Après Séance : L’Empire de la perfection

L’empire de la perfection est un film documentaire de Julien Faraut.

Fans de tennis, de bel et bon tennis, ce film est pour vous ! Ignares complets en matière de tennis et même, plus largement, de sport, ce film est également pour vous ! Avec un sens pédagogique exemplaire, Julien Faraut vous entraînera dans l’examen précis, à la fois scientifique et humoristique, en un mot passionnant, du cas McEnroe, de son inébranlable force comme de ses irréductibles failles.

On ne reconnaît pas immédiatement la voix de Mathieu Amalric, qui accompagne pourtant de A à Z, en off, l’ensemble du documentaire. C’est que, joueur, le réalisateur ouvre son film sur des images d’archives, en noir et blanc, qui font l’objet d’un commentaire si décalé que l’on se demande d’abord si l’on ne se retrouve pas devant un inédit de Jean-Luc Godard. On ne tarde toutefois pas à être rassuré, lorsque images et commentaires se centrent sur la figure principale, le tennisman John McEnroe, ainsi que sur certains des journalistes reporteurs qui l’ont suivi avec passion.

Julien Faraut est avant tout spécialiste de sport, puisqu’il travaille en tant que chargé de collection à l’INSEP, l’Institut National du Sport. Ce sont les archives de l’INSEP qui lui ont fourni la matière de son film, à travers les nombreux rushs tournés lors des matchs de McEnroe. Mais il a effectué, à partir de ce matériel, un travail de montage, visuel et sonore, qui révèle un sens cinématographique certain et compte pour beaucoup dans l’intérêt que le spectateur néophyte parvient à maintenir pour son film. En effet, outre la pertinence dans la sélection des rushs, le réalisateur et son équipe se sont amusés à superposer aux images toute une série de bruitages aussi discrets que saugrenus, à la Tati (couinement du sportif dans ses étirements, impact de la balle…), qui créent un effet de surprise et d’attente, puisque leur caractère non systématique fait que le spectateur les guette, les espère, les anticipe, et glousse à son tour de satisfaction lorsqu’ils surviennent enfin.

En plus de l’hommage, sportivement et humainement captivant, à une grande figure du tennis mondial, c’est donc à une véritable expérience cinématographique totalement inédite que Julien Faraut a convié son public.

Anne Schneider.

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