Après Séance : L’Amour flou

L’Amour flou est une comédie française de Romane Bohringer et Philippe Rebbot.

Que faire d’une séparation qui afflige tout le monde, proches et admirateurs plus ou moins lointains, tant sont adorables les deux êtres entre lesquels passe le ciseau ? Le projet formé par les acteurs et ici scénaristes-réalisateurs Romane Bohringer et Philippe Rebbot est aussi sympathique qu’ingénieux : en faire un film ! Film brouillant la frontière entre fiction et documentaire, puisque les proches familiaux, parents et enfants, jouent leur propre rôle mais que quelques amis, parmi lesquels des acteurs, campent des personnages de composition.

On se délecte à retrouver les deux membres du couples, aussi fantasques l’un que l’autre, aussi charmants l’un que l’autre, ainsi donc merveilleusement assortis, confrontés à une inconsommable séparation, qui les conduit à n’accepter de se disjoindre qu’en emménageant dans des appartements joints, débouchant chacun par deux portes distinctes dans une même chambre des enfants.

Les joutes verbales fusent, provoquant volontiers le rire, les mimiques sont désarmantes, mais les regards restent amoureux, les corps toujours proches de l’emboîtement, et les parents désunis ne cessent de se retrouver l’un chez l’autre, pendant que leurs tentatives galantes latérales se révèlent aussi peu convaincantes les unes que les autres.

Une pendaison de crémaillère célébrant le couple qui chante en duo – et de plus en plus faux !… – sa rupture, puis un mariage d’amis, qui voit les anciens amants s’échanger en catimini bague et serment, achève de nous convaincre de l’impossibilité d’une telle désunion. Si le film entendait nous montrer qu’une séparation harmonieuse et cordiale est possible, quelque chose ne fonctionne pas, puisque tout fonctionne décidément trop bien dans ce couple véritablement indissociable. Si, à l’inverse, le film entendait faire la démonstration que certains êtres, authentiquement faits l’un pour l’autre, ne parviendraient jamais à se détourner radicalement de l’autre, quelque « floues » que soient devenues les frontières de leur amour fou, alors le pari est tenu.

Anne Schneider.

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