Après Séance : Mon Ket

Mon Ket est une comédie co-écrite et réalisée par François Damiens.

Dany Versavel a un souci avec son fils, son « ket », âgé de 15 ans. Ce dernier, Sullivan, en a assez de ce père qui fait le malin derrière les barreaux de sa prison. Mais pour Dany, ce fils c’est sa vie. Il décide donc de s’évader. En cavale, il tente d’enseigner diverses choses à son fils, avec ses petites magouilles et son style sans retenue

Pour son premier film en tant que réalisateur, le comédien belge François Damiens a décidé de revenir à ses premières amours, les caméras cachées, avec lesquelles, sous les traits de « François l’embrouille », il s’amusait, sous fond d’humour grinçant et en faisant preuve d’une beaufitude totalement assumé, à piéger les passants qui avaient le malheur de le croiser en chemin.

Sous forme de long-métrage, Mon Ket est construit selon le même principe, à savoir une succession de saynètes dans lesquelles différentes personnes (une infirmière, une cliente de magasin, un banquier, un footballer, un chirurgien esthétique ou encore des beaux-parents) croisent la route de Danny Versavel (alias « François l’embrouille », alias François Damiens), taulard en fuite déterminé à retrouver son « Ket » (son fils donc) Sullivan afin de lui faire découvrir le vrai sens de la vie : ne pas aller à l’école car « n’y apprend rien d’utile dans la vie », apprendre sur le vif et dans la rue, boire, fumer, draguer; bref, le « père modèle » en somme.

A partir de ce postulat plutôt casse-gueule, Damiens parvient néanmoins à rendre crédible son « histoire » en nous faisant ressentir une certaine empathie pour Danny. Si, de prime abord, ce dernier est grossier, vulgaire, beauf et même par moments franchement abruti, l’acteur-réalisateur arrive à le rendre attachant car après tout, la chose que souhaite par-dessus tout Danny est la même que celle de pratiquement tous les pères, être proche de son fils et constituer un modèle pour lui.

Et la bonne idée du film est que, au-delà de la succession de sketchs (pour la plupart assez hilarants), on sent une certaine émotion qui se dégage par petites touches et ceci, grâce au talent de son acteur-réalisateur. Que ce soit dans son propre film ou dans celui d’un autre, qu’il soit beauf, simplet, sourd-muet, ou au contraire sérieux, triste ou violent, François Damiens est un très bon comédien. Ainsi, en interprétant le personnage de Danny à la fois de manière grotesque (dans le bon sens du terme) et émouvante, il rend son film plutôt touchant et même émouvant.

Ceci dit, qu’on ne s’y trompe pas, si Mon Ket émeut de temps à autre, il s’agit d’une pure comédie, dont l’objectif principal est avant tout de faire rire le spectateur, ce que le film réussit à faire sans problèmes. Si on peut certes trouver le concept des caméras cachés un peu répétitif et l’humour parfois un peu trop appuyé, l’ensemble se laisse regarder sans peine, d’autant plus que le film est par ailleurs très bien cadré et éclairé et même un minimum scénarisé.

Mention spéciale aux « faux comédiens », à savoir les passants piégés qui, évidemment, réagissent de manière très naturelle (en étant tour à tour choqué, agacé, étonné), ce qui accentue d’avantage les effets comiques du film.

En somme, un bon petit moment de détente, pas toujours d’une grande finesse mais efficace et sincèrement émouvante par instant. Et puis, cerise sur le gâteau, on rigole beaucoup, ce qui n’est pas le cas, loin de là, de toutes les comédies françaises (ou dans ce cas-ci, « franco-belge) qui sortent de semaines en semaines.

François B.

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