acteurs, ce n’est pas la joie non plus.

Entre un Alden Erenreich qui, en dépit d’un manque de charisme évident, tente de se raccorder le mieux possible à ce qui fait tout le charme de Han Solo (répliques cyniques, sourires malicieux, gouaille sympathique, réactions gentiment arrogantes) sans nous faire oublier Harrison Ford, une Emilia Clarke aussi expressive et habitée qu’un pied de chaise, un Paul Bettany en méchant de service qui assène ses répliques comme s’il récitait du Shakespeare, un Woody Harrelson qui semble lui-même se demander ce qu’il est venu faire là, dur donc de croire à tous ses personnages qui pourtant sont censés sceller le destin du jeune Han. Reste l’inénarrable Chewbacca, que l’on prend toujours plaisir à revoir et Donadl Glover qui, en jeune Lando, parvient à susciter de temps à autres de francs sourires (dans le bon sens du terme).

C’est un film sans âme auquel nous assistons, (re)fabriqué par un réalisateur qui semble lui-même se préoccuper autant de sa mise en scène que de sa première chaussette. Devant ce genre de débâcle artistique, on serait même tenté de revoir (un minimum) notre jugement vis-à-vis d’autres Blockbusters pourtant très moyens tels que certains films DC ou Marvel.

Disney partirait-il vers un virage à la Warner/DC ?

Certes, il est trop tôt pour l’affirmer d’autant plus que, quoi qu’en disent les quelques détracteurs du Réveil de la Force et des Derniers Jedi (Rogue One ayant globalement été mieux reçu par le public), ces deux épisodes possédaient de véritables qualités artistiques ; bien sûr tout n’était pas parfait mais on sentait, malgré la pression énorme exercé par Disney sur ses réalisateurs, une réelle et sincère ambition de la part de J.J Abrams, Gareth Edwards et Rian Johnson, ainsi que l’envie de raconter avant tout une bonne histoire ou, du moins, un scénario un minimum intéressant pour nous faire croire à ses enjeux et personnages.

Reste, malgré tout ce gâchis que représente Solo, deux morceaux de bravoure relativement spectaculaires qui arrivent à nous convaincre que, malgré tout, nous sommes bien en train de regarder un film de cinéma, et non pas un téléfilm de luxe façon TF1.

François B.

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6 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Ywan Cooper dit :

    Ça devient n’importe quoi Star Wars. x-)

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  2. Monsieur R. dit :

    C’est blen ommage d’avoir évincé ce duo de réalisateurs ! Nous aurions aimé rêver plus sur la jeunesse de Solo …

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  3. Dylan Malone dit :

    Bah moi j ai apprécié même si ce n’est fou-fou

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  4. tinalakiller dit :

    Quel ratage, laid, inintéressant et ridicule…

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  5. Fab!en dit :

    J’ai apprécié de mon côté. Des défauts, certes, mais il y a pire !

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  6. Fab!en dit :

    Moi j’ai bien aimé. Il a des défauts, mais je m’attendais à pire (et j’en attendais beaucoup de ce spin-off, je précise) !

    Aimé par 1 personne

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