Après Séance : Jurassic World – Fallen Kingdom

Jurassic World : Fallen Kingdom est un film de science-fiction américain réalisé par Juan Antonio Bayona.

Un volcan se réveille sur Isla Nublar et menace les dinosaures laissés en liberté sur l’île à la suite de l’incident survenu dans Jurassic World, trois ans plus tôt. Owen, Claire et le riche Anglais Lockwood vont organiser une expédition pour tenter de les sauver en les transférant vers une autre île. Mais Owen et Claire découvriront qu’ils se sont fait berner par l’associé de Lockwood, Eli Mills, qui a un tout autre projet pour ces dinosaures : les rapatrier afin de les vendre aux enchères en tant que véritables armes de guerre. Ils devront aussi affronter une autre menace : un nouvel hybride, l’Indoraptor.

Conscient de ses gros défauts, j’ai globalement apprécié Jurassic World de Colin Trevorrow. Il avait réussi à me divertir et à me souffler un petit vent de nostalgie, car j’avais découvert Jurassic Park au cinéma à l’âge de 5 ans.

Pour ce nouvel opus, je dois vous avouer que j’en attends un peu plus. Juan Antonio Bayona est un cinéaste dont j’apprécie son rapport à l’image, son sens du déplacement et surtout il appréhende efficacement le spectacle et les émotions. En somme, Universal Pictures a misé sur un réalisateur qui véhicule quelques similitudes artistiques avec Steven Spielberg. En revanche, j’ai des craintes sur le script compte tenu que Derek Connolly et Colin Trevorrow ont été reconduis malgré leur manque crucial d’originalité et surtout de subtilité.

Que la séance commence !


L’ouverture nous embarque dans les vestiges du parc où l’Homme n’est plus le bien venu. Une séquence qui contraste parfaitement avec celle du film de Colin Trevorrow. Le premier quart d’heure rappelle évidemment le Monde Perdu, mais les gros sabots des scénaristes nuisent déjà. On a l’impression que l’on réchauffe une nouvelle fois le concept, et c’est assez triste de voir qu’Universal n’ose pas casser sa licence de manière intelligente. Bien au contraire, les producteurs ont misé sur les ingrédients classiques de la franchise. Sauf qu’au bout du cinquième film, on veut beaucoup plus que ça.

Heureusement, Juan Antonio Bayona impose sa griffe, ce qui donne du relief et de l’intérêt pour le long métrage. Sa mise en scène nous offre un spectacle inspiré et parfaitement calibré par son chef opérateur Oscar Faura. Visuellement et émotionnellement parlant, c’est clairement plus recherché que Colin Trevorrow. Il s’agit sans aucun doute des points forts du long métrage. Les scènes d’action sont palpitantes, tout comme les plans iconiques des dinosaures face au monde qui les entoure. Le réalisateur espagnol apporte une profondeur qui lui est propre, ce qui donne au film la dimension d’un conte moderne où l’homme n’est plus la victime mais bel est bien le bourreau. Les frissons et les larmes sont au rendez-vous, la signature Bayona  est omniprésente.

Une forme étincelante, qui ne se voit gâcher par les carences au sein du scénario. Derek Connolly et Colin Trevorrow tirent les ficelles de manière grossière, à l’image de la conception des personnages et de l’ensemble de la structure narrative. Aucune originalité, et surtout il n’y a pas la maturité qui devrait être en phase avec celle du réalisateur catalan. On enchaine les invraisemblances et les stéréotypes…

A mon sens, il aurait été préférable que Bayona soit le scénariste de cette suite. Sans nul doute qu’il aurait apporté plus de coffre aux personnages et des leviers scénaristiques plus subtiles. Cela aurait au moins permis à la distribution d’être plus convaincante. Même si Chris Pratt incarne convenablement le héros, il ne dégage rien de nouveau. A ses côtés, Bryce Dallas Howard peine à être véritablement crédible, cela n’est pas dû à son jeu, mais c’est bel et bien à cause de l’écriture. Toby Jones n’est pas non plus gâté par son personnage. Du stéréotype à outrance qui ne rend pas hommage au travail de Michael Crichton et Steven Spielberg. Ça régresse à un point où l’on se demande si les producteurs ont vraiment vu les premiers films. Même si l’on est ravi de retrouver Jeff Goldblum, son rôle a clairement pris du plomb dans l’aile. Petite déception dans son traitement, ainsi que sur son temps d’apparition.

La bande originale de Michael Giacchino tient plutôt bien la route, même si on a connu beaucoup mieux de la part du compositeur.

En résumé, Jurassic World : Fallen Kingdom nous montre que les scénaristes n’ont pas compris les défauts du film précédent. Le long métrage ne brille que par la mise en scène de Juan Antonio Bayona… C’est mince, mais divertissant ! En tout cas, la franchise n’obtient pas le nouveau souffle attendu et ça ne sera pas le cas avec sa suite à venir. Colin Trevorrow n’est clairement pas l’homme de la situation, que ce soit derrière la caméra ou la plume.

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