Critique : Funny Games (1997)

Funny Games est un thriller autrichien écrit et réalisé par Michael Haneke.

Un couple (Anna et Georges) ainsi que leur fils (Georges) partent en vacances, en Autriche, dans leur maison secondaire. À peine arriver dans leur maison, deux jeunes (Peter et Paul) arrivent pour leur emprunter des œufs. Ces deux jeunes, tout beau, tout blanc, commencent rapidement à instaurer un malaise de par leur présence. Rapidement cela dégénère et Peter et Paul séquestrent la famille et leur proposent un pari très simple : Eux deux parient que toute la famille sera morte d’ici 9 heures du matin, la famille parie évidemment l’inverse. Démarre alors 12 heures dérangeantes et oppressantes.

Les premières minutes ?

Très vite Haneke place l’ambiance : le malaise. Le film se révèle oppressant, froid, mais surtout simple et réel. À la manière de Shining ou d’Orange Mécanique, ou du un peu plus récent American Beauty, le climat est tendu et inconfortable. Le réalisateur met en place le cocktail parfait pour que ce soit dérangeant à souhait, un huis clos avec deux jeunes très dérangés et une pauvre famille en vacances qui pourrait aisément être celle de chacun d’entre nous.

Le casting ?

Le casting est comme tout le reste du film, criant de vérité. Après Benny’s Video on retrouve Arno Frisch (Paul) qui fait encore équipe avec Haneke pour incarner un rôle malsain, mais en même temps trop beau pour être vrai. Les acteurs qui jouent la famille (Susanne Lothar, Ultich Mühe, Stefan Clapczynski) retransmettent avec une réalité glaçante, le désarroi et la peur de la famille. Le casting donne une touche simple et réelle au film.

La mise en scène d’Haneke

Il faut reconnaitre que ce cocktail ne fonctionnerait pas sans la réalisation d’Haneke, connu pour ses films dérangeants et polémiques. Le film est un débat, une question posée au spectateur. Arriveras-tu à regarder ce film jusqu’au bout ? Quand feras-tu stop ? Haneke à travers Funny Games remet en question la violence au cinéma. Car aujourd’hui, nous apprécions la violence au cinéma, elle est source de plaisir pour nous. Or pour Michael Haneke ce n’est pas normal, la violence doit être terrifiante, elle doit être un climax et ne pas être comme chez Tarantino, une effusion de sang qui fait sourire le spectateur et qui est inutile.

Ainsi tout au long de son film, le réalisateur fait monter la pression avec des scènes choquantes et de la violence psychologique et physique. Jamais il n’arrête de nous oppresser, pour nous faire quitter le film. Il y a deux exemples, assez criants, de cette volonté de poser le débat et de faire fuir le réalisateur. D’abord quand Paul brise le quatrième mur et s’adresse à la caméra en disant : « Ça ne suffit pas pour un long métrage. » Alors que la famille veut arrêter le jeu infernal là. Le sous-entendu est clair : le spectateur veut encore de la violence. Deuxième exemple criant, le long plan séquence après la première effusion de sang. Qui ne s’est pas dit à ce moment-là : Où cette scène, ce sang, cette violence me mène ? Pourquoi je ne coupe pas maintenant au lieu de regarder cette souffrance qui n’en finit pas ? Et c’est précisément la question du film. Car en tant que spectateur, et comme le dit Paul : « Vous voulez une vraie fin, avec un développement plausible, non ? », le spectateur n’est satisfait qu’à la fin du film, quand la violence gagne … inéluctablement … d’une manière ou d’une autre.

Au final, ça donne quoi Funny Games ?

Soyons clairs, Funny Games n’est pas le film le plus chouette à regarder. Mais c’est peut-être un des plus intelligents. Rien ne tourne rond dans ce film, mais cela parait si réel que ça devient angoissant. Tout à un sens dans la question que nous pose Haneke, les lenteurs font sens, les plans font sens, la violence fait sens. C’est simple, le film appuie où il faut pour faire mal. Fausse note ? Aucune. Il est vrai qu’on pourrait dire que le film a un peu mal vieilli ou qu’il y a des lenteurs mais ce serait chercher la petite bête tellement la réalisation et le propos de fond sont admirables. Casting, réalisation, scénario, montage tout est parfaitement assemblé pour nous mettre mal à l’aise. Bref, à regarder pour nous questionner en tant que spectateur.

Dorian V.

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Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. Basile St Verraut dit :

    Tellement drôle.

    Aimé par 1 personne

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