Critique : Luna (2018)

Luna est un film dramatique français co-écrit et réalisé par Elsa Diringer.

Luna vit près de Montpellier et travaille dans une exploitation maraîchère. Elle est belle, drôle, elle dévore la vie. Elle serait prête à tout pour garder l’amour de Ruben. Au cours d’une soirée trop arrosée avec ses amis, ils agressent un jeune inconnu. Quelques semaines plus tard, celui-ci réapparait dans la vie de Luna. Elle va devoir faire des choix.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Depuis qu’il a été révélé dans La Tête Haute d’Emmanuelle Bercot, Rod Paradot mène sa carrière doucement mais surement. Le jeune acteur a déjà un César et un Molière en l’espace de deux ans. Sa manière d’interpréter ses personnages rappelle les premières années cinéma de Benoit Magimel. Je tenais a voir Luna pour assister à une confirmation de la part de Rod Paradot, ainsi qu’une éclosion pour Elsa Diringer qui signe son tout premier long métrage. Autre intérêt, découvrir une nouvelle actrice en la personne de Laëtitia Clément. Que la séance commence !


C’est le temps de l’amour. Le Temps des copains. Et de l’aventure.

Dés les premiers instants, Elsa Diringer montre une certaine aisance à poser ses personnages et leur situation. Elle dépeint chaque portrait sans réellement juger, elle constate simplement une jeunesse qui souhaite croquer la vie à pleine dents en passant par l’ivresse des plaisirs. Évidemment, cela entraine des erreurs, des fêlures en allant jusqu’à l’irréparable. La portée dramatique du propos frappe d’entrée avec la scène dans le squatte. Le premier quart d’heure laisse entrevoir une véritable énergie de la part des acteurs et de celle qui les dirige.

La révélation de cette distribution se nomme Laëtitia Clément. Retenez bien son nom car sa carrière démarre avec ce long métrage et elle est loin d’être terminée. Comme Rod Paradot, la jeune actrice a été repérée dans son lycée de Nimes. Sa fraicheur et sa beauté naturelle ont tapé dans l’œil de la réalisatrice et dans le notre par la même occasion. Le personnage de Luna offre à Laëtitia Clément l’occasion d’exprimer un cocktail d’émotions qui contamine à merveille le spectateur. Elle répond comme il faut à son partenaire, en véhiculant l’intensité émotionnel de l’adolescence. Si on devait qualifier sa manière d’interpréter, on situerait cette jeune actrice entre Sara Forestier et Emmanuelle Béart.

De son côté, Rod Paradot se montre à son aise dans la peau du gentil gars au regard tendre. Comme c’était le cas dans La Tête Haute, l’acteur dégage une vraie complicité de jeu avec ses partenaires. Julien Bodet est assez convaincant en badboy de campagne. A noter, la participation de Frédéric Pierrot et Juliette Arnaud.

Avec ce premier long métrage, Elsa Diringer nous emmène au cœur de deux adolescents fragilisés et portés par l’amour. Sa caméra est au plus près d’eux, et y insuffle subtilement le côté campagne du sud est. La lumière naturelle apporte du cachet au visuel, aussi bien sur les visages, que sur les différents paysages. Le montage est bien agencé, d’ailleurs certaines scènes coupées auraient mérité d’être présentes dans le film.

On se laisse facilement porté par ce cadre et ses personnages. La réalisatrice alterne les genres, tout en concevant une vraie cohérence dans son propos. L’intrigue démarre sur un postulat très dramatique pour ensuite avancer sur un aspect thriller avec quelques traits de romantisme. Un mélange qui est intelligemment équilibré, ce qui amène un rythme à la fois léger et intense au long métrage. Elsa Diringer brosse des portraits de jeunes qui vivent l’instant présent, avec ses bons et mauvais côtés. Toutefois, on peut reprocher au scénario de ne pas assez approfondir certains personnages comme la mère de Luna, Ruben et Chloé.

La bande originale de Sébastien Souchois et Thibaut Barbillon se fait plutôt discrète, mais reste assez efficace dans l’ensemble et épouse la légèreté qui plane au-dessus de Luna et de Alex (Rod Paradot).

En résumé, Luna respire une certaine maitrise sur son fond et sa forme. La lumière scintille, les sentiments s’entrechoquent… Deux révélations : Elsa Diringer et Laëtitia Clément.

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