Après Séance : Burning

Burning est un thriller dramatique sud-coréen coécrit et réalisé par Lee Chang-dong.

Lors d’une livraison, Jong soo, aspirant écrivain qui vit de petits boulots, retrouve par hasard son ancienne voisine, Haemi, qui lui donne rendez-vous et couche avec lui. De retour d’un voyage en Afrique, celle-ci revient avec Ben, un garçon riche et mystérieux.

Il s’agit de l’adaptation de la nouvelle Les Granges brûlées de Haruki Murakami, légèrement inspirée de L’Incendiaire de William Faulkner.


[Cette critique est susceptible de vous spoiler]


L’amour à trois…

Burning est d’abord l’histoire d’un trio amoureux. Séduit par Hae-Mi, Jong soo la voit revenir d’un voyage en Afrique avec Ben, un homme riche et blasé avec qui la jeune femme va passer de plus en plus de temps. Tout oppose les deux hommes. Jong soo est un apprenti écrivain que l’on voit surtout travailler dans la ferme que son père gérait jusqu’à ce qu’il parte en prison. C’est un taiseux qui a peu de moyens mais il est très amoureux. Ben est riche et oisif. On ne sait rien de lui ni de l’origine de sa fortune, il esquisse un sourire en permanence.

Entre ces deux hommes, on a Hae-Mi, une jeune fille qui vit de petits boulots, mythomane à ses heures est un peu « perchée ». Revenu d’Afrique, elle parlera à qui veut l’entendre de la faim et de la grande faim (surtout spirituelle). Elle se souvient aussi être tombée dans un puits quant elle avait 7 ans, détail ou affabulation que tout le monde a oublié.

Le film s’oriente vers le thriller lorsque la jeune femme disparait subitement. Jong soo contacte Ben qui lui confirme qu’il n’a pas plus de nouvelles que lui. C’est à ce moment que Jong soo se souvient que Ben lui a confié quel était son passe temps préféré : brûler des granges abandonnées dans la campagne.

[Et si l’objet de la pyromanie à répétition de Ben n’était pas des granges mais des jeunes filles? ]

Convié chez Ben, Jong soo y retrouve une montre pour femme qu’il a offert à la jeune femme ainsi que Choffo, son chat.

Le réalisateur aborde également d’autres problématiques plus larges telle que le chômage croissant des jeunes coréens et la montée de la colère dans le pays. Lee Chang Dong fait également état des disparités économiques que traverse son pays et toute la planète à travers la rivalité amoureuse entre les deux jeunes hommes.

Frustration

Le spectateur ressort tout de même de la projection des questions « plein la tête »avec très peu de certitudes. Hae-Mi tombée dans un puits à l’âge de 7 ans, mensonge ou réalité? Le chat Choffo existe t-il vraiment lorsque l’on se souvient que Jong soo chargé de le nourrir durant les vacances d’Hae-Mi ne l’a jamais trouvé dans un appartement minuscule. Jong soo est il vraiment aspirant écrivain alors qu’on ne l’aperçoit face à un clavier qu’une fois durant le film? (…)

Le film se fait côtoyer les faits et les allégories ou l’imagination de Jong soo. On ne peut exclure que ce drame soit une parabole opposant la Corée qui ne peut s’en sortir à celle qui baigne dans l’opulence.

Autant de question sans réponses qui donneront libre cours à l’interprétation du spectateur… Il en a tout le loisir puisque le film dure 2h28.

[L’ instant de grâce du film : celui où Hae Mi danse topless face au soleil couchant et à la frontière nord coréenne devant les deux hommes.]

En résumé, Burning confirme [encore fois] le talent de LeeChang-Dong  à raconter les histoires et à façonner des personnages au millimètre. Le tout est brillamment mis en images, et en plus de ça, le casting est plus que convaincant.

Dagrey.

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