Après Séance : Bohemian Rhapsody

Bohemian Rhapsody est un biographique britannico-américain coproduit et réalisé par Bryan Singer (et Dexter Fletcher).

Ce biopic retrace le destin extraordinaire du groupe Queen et de leur chanteur emblématique Freddie Mercury, qui a défié les stéréotypes, brisé les conventions et révolutionné la musique. Du succès fulgurant de Freddie Mercury à ses excès, risquant la quasi-implosion du groupe, jusqu’à son retour triomphal sur scène lors du concert Live Aid, alors qu’il était frappé par la maladie, découvrez la vie exceptionnelle d’un homme qui continue d’inspirer les outsiders, les rêveurs et tous ceux qui aiment la musique.

Ce qu’il faut savoir avant de voir ce film :

– Le projet a été initié à la fin des années 2000 par Roger Taylor, Brian May et Robert De Niro. Ce dernier est un très grand fan du groupe, et de Freddie Mercury. Pour preuve, l’acteur avait demandé au réalisateur de La loi de la nuit d’inclure The Great Pretender dans le film.

– Sacha Baron Cohen (Borat, Hugo Cabret) était le choix numéro 1 pour incarner Freddie Mercury à l’écran. Suite à de nombreux différents artistiques avec Brian May et Roger Taylor, l’acteur britannique quitte le projet. Ben Whishaw (Cloud Atlas, Skyfall) est approché pour le remplacer. Le réalisateur Dexter Fletcher (Eddie the Eagle) est également annoncé.

– En 2014, le projet connait de nouveaux rebondissements. Le coproducteur Tim Headington se retire à cause des lourdes pertes financières qu’il a subi avec Hugo Cabret. De son côté, Dexter Fletcher n’arrive pas à se mettre d’accord avec le producteur Graham King sur les volontés artistiques du biopic.

– En novembre 2016, la Fox et New Regency misent sur le projet, ce qui va lui donner un nouveau souffle. A la réalisation, Bryan Singer est engagé, et Rami Malek est choisi pour interpréter Freddie Mercury. Les annonces et les confirmations se multiplient, que ce soit au niveau de la distribution, que du tournage. Bohemian Rhapsody est sur des rails solides, du moins c’est ce que l’on pensait. Lors du tournage, Bryan Singer et Rami Malek ne s’entendent pas du tout. L’acteur reproche au réalisateur de ne pas être un vrai professionnel, notamment à cause de ses nombreux retards et absences allant jusqu’à trois jours. Devant ses complications, les dirigeants de la Fox décident de renvoyer Bryan Singer et de rompre le contrat qui les liait avec sa boite de production. Dexter Fletcher est finalement rappelé à la rescousse pour finaliser le tournage.


Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Depuis mon plus jeune âge, je suis un très grand fan du groupe Queen et de Freddie Mercury. J’attendais ce biopic de pied ferme et depuis longtemps. Suite aux nombreuses mésaventures qu’a connu le projet, j’ai été quelque peu refroidi. De plus, Brian May et Roger Taylor ont laissé très peu de place aux scénaristes et aux réalisateurs. Voila pourquoi, je n’attends pas énormément de ce biopic. J’espère juste qu’il sera fidèle aux véritables faits, et en adéquation avec l’univers et talent de Freddie Mercury.

Les premières minutes ?

Bohemian Rhapsody s’ouvre dans les coulisses du Live Aid. Le groupe Queen se prépare a entrer en scène, et Freddie extériorise l’excitation qui l’enivre de chanter dans le stade de Wembley devant plus de 80 000 personnes et plus de 1,5 milliards de téléspectateurs. Il sait que le monde s’offre devant lui, et qu’il ne faut pas le décevoir.

La mise en scène nous sert cette intro comme avant goût du grand spectacle à venir. Une apothéose est proche… Puis, on bascule au début des années 70, où Farrokh Bulsara n’est pas encore Freddie Mercury mais un simple bagagiste. En l’espace de quelques minutes, le film plante le contexte familial, le non-attachement de Freddie à son pays natal et le rêve d’être un artiste reconnu.

Le premier quart d’heure est plaisant et accrocheur, mais il ne reflète rien d’original. La scénographie reste très académique, tout comme le scénario. Rami Malek se montre investi par le personnage, ce qui est déjà un bon point de départ.

Le casting ?

C’est en qualité de troisième choix que Rami Malek a endossé la lourde tâche d’interpréter l’un des grands artistes de la musique pop/rock. Résultat, l’acteur américain livre une composition remarquable. Même si la ressemblance n’est pas totale, sa manière d’appréhender le personnage nous fait oublier que c’est Rami Malek. Il y a certains moments où l’on ne fait plus la différence, notamment de profil ou bien lorsqu’il est allongé sur son lit et que son regard fixe le cadre. Il reprend à merveille la gestuelle et les mimiques de Mercury. Seule ombre au tableau (et je chipote), l’acteur ne pousse jamais la chansonette, à la différence d’un Joaquin Phoenix ou Jamie Foxx. En revanche, sa manière de s’exprimer est très proche de celle de Mercury.

