Après Séance : The Predator

The Predator est un film de science-fiction américain coécrit et réalisé par Shane Black.

Quinn McKenna, membre d’un commando des Forces spéciales, est témoin du crash d’un vaisseau spatial lors d’une mission de sauvetage d’otages. Il est le seul survivant. Il découvre le casque et l’arme d’un Predator. Poursuivi, il décide de les envoyer par la poste à son domicile, où vit sa femme et son fils autiste, Rory. Ce dernier parvient à utiliser le masque et l’arme du Predator. Il active par ailleurs une balise qui permet à d’autres Predators de le localiser. De son côté, Quinn a été arrêté par de mystérieux mercenaires, aux ordres Will Traeger et pour le Projet Stargazer. Ce dernier fait par ailleurs appel au docteur Casey Bracket, une spécialiste des extraterrestres. Elle est accueillie dans un immense complexe dans lequel est conservé un Predator. Quand à Quinn, il se retrouve dans un bus avec d’anciens soldats ayant commis de graves délits et dont la plupart souffrent de troubles psychologiques : « Nebraska » Williams, Baxley, Coyle, Lynch et Nettles.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, il faut faire un état des lieux. Retour en 2010, le reboot Predators de Nimród Antal obtient un petit succès au box-office mondial. A la production, on a Robert Rodriguez qui affirme qu’une suite est prévue avec Adrien Brody. Au fil des mois et des années, le projet prend une autre direction. La Fox engage Shane Black (Iron Man 3, Nice Guys) pour donner suite aux deux premiers films. Une idée alléchante puisque qu’il avait participé au premier film, et qu’il aimerait s’en rapprocher avec cette nouvelle suite.

Benicio Del Toro et Arnold Swarzenegger rencontrent Shane Black, mais les deux acteurs ne sont pas emballés par le projet. La production et le réalisateur se rabattent alors sur d’autres acteurs.

Le tournage s’est déroulé à Vancouver au début de l’année 2017. Suite aux premières projections tests non concluantes, les producteurs demandent à Shane Black et son équipe de repartir en tournage. Initialement, le film devait sortir aux États-Unis le et en France le . En avril 2017, suite à une réorganisation du calendrier de la Fox, la sortie américaine est repoussée au

C’est donc avec moults rebondissements, que The Predator sort dans nos salles… Même si on a adoré les précédentes réalisations de Shane Black, on a un mauvais pressentiment pour celui-ci. On espère se planter.


Les premières minutes ?

Shane Black nous avait vendu son film comme « une suite dans la lignée artistique du premier film ». L’ouverture nous montre clairement le contraire. On a l’impression que Paul W. Anderson a pris les commandes avec un chef de montage épileptique. Le côté intimiste, que voulait prolonger le réalisateur, est inexistant. La question se pose déjà : est-ce que nous sommes devant un film de Shane Black ou bien un de ses nombreux étrons made in Fox ?

Le casting ?

Dans la peau du héros, Boyd Holbrook (Logan) est plus que correct. On regrette la banalité conceptuelle de son personnage, car cet acteur a du potentiel et malheureusement, ici, il n’est pas vraiment exploité.

Olivia Munn campe une piètre scientifique, capable de piquer des sprints à répétition et d’être précise avec une arme. Elle sait tout faire sauf de la science. On est en 2018, ce type de personnage hybride ne fonctionnait pas avant, alors encore moins maintenant.

Passons à présent au petit méchant humain qui veut à tout prix mettre la main sur la technologie du Predator. Sterling K. Brown fait ce qu’il peut sous les traits d’un personnage qu’on a vu une centaine de fois.

Pour finir, Thomas Jane, Trevante Rhodes, Keegan-Michael Key et Alfie Allen forment un groupe barré, sympathique, voir touchant, mais ça manque cruellement d’enjeux et d’accroche.

Et au final, ça donne quoi The Predator ?

N’y allons pas par quatre chemins, The Predator se crash quasi-totalement et ne reflète aucun intérêt pour les fans ou les novices de la franchise. Shane Black et la Fox n’ont pas compris les erreurs du passé (Alien Vs Predator, Predators, Alien Covenant, Prometheus). Le blockbuster a fortement évolué, notamment grâce à des films comme Alien, le huitième passager, Predator, Jurassic Park, la trilogie Dark Knight ou encore Logan. Le spectateur lambda ou le fan de la saga ne veut pas retrouver un simple film bourrin à plusieurs millions. Comment Shane Black a t-il pu signer un tel film ?!

Tout d’abord, la mise en scène se rapproche de celle de Alien V Predator : Requiem. Shane Black balance son budget de 88 millions de dollars à l’arrache. Le spectacle est pauvre, bourrin et sanguinolent. On assiste à une série B, alors qu’on s’attendait à une scénographie épurée, avec de l’audace et des séquences inoubliables. Au lieu de ça, le réalisateur préfère donner de la confiture aux cochons. Certains diront qu’il n’a pas eu carte blanche et pour d’autres affirmeront que Shane Black n’est pas fait pour les blockbusters. Pour ma part, le réalisateur est autant fautif que la production. Car même si la Fox a imposé son cahier des charges, le ton du long métrage est celui de Black. Son côté provocateur est omniprésent, parfois ça passe mais dans l’ensemble ça casse.

Au niveau de l’écriture, on retient quelques éléments intéressant, comme le Predator rebel et la nouvelle ère génétiquement modifiée. On retient aussi quelques bons dialogues made in Black. Pour le reste, on tombe dans la fainéantise totale. Des clichés et des stéréotypes à la pelle, orchestré par un schizophrène. Shane Black voulait se rapprocher du film de McTiernan, et il n’en est qu’un vulgaire brouillon. Ce qui est le plus étonnant, c’est l’humour qui patauge dans la bêtise. Pourtant, Shane Black nous a habitué à tellement mieux avec Kiss Kiss Bang Bang et Nice Guys.

La bande originale est à l’image de la flemmardise du cinéaste. Aucune originalité, on se contente juste de reprendre le thème de Silvestri.

Le premier Predator date de plus de 30 ans et avait pour budget 15 millions de dollars. Il restera encore le meilleur film de la saga pour longtemps. La Fox a jeté 88 millions dans une mauvaise blague. Décidément, la firme aime saboté ses licences (Alien, X-Men, Terminator…).

En résumé, The Predator est un nouveau volet à oublier. Shane Black s’est bien foutu de nous, sauf que cette fois, ça ne passe pas.

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