Après Séance : Tulip Fever

Tulip Fever est un film dramatique romantique britannico-américain réalisé par Justin Chadwick.

Amsterdam – 1636.

La ville est plongée dans une fièvre spéculative autour du commerce de la tulipe. Un riche marchand décide d’engager un célèbre portraitiste pour immortaliser la beauté de sa jeune femme. Au premier coup de pinceau, une passion dévorante débute entre la jeune Sophia et le séduisant peintre. Alors qu’une liaison torride et fougueuse s’installe, les jeunes amants cherchent à se débarrasser du mari envahissant et à s’enfuir. Une soif de liberté qui aura un prix, aussi précieux que celui d’une tulipe…

Le projet Tulip Fever a démarré en 2004. A l’époque, le réalisateur John Madden (Miss Sloan, Shakespeare in Love) est prêt à diriger Keira Knightley et Jude Law. Sauf que, le gouvernement britannique a décidé de fermer un programme de réduction d’impôts, ce qui portait à une augmentation du budget du film de 17 millions de dollars. Le projet s’élevant déjà à 45 millions, le film a donc été enterré à 7 semaines de son tournage.

Il aura donc fallu attendre 2016 pour voir le film se réaliser avec derrière les producteurs de Shakespeare in Love et le réalisateur de Deux sœurs pour un roi. Une base solide et cohérente qui se voit compléter par un casting prestigieux avec notamment, Alicia Vikander, Christoph Waltz et Judi Dench. Tout semble donc réuni pour assister à un beau film d’époque. Que la séance commence !


Même si ça reste très académique, les premiers mots et les premières images posent clairement les codes du conte où les sentiments ne vont cesser de tourbillonner. Justin Chadwick ne perd pas de temps en ce qui concerne les présentations des personnages et de leurs motivations. D’ailleurs, c’est peut être ça le premier défaut du long métrage, le sens du rythme. Le réalisateur ne prend pas réellement le temps d’installer ses personnages, une atmosphère et ce, malgré la direction artistique et les décors… Il veut aller à l’essentiel, sauf que cela gâche l’accroche pour le spectateur. On assite a du réchauffé, alors que Justin Chadwick est capable de s’extirper des codes du genre, tout en les respectant. Il l’a d’ailleurs démontré avec Deux sœurs pour un roi et Mandela : Un long chemin vers la liberté. Sa capacité a bien raconter les histoires semble éteinte dans le premier quart d’heure.

Évidemment, le manque de finesse du réalisateur pénalise un peu sa distribution. Alicia Vikander est loin de proposer une interprétation inoubliable. Bien au contraire, l’actrice suédoise reste sur la même ligne artistique que ses précédents rôles (Une vie entre deux océans, Jason Bourne). Il faut également souligné qu’elle n’est pas non plus aidée par l’écriture lié à son personnage et le manque de subtilité de la part du réalisateur.

Dane Dehaan est peu convaincant en peintre fou amoureux de son modèle. Comme pour sa partenaire, on part dans le cabotinage et cela décrédibilise aussi bien le relationnel entre les personnages, que l’histoire dans sa globalité. De son côté, Christoph Waltz ne parvient pas non plus à nous éblouir. L’acteur allemand fait le strict minimum, et c’est justement ce qu’on lui a demandé.

Et pour finir, on peut dire que Judi Dench fait plus de la figuration qu’autre chose, tout comme Zach Galifianakis. En somme, sur papier le casting fait rêver, mais à l’écran il déçoit. La faute est collective, mais Justin Chadwick est en première ligne. Ce dernier semble ne pas avoir réellement pris conscience du potentiel d’une telle distribution et du roman de Deborah Moggach. On ne ressent jamais la passion pour l’histoire ou de l’amour pour les personnages.

Tulip Fever se présentait comme un film d’époque où la religion, le pouvoir et l’amour viennent s’entrechoquer pour nous offrir un éventail d’émotions. Il n’en est rien puisque personne ne semble convaincu par ce qu’il fait, à commencer par le réalisateur. Justin Chadwick nous pond une mise en scène expéditive, voir à la limite de la feignantise. Le seul moment où l’on peut voir un semblant d’investissement et de vision personnel, c’est sur l’ouverture du long métrage. Ce qui est un peu mince non ?!

De plus, le scénario tire les grosses ficelles du genre, sans rien y apporter d’original. On enchaine les stéréotypes et les clichés, ce qui rend l’intrigue incohérente et les personnages lisses et sans intérêt. On se raccroche seulement à la bande originale de Danny Elfman, qui est plutôt efficace. Comme vous pouvez le constater, c’est léger, trop léger pour nous satisfaire un minimum.

En résumé, Tulip Fever  est une adaptation sans âme et sans réelle vision de l’œuvre de Deborah Moggach.  Décevant !

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