Après Séance : L’Empereur de Paris

L’Empereur de Paris est un film policier historique français réalisé par Jean-François Richet.

Sous le règne de Napoléon Bonaparte, François Vidocq, le seul homme à s’être échappé des plus grands bagnes du pays, est une légende des bas-fonds parisiens. Laissé pour mort après sa dernière évasion spectaculaire à bord d’un bateau, Vidocq essaye de se faire oublier sous les traits d’un simple commerçant. Son passé le rattrape pourtant, et, après avoir été accusé d’un meurtre qu’il n’a pas commis, il propose un marché à Henry, chef de la sûreté ainsi qu’à Fouché son supérieur : rejoindre la police pour combattre la pègre, en échange d’une grâce.


Dix ans après Mesrine (et quatre après l’oubliable Un moment d’égarement), Jean-François Richet et Vincent Cassel remettent le couvert pour un nouveau polar historique. Le film décrit l’ascension de son personnage principal, François Vidocq, criminel et bagnard, roi de l’évasion, qui va intégrer la police à la suite d’un concours de circonstances. Vidocq, chef de la sûreté, personnage réel né en 1875 et mort en 1857 a déjà fait l’objet de plusieurs fictions (L’adaptation de Pitof, la série de 1967 avec Bernard Noel produite par la première chaine de l’ORTF ou Les nouvelles aventures de Vidocq avec Claude Brasseur en 1971).

Le scénariste Eric Besnard a signé son script en 1993, mais il a dû patienter dans les cartons avant de pouvoir être porté sur grand écran par Jean-François Richet. Au contraire du film de Pitof, L’Empereur de Paris fait abstraction du fantastique et des CGI à outrance. L’idée est de se rapprocher des grands films historiques tels que Gangs of New-York ou encore Germinal.

Le réalisateur ne cache pas ses ambitions. Il souhaite faire un film policier et d’aventure à l’ancienne, en lui apportant quelques caractéristiques du cinéma américain. Le budget de 22 millions d’euros est justifié, et intelligemment utilisé. La reconstitution du Paris du XIXème siècle, « coupe gorge » livré aux bandits de grand chemin où l’honnête citoyen pouvait se faire trucider au coin de chaque ruelle, est soignée. Jean-François Richet et son équipe font preuve de minutie, ce qui amène à une atmosphère sombre et immersive.

Le casting est solide avec Vincent Cassel, Olga Kurylenko (La baronne), Patrick Chesnais (Henry), Fabrice Luchini (Fouché), Denis Lavant (Maillard), Denis Menochet ou encore Freya Mavor. Si Denis Lavant (Maillard) est comme d’habitude plus que convaincant dans ce genre de rôle, j’ai trouvé August Diehl (Nathanel) assez peu charismatique.

Vincent Cassel incarne un personnage dur, qui fonctionne avec son propre code d’honneur. Vidocq est un homme solitaire qui, au vu de ses expériences passées, n’a pas confiance dans son prochain, ce qui lui vaudra d’ailleurs pas mal de déconvenues dans le film. La scène où il investit une cellule remplie de détenus pour leur sortir leurs « 4 vérités » alors qu’il les a lui même fait arrêter est très convaincante. Cassel se fond très bien dans ce personnage ambivalent avec son visage menaçant et sa présence physique. Que ce soit l’acteur ou bien le réalisateur, ils sont tous deux passionnés par le personnage de Vidocq.

Pourtant, le long métrage manque un peu d’originalité. Jean-François Richet surfe sur ses acquis, sans rien tenter de neuf. Le cinéma français en a pourtant besoin, surtout à cette échelle. Malgré cela, on ne boude pas notre plaisir de voir une œuvre à la fois populaire et ambitieuse.

Dans l’ensemble, l’intrigue reste assez classique et manque parfois de rythme. Autre petit bémol, la bande originale. Celle-ci ne colle pas toujours aux images. Un décalage qui écaille un peu le long métrage et les ambitions du réalisateur. Ce déséquilibre est peut-être dû au fait que le score ait été travaillé par deux compositeurs.

En résumé, L’Empereur de Paris est vrai film d’aventure comme on l’aime. On regrette seulement son manque d’audace et de fluidité, à certains moments. Vincent Cassel est impeccable en Vidocq. Et si un deuxième volet voyait le jour ?!

Dagrey & Jérémy.

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