Après Séance : Under the Silver Lake

Under the Silver Lake est un thriller américain écrit et réalisé par David Robert Mitchell.

A Los Angeles, Sam, 33 ans, sans emploi, glande à longueur de journée et rêve de célébrité. Il croise Sarah, une jeune et énigmatique voisine, qui disparait brusquement. Sam se lance à sa recherche et entreprend alors une enquête obsessionnelle à travers la ville.

[Attention cette critique risque de vous spoiler]

David Robert Mitchell « fait le buzz » avec ce thriller noir mais comique nominé au festival de Cannes 2018. Le film qui est sorti le mercredi 10 août divise beaucoup le public. De mon côté, j’avais bien aimé son premier long métrage, It Follows, dont l’ambiance rappelait l’univers de John Carpenter. J’ai beaucoup moins apprécié Under the silver lake, film hommage à la réputation sulfureuse de L.A, à l’univers de David Lynch dans Mullholand Drive ou à Hitchcock, surtout pour la bande son.

Après une première demi heure qui partait plutôt bien, j’ai trouvé que le film s’enlisait relativement vite . Tout d’abord, le réalisateur a voulu introduire dans son film des plages humoristiques, parfois surprenantes et inattendues. Si cela peut être parfois drôle, j’ai trouvé que cela altérait beaucoup la densité et le sérieux d’un film qui se dilue dans la pose d’un héros, non d’un anti héros, peu sympathique, glandeur à la petite semaine, « mauvais payeur », qui va trouver un nouveau sens à sa vie en essayant d’élucider un mystère autour d’un message caché (message sataniste?) qu’il croit lié à la disparition d’une jeune femme avec qui il a bu un verre en regardant « Comment épouser un millionnaire? ».

Il y a quelque chose qu’il faudrait que l’on m »explique: pourquoi Sam déploie t-il autant de ténacité alors que le même gars fantasme sur la quinqua topless du balcon d’en face qui nettoie ses vitres et profite quand il veut du corps d’une autre jeune femme disponible qui lui apporte des sushis. Tous les spectateurs auront d’ailleurs remarqué que tout un essaim de jolies jeunes femmes gravitait en permanence autour de lui…à sa place j’aurais très vite oublié Sarah.

L’autre problème majeur du film c’est sa durée (2h20) alors qu’il ne présente selon moi, au final, aucun enjeu sérieux.  Le film baigne en permanence dans une espèce de paranoïa, tous les personnages se sentent suivis voire en danger. Le problème, c’est qu’indépendamment de l’obsession de Sam, le film déroule des dialogues interminables, montre beaucoup de personnages sans réel intérêt… Personnellement, je ne suis ni amateur de sudoku ni de mots croisés et n’étant pas sous psychotropes, j’ai rapidement trouvé la quête de Sam totalement vaine. Dés lors, l’échec du film était pour moi patent puisque la destinée du personnage principal et des autres protagonistes m’était devenu indifférente.

Sam, le glandeur inconséquent

Le rôle de Sam est tenu par Andrew Garfield (Spider-man…). Le réalisateur se livre à une véritable radiographie de son personnage principal dont il s’est évertué à filmer le visage en gros plan : un physique moyen (gros nez, grande bouche de travers, sourire niais…) très certainement pour que « le commun des mortels » s’y retrouve. Sam se masturbe beaucoup et a énormément d’hallucinations dans lesquelles il voit de jolies filles, parfois nues, aboyer. Il évolue dans un univers difficile à situer dans le temps: on y trouve des téléphones portables dernière génération, des magnétoscopes VHS et Supermario fait toujours fureur.

Pop-Culture

Le propos du film est apparemment de rendre hommage à la pop culture qui nous est ici montrée comme quelque chose d’universel, de codé par une élite et en même temps, d’assez peu original, si on se réfère à la discussion de Sam et d’un vieillard fripé, propriétaire d’un superbe manoir qui se lance dans un interminable concerto au piano interrompu à coup de guitare Fender….

Dans l’ombre de Mulholland Drive

Le réalisateur rend hommage à la mythique ville de Los Angeles et à son quartier de Silver Lake, en la filmant de fort belle manière. Cela contraste d’ailleurs beaucoup avec les plans gore (tueur de chiens) ou scatologiques (un protagoniste en peignoir sur les toilettes en pleine défécation interrompu « manu militari » par Sam) qu’il nous livre ça et là sans crier gare.

Beaucoup ont vu dans Under the silver lake un hommage au cinéma de David Lynch. J’ai trouvé que l’actrice interprétant Sarah (Riley Keough) avait quelque chose dans le visage qui rappelait Sheryl Lee, Laura Palmer dans Twin Peaks. Ce n’est certainement pas un hasard.

S’agissant de la comparaison avec Mullholand Drive, le film de Lynch aussi mystérieux et métaphysiquement inquiétant qu’il soit était fort différent d’Under the Silver Lake, à la fois film patchwork et casse tête chinois foutraque. Si vous êtes allé au bout de cette critique qui témoigne de mon scepticisme et que vous n’avez pas vu le film, à vous de voir…et je ne vous ai pas parlé des putois, de la femme chouette tueuse, des tunnels, de Playboy, du roi SDF et de la jolie jeune fille aux ballons (…).

Au final, on retient que Under the silver lake a une belle affiche et une excellente bande originale. Rien de plus. David Mitchell ne confirme pas et c’est bien dommage.

Dagrey.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s