Après Séance : L’Ange

L’Ange est un thriller argentin coécrit et réalisé par Luis Ortega.

Buenos Aires, 1971. Carlitos est un adolescent de 17 ans au visage angélique, il croise la route de Ramon. Ensemble ils forment un duo trouble d’escrocs et d’assassins.

Le long métrage raconte l’histoire véridique d’un lycéen qui va passer de la cambriole individuelle au crime organisé à partir en 1971. Arrêté deux ans plus tard, l’Ange comptera à son actif 11 meurtres, une tentative de meurtre, 17 agressions, un viol, une tentative de viol, une agression sexuelle, 2 enlèvements et 2 vols.


L’ange est un biopic remarquable dont la réussite principale réside dans la description pointue de son personnage romanesque, un jeune homme narcissique à la sexualité ambiguë qui ne fait pas dans le détail . Le film est un équilibre parfait entre le thriller et le drame psychologique, Luis Ortega filmant de façon particulièrement intelligente son acteur principal et l’ensemble des protagonistes du film qui seront tous plus ou moins tard ses victimes.

Carlos Robledo a une vision très personnelle du monde qui l’environne. Se définissant comme libre, le jeune homme n’est bridé par aucune contingence morale ni aucune limite. Cette absence maximale d’empathie le conduit à agir de façon radicale et définitive dès qu’il se sent en danger. C’est pour cette raison que de ses premiers cambriolages à ses derniers méfaits, il assassinera froidement et sans la moindre hésitation tout témoin, parfois même ses complices.

Le jeune homme agit comme un poison insidieux sur tout son entourage. Éliminant physiquement ses complices qui le gênent et plongeant ses parents beaucoup trop permissifs dans le déshonneur, Carlos se fera arrêter et condamné à la prison à vie en 1980. L’acteur, Lorenzo Ferro se montre remarquable grâce à son jeu et son charme naturel.

En résumé, L’Ange est très réussi car il se regarde comme un polar. A l’instar de Tony Manero qui se déroule dans le Chili « verrouillé » de Pinochet où sévit un apprenti danseur qui est aussi un vrai psychopathe, le film nous montre en filigrane combien la junte militaire argentine négligeait les criminels de droit commun, toute absorbée qu’elle était dans la protection de son régime et la lutte impitoyable contre ses opposants.

Dagrey.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s