Critique : Fleuve Noir (2018)

Fleuve Noir est un thriller français réalisé par Erick Zonca.

Après la disparition de Dany Arnault, le commandant de police François Visconti soupçonne Yan Bellaile, son professeur particulier de français.


Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Un polar noir réunissant Vincent Cassel, Romain Duris et Sandrine Kiberlain, comment ne pas être tenté ?! D’autant plus que la bande annonce est alléchante et promet un thriller dans la veine de Garde à vue et  Scènes de crimes.

Les premières minutes ?

L’ouverture nous met tout de suite dans le bain. Elle pose le drame qui touche la famille Arnault et elle nous présente Visconti. Ce dernier est un flic sur la corde raide et brut de décoffrage. Ses soucis personnels et son penchant pour l’alcool guident son enquête et ses suspicions sur l’ancien professeur particulier du disparu.  Le premier quart d’heure est accrocheur malgré le cabotinage des acteurs.

Le casting  ?

« Être la marionnette d’un metteur en scène n’est jamais intéressant, note Vincent Cassel. C’est mieux d’échapper au contrôle, d’envoyer valser les certitudes, de nourrir la contradiction quitte à provoquer des prises de bec. La finalité ? Se sentir vivant. » Cette observation de l’acteur est louable, mais elle montre aussi que l’acteur et ses partenaires étaient en roue libre sur ce film.

Dans la peau du flic en fin de course, Vincent Cassel cabotine mais reste attachant et convaincant. On sent son envie de donner corps à son personnage, à le camper jusqu’au bout des doigts. Sa composition est plus que frontale et tombe dans la surenchère par moments.

Face à lui, Romain Duris livre une interprétation plus subtile, mais le cabotinage est également présent. Les échanges avec son partenaire sont intenses et complices. Ils collent tous les deux au genre, mais ils leur manquent un vrai directeur à leurs côtés.

Au niveau des rôles secondaires, Sandrine Kiberlain fait le job en mère de famille complètement déboussolée. Élodie Bouchez n’apparait vraiment à son aise, comme perdue. Son personnage veut ça aussi, mais son approche est peu convaincante. Charles Berling bénéficie d’un personnage qui a finalement peu d’intérêt.

Pour finir, Lauréna Thellier est la révélation de ce film. Son interprétation est certainement la plus solide de la distribution.

Au final, ça donne quoi Fleuve Noir  ?

Érick Zonca et sa collaboratrice Lou de Fanget Signolet signent un polar glauque et poisseux, qui véhicule autant de qualités, que de défauts. Fleuve Noir est bancal, mais intriguant. En s’inspirant des polars noirs à l’ancienne, le réalisateur nous plonge dans les méandres de trois personnages où la psychologie de chacun est égratignée par les remords et la disparition du jeune Dany.

La réalisation : Érick Zonca mise sur un esthétisme et une atmosphère qui transpirent le chaos. Au fil des minutes, on a l’impression d’étouffer avec les personnages. Sa caméra à l’épaule donne un aspect réaliste et instable. Toutefois, ça manque d’audace et de subtilité. Le rythme est assez inégal et certaines scènes manquent de crédibilité, même si elles appuient l’intrigue et la complexité des personnages.

La direction artistique et les décors : Les décors naturels et la nuit sont les principaux fonds pour nous conter cette histoire. Même si cela se passe à Paris, on a l’impression d’être pris entre quatre murs, d’un côté la ville et de l’autre le bois. Une prison pour ses personnages renfermés sur eux-mêmes.

Le scénario : Ambiguïté et faux-semblants sont les principaux artifices de cette adaptation. Cela fonctionne dans un premier temps, les pistes sont brouillées et déstabilise le spectateur, à l’image de Visconti. Puis, on s’enlise dans une vase et on ne sait pas vraiment où l’on veut nous emmener. La complexité des personnages s’avèrent le point fort du script. Ils se télescopent à travers un drame bouleversant dont on ne sort jamais indemne. Érick Zonca et Lou de Fanget Signolet n’évitent pas quelques clichés, à l’image du flic désabusé et du prof obsédé par la littérature et la réussite.

En résumé, Fleuve Noir n’est pas à la hauteur de ce que l’on pouvait en attendre. Toutefois, il reste un thriller fiévreux et assez efficace.

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