Critique : Mowgli, la légende de la jungle (2018)

Mowgli : La Légende de la jungle est un film d’aventure américano-britannique réalisé par Andy Serkis.

Enfant, Mowgli est élevé par une meute de loups au cœur de la jungle indienne. Tandis qu’il apprend les lois souvent âpres de la jungle, sous la responsabilité de l’ours Baloo et de la panthère Bagheera, Mowgli est accepté par les animaux de la jungle comme l’un des leurs – sauf par le terrible tigre Shere Khan. Mais des dangers bien plus redoutables guettent notre héros, au moment où il doit affronter ses origines humaines.


Ce qu’il faut savoir sur ce film :

– A l’origine, la Warner avait misé sur Alejandro González Iñárritu derrière la caméra pour cette nouvelle adaptation du Livre de la Jungle. Le cinéaste mexicain a finalement abandonné le projet pour se consacrer totalement à Birdman et The Revenant. Pour le remplacer, la production a tout d’abord pensé à Ron Howard avant d’engager Andy Serkis. Ce dernier officie entant que producteur, réalisateur et interprète.

– Malgré son budget important, Mowgli n’est pas distribué en salles. C’est finalement Netflix qui obtenu l’exclusivité sur la diffusion du film.

– Andy Serkis a tenu à souligner sa satisfaction concernant sa collaboration avec la chaine américaine, qui lui a laissé carte blanche sur la durée du film et son montage.


Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Composé dans l’ombre du Livre de la Jungle de Disney, Mowgli : La Légende de la jungle attise énormément ma curiosité. Andy Serkis est le capitaine du bateau, et il a sous son commandement un casting incroyable. De plus, la capture motion est le principal instrument technique du long métrage. Un procédé que maitrise parfaitement Andy Serkis. Tout semble réuni pour que l’on voit un grand spectacle et une grande adaptation. Que la séance commence !

Les premières minutes ?

La voix de Kaa (Cate Blanchett) ouvre le long métrage en jouant le rôle de narratrice pour cette nouvelle adaptation de l’œuvre de Rudyard Kipling. Les premières images nous montrent un visuel intéressant, mais qui reflète le manque de moyens techniques par rapport aux productions Disney. Cependant, le charme opère assez vite. Andy Serkis livre un premier quart d’heure fluide, où il nous présente la jungle, sa loi et ses résidents. On sent la passion de Serkis à travers sa mise en scène et sa manière d’appréhender l’œuvre originale. Le plaisir que prend le réalisateur est communicatif, et il amène une brise émotionnelle.

Le casting  ?

Dans la peau du rôle-titre, Rohan Chand signe une interprétation qui alterne entre le surjeu et le mutisme. Un mélange qui rend le personnage suffisamment convaincant pour être attachant.

Au niveau des performances en motion capture, on retient principalement Cate Blachett, Christian Bale en Bagheera et Benedict Cumberbatch en Shere Khan. Chacun apporte sa force expressive, aussi bien vocalement, que physiquement.

Matthew Rhys (Pentagon Papers) est plutôt intéressant en chasseur qui se conduit comme une bête. Freida Pinto ne bénéficie pas d’un personnage important, alors qu’il y avait peut-être la place pour développer une vraie relation avec Mowgli.

En bref, la distribution est prestigieuse et convaincante, mais ça manque de développement sur certains personnages.

Et au final, ça donne quoi Mowgli : la légende de la jungle ?

Andy Serkis s’est donné à fond ce projet, et cela se ressent du début à la fin. C’est loin d’être le blockbuster de l’année, mais Mowgli : la légende de la jungle est une relecture sombre et intelligemment mis en scène. Toutefois, on peut regretter les carences scénaristiques en ce qui concerne les personnages de Baloo, Kaa et Messua.

Andy Serkis a souligné que Netflix lui laissé une totale liberté au niveau du montage, et pourtant, on a l’impression qu’il manque des scènes. Le réalisateur et ses monteurs montrent un véritable soin dans la transition des scènes, du moins sur quelques séquences car certaines scènes s’enchainent brutalement. En dehors de ça, la mise en scène brille par le déplacement et placement inspiré de la caméra et la photographie de Michael Seresin (Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban, La planète des singes : l’Affrontement et Suprématie). L’éclairage et les ombres sont orchestrées de manière à établir le contraste entre la beauté et l’hostilité de la jungle. Il en ressort une atmosphère sombre et fiévreuse. Les effets spéciaux ne sont pas toujours aboutis, ce qui renvoie à la question des moyens limités pour une telle œuvre. Les décors sont magnifiques, et parfaitement approprié par le regard d’Andy Serkis.

Le scénario s’articule autour d’un jeu de miroirs entre l’Homme et l’Animal, avec au milieu la place du pouvoir et de la réflexion. A l’image du visuel, l’écriture est inégale, notamment sur les personnages et certains enjeux. Peut-être que cette adaptation aurait été encore plus forte et plus riche en la déclinant sur deux ou trois films. Bien sûr, la question de l’argent se pose une nouvelle fois.

La bande originale de Nitin Sawhney manque de profondeur et d’originalité. Elle accompagne les images sans réellement faire corps avec, et cela entache le souffle pique du film.

En résumé, Mowgli : la légende de la jungle présente de vraies qualités et de vrais partis pris. Il y a des défauts, mais globalement on ressort de ce film avec le sentiment d’avoir une vraie relecture (celle que l’on attendait de la part de Disney). En signant ce deuxième long métrage, Andy Serkis va certainement se voir confier d’autres projets ambitieux par la suite.

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