Critique : Outlaw King (2018)

Outlaw King : Le Roi hors-la-loi est un film d’aventure historique britannico-américain coécrit et réalisé par David Mackenzie.

Au XIVe siècle, Robert de Brus devient le premier roi d’Écosse, après avoir mené son pays à l’indépendance face aux Anglais. Il va cependant devoir lutter pour reprendre le pouvoir après avoir été fait hors-la-loi par le roi d’Angleterre, qui lui a pris la couronne écossaise.

Depuis Les poings contre les murs et Comencheria, David Mackenzie semble avoir obtenu une vraie notoriété à Hollywood. La preuve en est, Netflix a misé sur lui pour retranscrire l’histoire de Robert de Brus. Un personnage qui a déjà été abordé par Mel Gibson dans Braveheart. Bénéficiant d’un budget de 120 millions de dollars, David Mackenzie entre dans la cour des grands, et il a intérêt à se présenter la tête haute et les idées fixes. Voyons à présent ce que ça donne…


Les premières minutes ?

Sans aucune prétention, Le Roi hors-la-loi pourrait presque se présenter comme une suite directe à Braveheart. Le long métrage démarre à la fin de la révolte menée par William Wallace, qui entraine le serment d’allégeance de Robert de Brus à la couronne d’Angleterre. David Mackenzie nous offre un joli plan séquence qui met en avant le doute et la peur qui habite Robert face à l’Angleterre. Ce dernier n’a plus son destin entre ses mains, tout est orchestré pour lui. Pourtant, un feu endormi l’habite. Et peu à peu, les braises reprennent et le couronnent roi d’Écosse.

Bien que l’on soit proche d’un travail artistique à la Game of Thrones, on se prend d’attachement et de passion pour l’histoire de Robert de Brus. David Mackenzie démarre doucement mais surement, et laissant l’ouverture au spectacle et à l’émotion.

Le casting ?

Bien que j’avais un peu d’appréhension concernant Chris Pine en Robert de Brus, ce dernier a gommé mes doutes au bout de quelques minutes. Il incarne aussi bien la fragilité, que le courage ou l’amour pour son peuple et sa famille. Son visage et son corps reflètent un passé douloureux et son jeu est plutôt bien nuancé. L’acteur donne l’image d’un roi aussi sanguinaire, que sensible.

A ses côtés, Aaron Taylor-Johnson alterne efficacement la bestialité et les moments plus posés. Il a un petit côté Stephen dans Braveheart. Dommage que son personnage ne soit pas plus approfondi. Florence Pugh est lumineuse en jeune reine qui a changé de camp.

D’un point de vue plus secondaire, James Cosmo, Stephen Dillane et Billy Howle font parfaitement le job.

Au final, ça donne quoi Outlaw King ?

Même si il n’est pas totalement abouti, David Mackenzie signe l’un des meilleurs films de l’année pour le catalogue Netflix. Outlaw King se révèle être une agréable surprise. Le cinéaste britannique reste fidèle à ses thématiques fétiches, tout en retraçant la vie tumultueuse du premier roi d’Écosse.

La réalisation : David Mackenzie se montre particulièrement inspiré. Une ouverture en plan-séquence dévoile ses intentions, nous offrir un spectacle épique et réaliste aux côtés de Robert de Brus. Le réalisateur va crescendo en alternant scènes de batailles et les moments plus intimes. Le rythme est plutôt bien  maitrisé, même si il manque clairement quelques scènes d’approfondissements ( Elisabeth/Robert, James Douglas). La photographie de Barry Ackroyd (Green Zone, Detroit) harmonise parfaitement la lumière, la terre et la nuit. Les décors et les costumes participent à la réussite visuelle et atmosphérique du long métrage. Les effets spéciaux sont discrets et terriblement efficaces.

Le scénario : Cinq personnes sont assignées à la composition du script, dont David Mackenzie. Ce dernier incorpore ses thèmes fétiches avec la rébellion, l’attachement à sa terre, la vengeance et les liens du sang. Cela épouse parfaitement le personnage de Robert de Brus et son Écosse. La seule chose que l’on peut reprocher à ce scénario, c’est son manque d’exploration sur James Douglas et William Wallace. Celui-ci a été la source d’inspiration pour le premier roi d’Écosse, et il a été très vite éclipsé.

La musique : La révélation de ce film est peu-être Jim Sutherland. Son score mêle la musique traditionnelle écossaise à la des sonorités modernes, proches de celles d’Hans Zimmer. Le souffle épique et dramatique est magnifiquement retranscris.

En résumé, Outlaw King nous montre que Netflix commence à prendre du galon concernant ses productions. David Mackenzie maitrise son sujet, même si on est quelques crans en dessous de Braveheart. La comparaison est inévitable.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s