Après Séance : Ant-Man et la Guêpe

Ant-Man et la Guêpe est un film de super-héros réalisé par Peyton Reed.

Trois ans après ses premiers exploits « super »-héroïques, l’homme-fourmi est donc de retour pour une nouvelle aventure et cette fois-ci, pas en solo car accompagné de la « Guêpe », soit sa co-équipière, Hope Van Dyne.

Disons-le d’emblée : si Ant-Man, alias Scott Lang (du moins dans la version actuelle), est un personnage plutôt sympathique et auquel on peut facilement s’identifier (homme a priori ordinaire, « papa-poule »), son premier film, bien qu’assez distrayant et même par moment visuellement impressionnant, ne nous avait pas hyper emballé; la faute à un récit très conventionnel (un héros hors-la-loi malgré lui désireux de changer son image afin de devenir un modèle pour sa fille) et calibré au possible (pas trop de violence, de gros mots et beaucoup, beaucoup de clins d’oeil humoristiques envers la pop culture) histoire de plaire au plus grand nombre. Inutile de revenir pour la énième fois sur l’éviction du cinéaste anglais Edgar Wright (« Hot Fuzz », « Shaun of the Dead », « Baby Driver ») pour cause de divergences artistiques sur le 1er volet au profit du modeste « yes man » Peyton Reed, qui réalise également cette suite.

Bref, passons maintenant à ce deuxième opus. Est-il meilleur que son prédécesseur ?

Eh bien, en toute objectivité, et malgré quelques bons moments, Ant-Man et la Guêpe possède grosso modo le même type de tares que son prédécesseur. Entendons-nous bien, si le film regorge de défauts, il ne s’agit pas non plus d’une catastrophe totale, il se révèle même assez drôle (dans le bon sens du terme) par moments et les scènes d’action privilégiant les échelles de taille sont assez spectaculaires.

Le principal problème du film est qu’il ne propose absolument rien de neuf, que ce soit en terme de mise en scène et de renouvellement artistique, se contentant de reproduire la « formule MCU des mauvais jours » qui faisait déjà défaut à des films comme Docteur Strange et Les Gardiens de la Galaxie vol. 2 ; à savoir un humour souvent poussif et parfois très lourdingue utilisées pour désamorcer le moindre enjeu dramatique, des références « pop » sorties de nulle part histoire d’éveiller la fibre nostalgique du spectateur et une sur-utilisation abusive de CGI au point d’en devenir par moments très moches.

Dès lors, à l’instar des deux films du MCU cités ci-dessus, c’est le scénario qui en prend un coup. D’un point de départ certes classique mais suffisamment curieux pour éveiller notre attention (Hope Van Dyne, la fille de Hank Pym, fait à nouveau appel à Scott Lang/Ant-Man, en résidence surveillée suite aux événements survenus dans « Captain America- Civil War », afin de retrouver sa mère, Janet Pym, disparue depuis 30 ans), le scénario voit ses enjeux constamment désamorcés par un retour quasi systématique à l’humour ultra-référencé et aux vannes plus ou moins inspirées, un peu comme si Kévin Feige (big boss du MCU, faut-il encore le rappeler) et ses sbires craignaient de perdre une majorité de leur public sous-prétexte qu’ils font un peu de sérieux et de noirceur ; ce qui fait que (et c’est triste à dire) on ne croit plus du tout aux tensions dramatiques de l’histoire (la disparition de la mère, dont on ne nous explique jamais, d’ailleurs, comme elle a pu rester en parfaite santé pendant 30 ans en vivant complètement et littéralement coupée du monde), de même qu’on ne croit même plus au méchant, où plutôt à la méchante, par ailleurs balancée comme ça, tel un cheveu dans la soupe. D’un personnage de prime abord intéressant, « Ghost » (personnage en proie à la haine et à la colère car atteint d’une maladie incurable), Peyton Reed et ses scénaristes arrivent à le rendre totalement oubliable dans la mesure où, à la moindre explication le concernant, l’humour et le second degré viennent tout parasiter au point même de parfois frôler les clichés les plus grotesques (le « Ghost » qui apparaît en un éclair et qui, du coup, fait sursauter et crier tout le monde en même temps).

Alors oui, dès le départ, les aventures cinématographiques d’Ant-Man ont été envisagées comme des comédies d’action (d’où le choix d’ailleurs de Paul Rudd dans le rôle-titre, comédien ayant fait ses preuves dans les comédies « made in Apatow ») mais le souci, c’est qu’à partir du moment où la séquence d’ouverture (qui nous ne dévoilerons pas) du film, se présente comme franchement dramatique, alors le propos doit rester cohérent. Après tout, dans ce second opus, il est quand même question de disparition de proches, de maladies dégénérative ou encore de réclusion; pas de quoi se marrer en somme. Lu comme ça, on pourrait se dire que c’est le même problème dans « Thor : Ragnarok », dont l’humour décalé et en décalage total avec ses deux précédentes aventures avaient choqués certains. Oui, sauf que, dès la scène d’ouverture, « Thor : Ragnarok » donnait le ton en jouant d’emblée la carte de l’auto-dérision et du décalage total; ce qui n’est pas du tout le cas de « Ant-Man et la Guêpe ».

Et c’est d’autant plus dramatique que tout tombe à plat : les enjeux scénaristiques, les émotions des personnages et l’ambiance générale, dès lors partagée entre le drame psychologique et la comédie décalée.

Malgré tout (c’est déjà pas mal), cette suite, comme expliqué plus haut, possède néanmoins quelques rares qualités qui arrivent à le rendre divertissant, à défaut d’être inoubliable et marquant.

Comme dans le 1er opus, les scènes d’action privilégiant les changement de tailles (rapetissement / agrandissement) de personnages et de choses en tous genres (voitures, jouets, porte-clé, immeubles) sont visuellement bluffantes et changent un peu des morceaux de bravoures habituelles à base de combats au sol ou en l’air.

En outre, ce type de procédé fait naître un comique d’objets plutôt efficace et assez bien amené. Sans aller jusqu’à parler de grande inventivité formelle, ces scènes confèrent au MCU un vent de fraîcheur bienvenu.

Ceci dit, on aurait tord de dire que les rares bons moments d’humour ne viennent que de ces scènes. En effet, les acteurs y sont aussi pour grand chose; à commencer par Paul Rudd, une fois encore très crédible dans le rôle-titre, Michael Pena qui, dans un rôle pourtant assez balourd (Luis, le meilleur pote un peu simplet de Scott Lang/Ant-Man) arrive à nous faire sourire et évidemment Michael Douglas, toujours aussi charismatique et qui semble éprouver beaucoup de plaisir à reprendre son rôle de Hank Pym. Mais la vraie « révélation » du film (bien qu’Hope Van Dyne était déjà présente dans le 1er opus, mais seulement sous son identité civile) est sans conteste Evangeline Lilly dans le rôle de la Guêpe qui lui apporte une véritable énergie et apporter une touche de féminisme bienvenue dans un monde de super-héros majoritairement masculin. Bien que très agréable à regarder, la comédienne ne se contente pas de jouer les atouts charmes, s’octroyant même le luxe de voler la vedette à son collègue super-héroïque.

En somme, sans être un total gâchis, Ant-Man et la Guêpe, à force de jouer la carte du surdosage d’humour au point de tout contaminer (le scénario, les personnages, les émotions), finit par sombrer dans l’inconsistance. Restent de bons acteurs, des séquences d’actions plutôt fun et 2-3 notes humoristiques bien dosées. Si, si, il y en a quand même.

François B.

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