Critique : Joueurs (2018)

Joueurs est un thriller français coécrit et réalisé par Marie Monge.

Lorsqu’Ella rencontre Abel, sa vie bascule. Dans le sillage de cet amant insaisissable, la jeune fille va découvrir le Paris cosmopolite et souterrain des cercles de jeux, où adrénaline et argent règnent. D’abord un pari, leur histoire se transforme en une passion dévorante.


Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Joueurs réunit une actrice et un acteur que j’apprécie, Stacy Martin et Tahar Rahim. Ce film symbolise une rencontre alléchante, et j’espère ne pas être déçu.

Les premières minutes ?

Marie Monge ouvre son long métrage de manière assez expéditive. Elle pose à peine le personnage d’Ella et son environnement, qu’elle enchaine avec la rencontre qui va bouleverser sa vie. Il est difficile alors d’éprouver un attachement pour la jeune femme, et ressentir totalement l’impact de cette rencontre.

La mise en scène ne se démarque pas vraiment des autres films français du genre. Il manque une atmosphère envoûtante et un cadre plus posé.

Le casting ?

Stacy Martin démontre encore une fois, qu’elle est l’une des actrices les plus talentueuses de sa génération. Elle interprète Ella à merveille, en lui apportant la nuance et l’intensité de jeu nécessaires. Une nomination aux Césars serait une belle récompense pour cette composition.

A ses côtés, Tahar Rahim livre une interprétation convaincante, mais on a l’impression que c’est souvent la même chose avec lui. Les personnages qu’on lui propose ont toujours un ou deux traits de caractères communs avec celui qu’il a magistralement interprété dans Un Prophète. C’est un grand acteur, mais il faut qu’il reçoit des personnages différents, limite contre-emploi pour qu’il sort enfin de la case du film qui l’a révélé.

Marie Denarnaud (Les Adoptés) et Bruno Wolkowitch (PJ) sont malheureusement sous-exploités. Ils ne bénéficient pas de grands rôles secondaires.

Et au final, ça donne quoi Joueurs ?

Malgré un démarrage hésitant, Joueurs prend son envol au fil des minutes. Sans être exempt de défauts, le film est accrocheur et intense. Marie Monge ne se repose pas uniquement sur ses deux acteurs, puisqu’elle propose un équilibre obsessionnel très intéressant. L’amour et le jeu s’entremêlent, à l’image d’Ella et d’Abel, et cela donne naissance à un étau qui poussent les deux âmes à se fuir et à s’aimer.

La scénographie de Marie Monge n’a pas assez de relief pour totalement hisser le film au rang de véritable thriller. La réalisatrice nous plonge plus dans un drame passionnel. Pourtant, on sent qu’il y a réellement la place pour que les deux genres fusionnent parfaitement. Marie Monge souhaite être le plus authentique et sincère possible. Elle ne laisse pas trop la place au contemplatif.  Par exemple, la photographie de Paul Guilhaume m’avait plus émerveillé dans Ava et dans le court métrage Grands Soleils. Les séquences du destruction derby et du parking sont composées de façon efficaces, mais sans audace technique.

Sur le plan de l’écriture, on part dans une descente aux enfers où les sentiments et les désirs s’entrechoquent. Bien que les enjeux ne soient pas d’une grande originalité, les personnages et leurs relation sont habilement traités et interprétés. Les codes du film noir sont plutôt bien réactualisés, dommage que cela n’a pas été le cas de la mise en scène.

En résumé, Joueurs est un premier film encourageant, même si il apparait hésitant parfois. Stacy Martin crève l’écran !

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