Critique : Police Fédérale, Los Angeles (1985)

Police fédérale Los Angeles est un polar américain co-écrit et réalisé par William Friedkin.

Véritable tête brûlée, Richard Chance travaille pour les services secrets américains. Le jour où son coéquipier Jimmy Hart est abattu alors qu’il menait une opération en solo pour coincer le faussaire Rick Masters. Obsédé à l’idée de se venger, Chance décide de monter un coup tordu des plus illégaux avant son nouveau coéquipier, John Vukovich, en braquant un convoyeur de fonds… qui s’avère être un agent du FBI infiltré qui est abattu accidentellement. Obstiné, Chance continue à tendre son piège autour de Masters, malgré le déluge de violence qui s’abat autour de lui.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Surprise ! Je n’ai jamais eu l’occasion de regarder Police fédérale Los Angeles. Suite à une grosse promo chez Carlotta, je me suis procuré l’édition collector. On m’a souvent vendu les qualités de ce polar, notamment son énergie et son réalisme. A mon sens, William Friedkin est un cinéaste souvent sous-estimé, alors qu’il a un talent dingue pour retranscrire l’Homme et le Mal sous toutes les coutures.


Les premières minutes ?

Dans le premier quart d’heure, toute une époque et tout un style y est reflété. Le réalisateur de French Connection met de nouveau sur la table un flic tête brûlée qui n’hésitera pas à se salir les mains pour parvenir à ses fins. La mise en scène tient un rythme peu commun pour un polar noir. Un montage boosté et articulé avec la bande originale de Wang Chung. Cette atmosphère singulière nous emporte vers les coulisses de la cité des anges, comme si l’on se dirigeait vers une autre dimension.

Pourtant, le cinéaste amorce des thématiques tristement intemporelles, comme le terrorisme ou encore la soif de pouvoir et d’argent.

Le casting ?

Dans le rôle du bouillant Richard Chance, on a un William Petersen en grande forme. Son interprétation est d’une intensité folle, elle porte le film et son propos au plus haut. Il incarne un policier aussi dangereux et imprévisible que les criminels qu’il pourchasse. Un jeu de miroirs qui avait déjà fait son œuvre sur French Connection.

C’est lorsqu’on regarde ce film et Sixième Sens, qu’on se dit que William Petersen méritait une carrière plus prestigieuse. Dommage que l’acteur n’est pas fait les bons choix à l’époque. Pour info, l’acteur avait refusé le rôle principal des Affranchis ainsi qu’un autre dans Platoon d’Oliver Stone.

Passons maintenant à John Pankow, qui est à mon sens, la faiblesse de cette distribution. Premièrement, son duo avec Petersen ne prend pas. Et pour finir, il n’a pas le charisme nécessaire pour camper ce type de flic. On est loin d’obtenir un vrai et grand duo de flics, comme dans L’arme fatale, True Detective ou encore Mississippi Burning. Il aurait été préférable de miser sur un jeune acteur comme Dennis Quaid ou Nicolas Cage.

Côté des antagonistes, Willem Dafoe incarne un faussaire pas comme les autres. Capable de se montrer aussi doux qu’un agneau et féroce comme un cobra. Debra Feuer apporte parfaitement la touche féminine qui fait vaciller les hommes. Un personnage ambiguë, solidement interprété. Comme William Petersen, cette actrice n’a pas connu une très grande carrière au cinéma.

Et au final ça donne quoi Police Federale Los Angeles ?

Plus de dix années après French Connection, William Friedkin explore de nouveau la criminalité aux États-Unis. Il y met en avant une nouvelle énergie épousant un nouvel aspect de la criminalité. Le cinéaste américain montre que la violence est omniprésente, aussi bien chez les gangsters que chez les flics. Ces derniers flirtent avec la ligne jaune constamment, toute une époque est résumé dans ce long métrage.

William Friedkin s’appuie sur la superbe photographie de Robby Müller (Dead Man, Dancer in the dark), un montage dynamique en adéquation avec la musique de Wang Chung. Cela rend la mise en scène à la fois brute et limpide. Le réalisateur souffle une brume à la fois noire, électrique et pesante sur la ville des anges, qui cache de sacrés démons. Les scènes violentes ont un réel impact sur le spectateur, afin de le scotcher et de lui mettre la réalité en face.

Sur le fond, on retient principalement le constat de Friedkin sur les flics et les criminels, la frontière entre les deux est si mince. Le miroir se met en place d’entrée, pour véhiculer son propos nihiliste jusqu’au bout. La place de la femme est également très importante, puisqu’elle est la soupape brulante pour Chance et Masters. Ces derniers sont plutôt bien composés, même si on aurait préféré un peu plus d’originalité chez le faussaire.

Le son de  Wang Chung épouse parfaitement l’esthétique et le montage du film. Un mélange original qui fait mouche et correspond à une époque, même si elle semble parfois hors du temps.

En résumé, Police fédérale Los Angeles symbolise une époque, un cinéma, un style, et nous montre aussi que le crime n’a jamais eu de frontières.

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