Critique : Lame de fond (1996)

Lame de fond est un film d’aventure américain réalisé par Ridley Scott.

Treize adolescents partent pour huit mois de mer a bord de « l’Albatros » commande par le capitaine Sheldon, un aventurier prudent. Ce voyage va les transformer d’inconnus en amis, de rivaux en alliés, de garçons en hommes…

Lame de fond est le premier long métrage produit par les frères Scott (Scott Free). C’est à ce moment là, que la carrière de Ridley Scott va connaître un creux. Le réalisateur a reçu un accueil assez glacial à la sortie de 1492 : Christophe Colomb, tout comme A armes égales et notre film du jour. Plus de vingt après, que valent ces films. Aujourd’hui, on démarre avec Lame de fond qui se vend comme un long métrage entre Le Cercle des Poètes disparus et Le temps d’un week-end.


Les premières minutes ?

Après un générique kitch à souhait, on embarque dans l’aventure aux côtés de Chuck, Dean, Gil et d’autres. Chacun se voit dicter sa vie par ses parents, qui aimeraient faire d’eux des hommes. L’Albatros est vu comme une échappatoire, et non pas une pension. Ridley Scott utilise les ficelles classiques du cinéma hollywoodien. On pourrait s’attendre à une mise en scène plus épurée, plus audacieuse aussi. Il n’en est rien. Le réalisateur mise sur une recette académique pour nous conter cette histoire vraie de Charles Gieg Jr. et Felix Sutton.

Malgré un démarrage téléphoné, on accroche grâce à Jeff Bridges en capitaine. On s’attache tout doucement aux autres personnages, notamment Chuck.

Le Casting ?

Sans aucune surprise, Jeff Bridges livre une prestation solide en mentor, et quelque part en second père pour ses jeunes garçons. De minute en minute, on y croit à ce personnage. Lors la scène finale, l’acteur dégage une aura encore plus rayonnante de sincérité.

A ses côtés, on a de jeunes acteurs qui affichent un certain potentiel. On retient Ryan Phillippe et Scott Wolf, tous les deux insufflent de la force et de l’émotion à l’équipe. Caroline Goodall (Cliffhanger) fait le job, sans pour autant bénéficier d’un grand personnage féminin.

John Savage s’éclate comme un petit fou dans la peau du prof de littérature. Le reste de la distribution est assez convaincant dans l’ensemble.

Et au final, ça donne quoi Lame de fond ?

Bien qu’il soit considéré comme un film mineur dans la filmographie de Ridley Scott, Lame de fond a ce petit quelque chose qui le rend sympathique et émouvant. Pourtant, la première partie du film laisse entrevoir un film sans âme, une simple commande de plus. Mais, Ridley Scott apporte quelques fulgurances et Jeff Bridges tient fermement la barre.

La scénographie de Scott est assez confuse par moment, mais dans l’ensemble cela reste efficace et dynamique. Le montage n’est pas des plus fins non plus. La photographie est assez agréable, et brille de quelques plans sublimes. En dehors de ça, on n’a pas grand chose à se mettre sous la dent. Ridley Scott n’utilise pas le potentiel matériel de l’Albatros. Il est clair que le réalisateur n’a pas voulu s’embêter à méditer sur des plans millimétrés ou bien des séquences novatrices. C’est pour cela, principalement, que Lame de fond n’est pas un film qui resté dans les mémoires.

En ce qui concerne le scénario, on peut reprocher une composition des personnages assez caricaturaux, mais l’interprétation des acteurs les rend tout de même attachants. L’histoire reste passionnante, malgré quelques passages sans intérêt. Bien que le scénariste, Todd Robinson se soit fortement inspiré des écrits de Charles Gieg Jr. et Felix Sutton, il ne parvient a leurs apporter la dimension viscérale pour le cinéma. Il opte pour un script classique pour favoriser le spectacle et l’émotion.

La bande originale ne restera pas dans les mémoires. Jeff Rona signe un score satisfaisant, mais loin d’être remarquable. Hans Zimmer aurait été un choix plus judicieux à l’époque.

En résumé, Lame de fond est un bon divertissement où Jeff Bridges trouve un rôle sur mesure. Ridley Scott aurait pu s’appliquer pour son premier film auto-produit. Il est loin de le temps des Duellistes

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