Critique : L’amour est une fête (2018)

L’amour est une fête est une comédie policière écrite et réalisée par Cédric Anger.

À Paris, en 1982. Franck et Serge sont les patrons d’un peep show nommé Le Mirodrome. Criblés de dettes, ils décident pour se relancer de produire et tourner des petits films pornographiques avec leurs danseuses. Mais leur succès rapide va attirer la convoitise de leurs concurrents. Un soir, des hommes cagoulés font irruption et détruisent Le Mirodrome. Ces derniers ne savent pas que Franck et Serge sont en réalité Martin et Georges, des policiers infiltrés. Leurs supérieurs les ont chargés d’enquêter sur le blanchiment d’argent dans l’industrie du porno parisien, principalement sur le producteur Maurice Vogel. C’est le début d’une aventure dans le cinéma pornographique du début des années quatre-vingt qui va les entraîner loin. Très loin…


Après La prochaine fois je viserai le cœur, Cédric Anger change complétement de registre avec un long métrage centré sur le cinéma pornographique français des années 1980. Un univers que le cinéaste voulait explorer depuis quelques années. Le propos ajouté au duo Canet/Lellouche attire forcément notre regard. La bande annonce nous laisse entrevoir un film dans la veine des productions comme Sans arme, ni haine, ni violence.

Les premières minutes du film séduisent tout d’abord par son visuel qui nous embarque instantanément dans les 80’s. Une contextualisation importante, compte-tenu du propos. On s’imprègne assez rapidement des mœurs de l’époque. Gilles Lellouche et Guillaume Canet viennent étoffé notre attachement naissant pour ce long métrage. L’intrigue et les enjeux se posent de manière efficace. Un démarrage simple et convaincant, qui inspire à un film frais et divertissant. Peut-être que Boogie Night va avoir un petit frère ?!

Le duo Canet/Lellouche fonctionne à la perfection. Faut dire que les deux acteurs sont amis et ont déjà collaborer ensemble sur huit films. La complicité et le plaisir de travailler ensemble sont déjà bien installés.

Michel Fau impose sa gouaille et son talent pour incarner les personnages les plus improbables. Camille Razat (Ami-ami) attire et reflète aisément la lumière. Elisa Bachir Bey et Xavier Beauvois sont également convaincants.

Cédric Anger a réussi à constituer une distribution qui a de la gueule et du charme, ce qui lui permet de faire évoluer ses personnages avec une certaine facilité. Et c’est l’une des grandes qualités du long métrage. Son écriture s’articule autour de deux genres, la comédie et le thriller. L’érotisme ne fait malheureusement pas partie de l’équation. C’est pourquoi, le long métrage ne parvient pas à se hisser à la hauteur d’un grand film. Le potentiel est là, mais pas l’audace. Le sujet n’est pas exploité dans sa totalité, le cinéaste ne traite pas le cinéma porno de manière plus expressive, par peur peut-être de choquer. C’est là qu’on se rend compte que le cinéma français n’a pas encore compris que le spectateur d’aujourd’hui est biberonné à des séries et des films plus fiévreux. L’aspect enquête manque également de punch et de réels enjeux.

A l’image du script, la scénographie surfe sur la nostalgie. La direction artistique favorise au mieux l’immersion. Le montage et les scènes ne décollent pas vraiment, ce qui laisse un goût d’inachevé par moment. Cédric Anger n’ose pas nous pété la rétine.

La bande originale de Gabriel Hetzel s’inspire clairement des bandes originales des années 60/70, proche même d’Ennio Morricone. Un joli score qui ne prend malheureusement pas corps à l’écran.

En résumé, L’amour est une fête mise en essentiellement sur son esthétique et le savoir-faire des acteurs et des actrices, ce qui est trop léger pour un tel propos.

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