Après Séance : Ayka

Ayka est un film dramatique russo-germano-polono-kazakho-chinois réalisé par Sergey Dvortsevoy.

Ayka accouche dans un hôpital de Moscou. A peine remise et bien qu’affaiblie, elle prend la fuite, abandonnant son nouveau né pour retourner travailler dans un atelier clandestin de préparation de volailles. Plusieurs jours de calvaire vont alors commencer pour la jeune femme.


Samal Yeslyamalova a reçu le prix d’interprétation féminine à Cannes en 2018 pour le rôle d’Ayka, un rôle ingrat pour lequel la jeune actrice ne s’est pas ménagé, loin de là.

Journée(s) de m….E

Ayka raconte le quotidien d’une jeune femme de 25 ans survivant d’expédients dans les rues de Moscou, aujourd’hui. Elle est vraisemblablement en situation irrégulière. Profondément immersif et inconfortable, le film nous montre le personnage principal du film balloté dans son quotidien par différents mauvais coups du sort.

Mal logée par un marchand de sommeil, exploitée dans différents petits boulots qu’elle ne parvient pas à conserver et menacée de mort puisqu’en dette avec des usuriers sans scrupules qu’elle ne pourra pas rembourser, le film n’en finit pas de nous montrer le quotidien désespéré – et désespérant- de cette jeune femme qui subit tellement de revers dans une ville de Moscou ensevelie par la neige où la raison du plus fort l’emporte toujours.

Sergey Dvortsevoy signe une œuvre « coup de poing », un métrage qui accumule les plans rapprochés, les plans fixes et crus (Le parallèle entre les 4 bébés qui pleurent, emmaillotés les uns à coté des autres et les 3 chiots teckels alignés en train de téter leur mère est très parlant sur la volonté de ces êtres vivants de rester en vie à tout prix….même dans un monde comme celui là…) et les scènes tournées caméras à l’épaule qui donnent au film un coté simultanément documentaire et voyeur qui mettra inévitablement le spectateur mal à l’aise. J’ai visionné le film dans une salle aux rangs clairsemés, plusieurs personnes sont parties avant le générique de fin. A l’image de nombreux films russes, Ayka est tellement pessimiste que même son issue fait craindre le pire.

Le cinéaste dresse un constat glaçant sur ce qui se passe en Russie et dans d’autres pays d’Europe de l’Est. L’abandon massif d’enfants dans les maternités moscovites par des ressortissantes issues d’autres républiques de l’ancien empire Soviétique est ici clairement dénoncé de même que leur hébergement précaire par des « marchands de sommeil » alors qu’elles sont aujourd’hui considérées comme des « illégaux » à Moscou. Cette double problématique social/emploi n’est pas sans rappeler la crise que connait aujourd’hui l’Occident avec les migrants. Ayka n’épargne personne, c’est un film difficile et brutal qui ne peut pas vous laisser indifférent.

Dagrey.

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