Après Séance : Hérédité

Hérédité est un film d’horreur américain écrit et réalisé par Ari Aster.

Après la mort de sa mère, Annie Graham et sa famille organisent les obsèques de la défunte. Annie avait une relation compliquée avec sa mère, celle ci ayant été frappée par de nombreuses épreuves durant toute sa vie. Alors que des phénomènes étranges se déroulent autour de la famille Graham, un second deuil fait glisser Annie dans la folie et la paranoïa.

[cette critique est susceptible de vous spoiler]

Méfiez vous des apparences

Le film baigne dans une ambiance comparable à celle des films d’horreur des années soixante dix comme Rosemary’s Baby de Roman Polanski. La réalisation du film est minutieuse, les premières images montrent un plan large qui se concentre de plus en plus précisément sur la chambre d’une maison miniature ..qui est celle de Peter, le fils ainé du couple Graham, qui est en plein réveil. Ce premier plan résonne comme un avertissement pour le spectateur: ne vous fiez pas aux apparences. Certains plans transforment dans l’obscurité des chaises en formes inquiétantes, Charlie (Milly Shapiro), la fille handicapée d’Annie (Toni Colette) a un visage qui porte les stigmates de sa singularité pendant que celui de Peter (Alex Wolff) ressemble furtivement à une peinture de Francis Bacon croisée avec un portrait de Goya. Quant à Annie, « sa descente aux enfers » va transformer son visage amorphe et fatigué en masque de douleur et de larmes devant un mari médusé (Gabriel Byrne) qui ne se départira jamais de son rationalisme. Tout se terminera dans l’avènement d’un homme « consacré » démon païen devant lequel se prosterneront ses adorateurs.

La première partie du film est plutôt statique. La famille Graham y savoure, sans le savoir, la fin du bonheur d’une vie sans histoires. La mort de Charlie dans des circonstances aussi tragiques que stupides va réveiller l’intérêt d’inconnu(e)s pour Annie et engendrer des phénomènes inquiétants.

Le film se termine dans le chaos et la violence, les corps sont meurtris, ils défient la gravité et s’infligent des violences telles que l’on pense que ce que l’on voit à l’écran est sorti de notre imagination.

En s’inscrivant dans un certain classicisme, le film d’Ari Asher échappe aux « grosses ficelles » du genre telles que les jump scares auxquels le film de genre recourt parfois un peu facilement.

Le deuil et l’horreur

Mélangeant étroitement les thématiques de l’horreur et du deuil, le film instille sournoisement le doute dans l’esprit du spectateur qui se demande si ce que subissent les protagonistes n’est pas le fruit de leur imagination. Il y a dans la mise en scène un tel déterminisme sombre que j’ai également pensé à La mise à mort du cerf sacré, réalisé lui aussi façon « old school ».

Si l’on ajoute à l’ensemble une bande originale ambiant cauchemardesque de Colin Stetson, tout est réuni pour un film d’épouvante de qualité même si le film souffre un peu de son format long (2h08).

Au casting, on retrouve également dans un rôle de « marâtre influente et intrigante », Ann Dowd (Joan), également au casting de The Handmaid’s tale.

Compte tenu de son type de réalisation et de sa puissance sonore, je vous recommande de voir Hérédité, si possible, au cinéma.

Dagrey.

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