Après Séance : First Man

First Man est un drame biographique américain réalisé par Damien Chazelle.

Pilote jugé « un peu distrait » par ses supérieurs en 1961, Neil Armstrong sera, le 21 juillet 1969, le premier homme à marcher sur la lune. Durant huit ans, il subit un entraînement de plus en plus difficile, assumant courageusement tous les risques d’un voyage vers l’inconnu total. Meurtri par des épreuves personnelles qui laissent des traces indélébiles, Armstrong tente d’être un mari aimant auprès d’une femme qui l’avait épousé en espérant une vie normale.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

En l’espace de deux (grands) films, Damien Chazelle s’est imposé comme l’un des grands cinéastes de la décennie. En plus de ça, il entouré par des gens talentueux comme le compositeur Justin Hurwitz et le monteur Tom Cross. Alors évidemment, je ne pouvais pas rater First Man au cinéma. J’appréhende a manière de nous conter l’histoire et les exploits de Neil Amstrong. De plus, il s’éloigne pour la première fois du jazz et du cinéma musical. Le réalisateur quitte sa zone de confort, et c’est à ça aussi que l’on reconnait un grand cinéaste, car il ne cesse d’évoluer et de se lancer de nouveaux défis.

First Man a reçu une pléiade de critiques élogieuses lors des multiples présentations en festivals. De quoi renforcer l’impatience chez tous ceux qui ont vibrer devant Whiplash et La La Land.

Que la séance commence !


Les premières minutes ?

Un petit bourdonnement se pose dans nos tympans, pour ensuite se transformer en grondement, puis en un éclat de flammes, d’acier et de fonte. Damien Chazelle nous plante d’entrée dans un vaisseau aux côtés de Neil Amstrong. Une immersion instantanée et pleine d’intensité. Le réalisateur reste fidèle à lui-même en nous offrant une grande et belle ouverture.

Les partis pris du cinéaste s’affichent et nous montre ses intentions de s’éloigner de ce qui a déjà été fait précédemment. Le premier quart d’heure est convaincant et passionnant. On entre dans l’intimité d’Amstrong et dans les coulisses de la NASA. Damien Chazelle et ses scénaristes nous dévoilent des faits peu connus, ce qui donne encore plus d’intérêt au film et au travail du réalisateur.

Le casting ?

Certains douteront encore du jeu d’acteur de Ryan Gosling, pourtant il n’y a pas vraiment débat. Dans la peau de Neil Amstrong, l’acteur signe une interprétation froide et impassible. A l’image de son personnage, il enfuie ses émotions au plus profond de lui. Une prison intérieure qui dégage de une intensité et une détresse particulière. Cela nous offre de grands moments d’émotions, qui sont inoubliables. Bien que sa manière de composer semble identique de film en film, l’acteur nous prouve que son jeu a différents degrés et qu’il peut placer le curseur où il le souhaite. Pour Damien Chazelle, il l’a placé très haut.

Sa partenaire, Claire Foy capte à merveille l’état d’esprit de la mère de famille des 60’s, et ainsi la femme d’un astronaute. Son interprétation va crescendo, ce qui est en adéquation avec le propos et la version artistique du réalisateur. Elle véhicule une force dans le regard, cela répond parfaitement à celui de Ryan Gosling.

Du côté des acteurs secondaires, on retient avant tout Jason Clark qui est impeccable dans le rôle d’Ed White. Corey Stoll, Kyle Chandler et Olivia Hamilton font le job comme il faut.

Et au final, ça donne quoi First Man ?

Une claque ! Damien Chazelle réalise, encore une fois, un joli coup de maître. Le réalisateur démontre qu’il peut toucher à d’autres sujets que la musique, tout en restant fidèle à son cinéma et à ses thématiques de prédilection. A travers cette épopée, il donne une nouvelle dimension au genre, au propos et à Neil Amstrong.

Sur la forme, Chazelle se démarque de celle de ses précédents longs métrages. Il opte pour une caméra au plus près des personnages, au plus près des sensations et des émotions. Une intimité qui transporte le spectateur vers quelque chose de plus grand, d’immense. Un partage qui nous en met plein les yeux et les oreilles. La photographie nous offre des plans larges somptueux, comme celui dans du quartier de Neil et Ed que la Lune éclaire à travers les arbres. La direction artistique et les décors favorisent parfaitement l’immersion dans les 60’s, et amènent également de l’authenticité, à l’image des différents vaisseaux et appareils de la NASA. Le travail sur le son est grandiose, puisqu’il nous fait vibrer à chaque instant lors des missions.

En ce qui concerne le fond, on retrouve deux thèmes chazelliens, à savoir le sacrifice et la détermination. Nicole Perlman et Josh Singer ont bien bossé leur sujet. Avec le réalisateur, ils ont su trouver l’équilibre entre le drame familial, le contexte politique et le thriller biographique. De la première à la dernière seconde, c’est réglé au cordeau. Et cela nous offre une histoire vibrante et passionnante.

Sans réelle surprise, Justin Hurwitz signe un score magnifique. « The Landing » m’a littéralement fait décoller de mon siège. « Quarantain » et « Docking Waltz » m’ont totalement envoûtés. Le compositeur fait une nouvelle fois corps avec la vision de son ami réalisateur.  A mon sens, il s’agit de la bande originale de l’année.

En résumé, First Man est l’un des plus beaux films de l’année, ce qui en fait un favori pour les Oscars sur quasi la totalité des catégories. Damien Chazelle nous offert une nouvelle pépite dont il a le secret, et il s’est à nouveau très bien entouré.

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Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. Je crois que « The Landing » a marqué tout le monde ! Gros coup de cœur pour moi aussi.

    Aimé par 1 personne

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