Critique : La Ballade de Buster Scruggs (2018)

La Ballade de Buster Scruggs est un western à sketches américain écrit et réalisé par Joel et Ethan Coen.

A l’origine, le projet avait été annoncé comme une série de six épisodes. Finalement, les frères Coen ont opté pour un long métrage contenant six chapitres distincts. Ils ont comme point commun la conquête de l’Ouest et certaines thématiques. Les cinéastes américains sont de retour sur Netflix, après leur semi-échec, Avé César. L’idée est remettre le couvert avec une toile de fond qu’ils maitrisent parfaitement pour aborder les différentes facettes de cette époque, à travers des personnages hauts en couleurs.


Une savoureuse mise en bouche

Les notes de Carter Burwell accompagne l’ouverture du livre « The Ballad of Buster Scruggs« . On entre dans la première histoire, celle du fameux Buster Scruggs interprété par Tim Blake Nelson . Ce dernier apparait à la fois sympathique, décalé et redoutable. Son histoire est courte, mais plaisante. On aurait aimé que le film reste sur ce personnage, au vu du potentiel qu’il affiche. En tout cas, si tous les chapitres sont de cette qualité, on ne risque pas de s’ennuyer.

Une distribution étincelante !

Les frères Coen n’ont plus besoin de démontrer leur savoir-faire en matière de direction d’acteurs et d’actrices. Rien que dans l’ouverture, Tim Blake Nelson (Colossal, Selma) s’éclate dans les bottes de Buster Scruggs. Son interprétation respire le cinéma et l’humour des Coen.

Ensuite, on retient les prestations de Liam Neeson et d’Harry Melling (saga Harry Potter). Un duo attachant et mélancolique, qui participe à l’une des meilleures histoires du film.

Il y a également quelques petites révélations avec Jonjo O’Neill dans la peau d’un chasseur de primes anglais et Willie Watson en Kid.  Le reste du casting est solide avec James Franco, Zoe Kazan, Tom Waits ou encore Brendan Gleeson.

au final, ça donne quoi La Ballade de Buster Scruggs ?

Les frères Coen composent une véritable proposition de cinéma, avec des hauts et des bas. La Ballade de Buster Scruggs n’atteint pas le rang de chef d’oeuvre, mais reste très intéressant dans ses intentions écrites et visuelles. On assiste à un hommage au genre qui est articulé par des thématiques assez classiques et des personnages que l’on pensent avoir déjà vu, et pourtant les Coen leurs donnent une toute autre dimension.

Tout d’abord, la mise en scène dépeint, avec intelligence et virtuosité, l’Ouest américain sous toutes ses coutures. Chaque histoire à sa propre identité, son propre mode opératoire technique, à l’image de la photographie de Bruno Delbonnel (Inside Llewyn Davis). Les couleurs, la lumière, les ombres et les environnement font partis d’un plan millimétré correspondant à un propos précis. Les grands espaces, comme les plus petits sont magnifiquement captés. Tout le cinéma des Coen est là !

Le scénario se divise en six segments qui présentent l’Ouest américain et ses résidents. Les frères Coen examine à la loupe les personnages, leurs tares, leur égo ou encore leurs peurs. La mort est la thématique principale sur les six histoires, et elle est traitée sous six angles différents pour une même finalité. Chaque reflète dans l’autre, des miroirs intelligemment composés, et qui justifient le format de long métrage plutôt que série. Le cynisme des Coen est omniprésent, ce qui nous renvoie directement à notre propre existence. Les dialogues sont délicieux, que ce soit dans la bouche de Buster Scruggs ou bien dans celles des passagers de la diligence. Le seul reproche que l’on puisse faire à ce script, c’est l’étirement du cinquième chapitre.

Pour finir, la musique de Carter Burwell est sublime et se marie efficacement avec les images et les personnages. Les Coen et le compositeur entretiennent l’alchimie qui les lie depuis maintenant trente quatre ans.

En résumé, La Ballade de Buster Scruggs est une agréable surprise. Les frères Coen ne signent pas leur meilleur film, mais peut-être l’un des meilleurs de l’année.

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