Ensuite, celui qui m’a le plus bluffé c’est Gwilym Lee en Brian May. La ressemblance est flagrante, et elle s’étoffe encore plus avec la voix et les mimiques.  Ben Hardy est convaincant en Roger Taylor, mais il est un cran en dessous par rapport à ses partenaires. Même constat pour Joseph Mazzello en John Deacon. Mike Meyers fait une apparition clin d’oeil en patron de maison de disques. Un petit mot sur Allen Leech se montre très à l’aise dans la peau du manager personnel de Freddie.

Pour finir, la révélation de ce film se nomme Lucy Boynton. Cette jeune actrice est sublime et sa prestation reflète parfaitement ce que Mary Austin vivait aux côtés de Freddie Mercury. Du rire, des larmes et énormément d’amour. Un bouillon d’émotions subtilement retranscrit.

Et au final, ça donne quoi Bohemian Rhapsody ?

Malgré un final impressionnant, on ressort de la salle avec le sentiment d’un manque. Bohemian Rhapsody pour tous ceux qui ont entendu Queen au moins une fois dans leur vie. L’idée est de leur raconter les grandes lignes de l’histoire du groupe et de la vie de Freddie Mercury. L’objectif est atteint, mais on aurait aimé en apprendre un peu plus sur l’après Live Aid, car il y avait encore de grandes choses à voir et à raconter. C’est peut-être mon côté fan qui me fait penser ça, les novices seront certainement plus convaincus.

La réalisation : On retient avant toute la partie sur le Live Aid, car il s’agit du moment où l’intensité et le spectacle sont au sommet. La patte scénographique de Bryan Singer est omniprésente. Son sens du cadre et du déplacement nous offre un grand spectacle. Pour ce qui est du reste, ça reste assez classique. Il n’y pas une véritable prise de risque dans la manière de nous conter cette histoire. Le montage est très bon, et porte un rythme qui symbolise la musicalité du film.

La photographie : Newton Thomas Sigel (Drive, saga X-Men) est le chef opérateur attitré de Bryan Singer depuis Usual Suspects. Au fil des années de travail, les deux hommes ont noué une confiance et amitié. C’est pourquoi, Sigel a officié quelques fois comme réalisateur lors des premières absences de Bryan Singer. Son travail est intéressant, notamment lorsque Rami Malek est centré dans le cadre ou bien dans ses reflets dans le miroir ou ses lunettes.

La direction artistique et les décors : A l’image du film, tout est à sa place et sans faire de vague. Visuellement, la reconstitution des époques et des évènements sont propres et efficaces. Mais comme sur tous les autres aspects du film, c’est lisse et sans audace.

Le scénario : C’est peut-être la plus grande faiblesse du film. Anthony McCarten (Une merveilleuse histoire du temps) et Peter Morgan ont composé un scénario téléphoné, sans surprise, avec peu d’enjeux, de point de vue. On assiste à une retranscription de pages Wikipédia, avec des inexactitudes évitables. Freddie Mercury apparait un peu trop gentillet, pas assez en conflit avec lui-même et ses émotions. Les scénaristes esquissent les différents évènements de l’histoire du groupe. Il est clair que Brian May et Roger Taylor n’ont pas souhaité égratigné l’image de Freddie. La volonté est de faire un biopic accessible à tous, rien de plus. D’ailleurs, il est dommage de ne pas avoir conter l’histoire jusqu’à la fin de la vie de Mercury. Il y avait tellement de matière, comme la tournée 86, l’album Inuendo, Montserrat Caballé, les enfants de Mary…

  La musique : Comment se planter quand tu as Queen en bande originale ?! Pourtant, il aurait été plus intéressant d’inclure des chansons de Michael Jackson, David Bowie ou encore Bob Marley. Freddie Mercury avait une admiration incroyable pour ses artistes. Comment ça je chipote encore ?!

En résumé, Bohemian Rhapsody n’est pas à la hauteur, ni à l’image de Freddie Mercury. Sans folie et sans assurance, il manque à ce biopic de l’originalité et une cohérence artistique. Brian May et Roger Taylor ont aseptisé l’histoire et le mythe. Ils sont passés à côté de faire un très grand film, car Freddie Mercury et Queen au cinéma, ça affichait un énorme potentiel.

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Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. belette2911 dit :

    Un film que je désire voir tout de même 🙂

    Aimé par 1 personne

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