Critique : Les aventures de Rabbi Jacob (1973)

Les aventures de Rabbi Jacob est une comédie franco-italienne coécrite et réalisée par Gérard Oury.

A la suite d’un quiproquo, un homme d’affaires irascible et raciste, se retrouve confronté malgré lui à un règlement de compte entre terroristes d’un pays arabe. Afin se semer ses poursuivants, il se déguise en rabbin, après avoir croisé à Orly des religieux juifs en provenance de New-York.

A juste titre, Les Aventures de Rabbi Jacob est considéré comme l’un des meilleurs films avec Louis de Funès, et il a totalisé 7,3 millions d’entrées en France. Une comédie intemporelle qui traverse aisément les générations. Les petits comme les grands ne restent pas insensible face au talent de Gérard Oury jumelé avec celui de Louis de Funès. On a tenu a (re)voir cet incontournable du cinéma français, aux côtés d’un petit garçon de 7 ans.


En quelques minutes, Gérard Oury plante efficacement le décor et ses personnages, et principalement Monsieur Victor Pivert. On retrouve l’importance qu’avait le réalisateur à faire voyager son public à travers différents pays. La musique de Vladimir Cosma amène ce souffle d’évasion et de légèreté, ce qui épouse parfaitement le cinéma selon Gérard Oury.

D’entrée, les traits grossiers de Pivert colle parfaitement à Louis de Funès, un rôle taillé sur mesure où l’acteur peut exprimer tout l’étendu de son talent. La preuve en est avec toute la séquence en voiture avec le fameux Salomon. Le duo Funès/Guybet est parfaitement huilé, grâce notamment à des dialogues affutés et une vraie complicité entre les deux acteurs.

Suite au litige qui oppose les deux hommes, l’aventure démarre. Gérard Oury fait pénétrer le spectateur et Victor Pivert dans un sac de nœuds dont il a le secret. A part de là, les scènes inoubliables s’enchainent, comme celles dans l’usine de chewing-gum. Une séquence qui n’a pas pris de ride, et qui reste la plus marquante pour les enfants. Les petits et les grands rigolent ensemble, un véritable partage se crée. C’est là tout le sens du cinéma populaire que proposait Gérard Oury. Ce dernier entrecroise avec intelligence la légèreté avec des thématiques fortes (religion, politique, racisme). Une alliance casse-gueule, mais le cinéaste l’a toujours maitrisé. Il véhicule des valeurs fondamentales comme la tolérance, l’humour et encore une fois le partage.

On ne voit pas le temps passer. La fluidité de l’écriture se reflète dans la mise en scène. On assiste à une succession de gags et dialogues, sans tomber dans la surenchère ou l’incohérence artistique.

Autre grand facteur dans la réussite de ce film, c’est la complicité et l’amitié qui animaient Gérard Oury et Louis de Funès. Chacun prend du plaisir chez l’autre, cela se ressent tout au long du film. L’acteur livre une interprétation hilarante, que lui seul pouvait composer comme cela. Que ce soit les gags ou bien les dialogues, il est impérial. L’élocution et les mimiques sont toujours aussi efficaces.

A ses côtés, Claude Giraud est très convaincant dans la peau de Mohamed Larbi Slimane. Là aussi, on a le droit à des scènes cultes et complices avec Louis de Funès. L’acteur italien, Renzo Montagnani interprète brillamment le colonel Farès. Suzy Delair, Claude Piéplu et Marcel Dialo sont également en très grande forme.

Et au final, ça donne quoi Les aventures de Rabbi Jacob ?

Les aventures de Rabbi Jacob n’a rien perdu de sa force, malgré plus de 46 années d’existence. Gérard Oury nous a offert une vraie leçon de comédie populaire et elle vibre encore aujourd’hui. Le cinéaste fait preuve d’audace et d’intelligence en traitant les religions et le racisme de manière aussi drôle et pertinente. Imaginez ce film sortir aujourd’hui… Louis de Funès est hautement inspiré par le propos et son personnage, tout comme Vladimir Cosma qui signe un score inoubliable.

C’est lorsqu’on regarde ce genre de monument du cinéma français, qu’on se dit que la comédie française a un peu perdu de sa force depuis pas mal d’années, et ce même si on a eu une belle comédie cette année (Le Grand Bain). Peu de comédies françaises traversent aussi bien le temps, et font écho aussi bien chez les enfants que chez les adultes. Bref, on peut remercier Gérard Oury et Louis de Funès pour nous avoir une œuvre aussi brillante et drôle.

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Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. belette2911 dit :

    Il ne vieillit pas, ce film ! Je l’adore !

    J'aime

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