Critique : American Gangster (2007)

American Gangster est un polar américain réalisé par Ridley Scott.

Début des années 1970, New York. Frank Lucas a vécu pendant vingt ans dans l’ombre du Parrain noir de Harlem, Bumpy Johnson, qui en fait son garde du corps et confident. Lorsque son patron succombe à une crise cardiaque, Lucas assure discrètement la relève et ne tarde pas à révéler son leadership, son sens aigu des affaires et son extrême prudence, en prenant pour auxiliaires ses frères et cousins et en gardant un profil bas. Inconnu de la police comme des hautes instances de la Cosa Nostra, Lucas organise avec la complicité d’officiers basés au Vietnam un véritable pont aérien et importe ainsi par avions entiers des centaines de kilos d’héroïne pure, qu’il revend à bas prix dans les rues de New York.

Tandis que Lucas amasse ainsi, en toute discrétion, une fortune colossale, l’inspecteur Roberts du NYPD enquête patiemment sur l’origine et le fonctionnement de ce marché parallèle d’un genre inédit, et finit par soupçonner l’insaisissable Frank Lucas. Une étrange partie de cache-cache commence alors entre ces deux solitaires perfectionnistes dont les destins seront bientôt inextricablement mêlés…


Ce qu’il faut savoir sur ce film :

– Le projet a attiré pas mal de grands réalisateur comme Brian De Palma (L’impasse, Scarface) et Antoine Fuqua (Training Day) avant que Ridley Scott n’accepte d’en prendre les commandes.

– Frank Lucas et Richie Roberts ont tous deux participé au film, entant que conseillers techniques. Denzel Washington et Russell Crowe ont collaboré étroitement avec eux. Le premier a même offert une voiture à Frank Lucas pour le remercier de son aide.

– Le scénario est l’œuvre de Steven Zaillian, qui a notamment écrit La liste Schindler et Gangs of New-York.


Pourquoi j’ai voulu (re)voir ce film ? 

Vu à sa sortie en salles, je considère (encore aujourd’hui) American Gangster comme le dernier grand film de Ridley Scott. Un film de gangsters qui se rapproche des Affranchis de Martin Scorsese, ça ne se boude pas.

Les premières minutes ?

La première scène annonce immédiatement le tempo. Frank Lucas incendie et exécute un homme de sang froid, sous les yeux de Bumpy Johnson. L’homme de main devient peu à peu son confident, et se voit comme son successeur.

Après avoir posé le décor côté gangster, Ridley Scott nous dresse le portrait fiévreux et incorruptible de Richie Roberts. Tout comme Denzel Washington, Russell Crowe impose son charisme et son savoir-faire d’entrée.

Le premier quart d’heure baigne dans une atmosphère sombre et nerveuse. Ridley Scott s’approprie efficacement les codes du genre. Le face à face à distance entre deux grands acteurs nous fait déjà saliver.

Le casting ?

Sans réellement surprendre, Denzel Washington signe une interprétation solide dans la peau de Frank Lucas. Un personnage taillé sur mesure pour l’acteur, qui aurait mérité une petite nomination aux Oscars.

Russell Crowe est tout aussi performant. Il campe brillamment le flic qui ne lâche rien, mais qui ne bénéficie d’aucune reconnaissance de sa direction. Côté personnel, c’est également très convaincant. On le voit s’enliser dans son boulot, ce qui conduit à une vie de famille complètement vide.

Au niveau des seconds rôles, Josh Brolin se démarque de ses partenaires. Son rôle est mis en avant et l’acteur en prend pleinement conscience.

Chiwetel Ejiofor, Armand Assante, Idris Elba et Cuba Gooding Jr font le job. Les personnages féminins sont légèrement placardisés, pourtant Lymari Nadal et Ruby Dee prennent plutôt bien la lumière.

Et au final, ça donne quoi American Gangster

Même si il n’atteint pas le rang de chef d’œuvre, American Gangster se pose comme un grand film du genre, avec de véritables intentions. Ridley Scott et ses techniciens se montrent inspirés par le script de Steven Zaillian, notamment les personnages et le climat mafieux des 70’s.

Tout d’abord, la scénographie est calibrée dans les moindres détails. Le travail de reconstitution favorise l’immersion au sein du grand banditisme à Manhattan. Ridley Scott prend du plaisir face aux décors et ses acteurs. Il oppose deux mondes, qui ne font qu’un au final. Le réalisateur travaille efficacement ses personnages et leurs environnements, pour mieux établir un constat sociologique percutant. La photographie d’Harris Savides (Zodiac, The Yards) s’écarte de tout effet clinquant, pour ne miser que sur les contrastes d’ombres et de lumières. Un relief adapté et payant, qui souffle une atmosphère sombre et urbaine. On peut regretter quelques égarements dans le montage, principalement dans les scènes d’actions. Il faut dire que Ridley Scott n’a jamais été un grand expert des courses-poursuites, contrairement à son frère.

En ce qui concerne le scénario, Steven Zaillian semble s’être hautement inspiré du travail de Nicholas Pileggi (Les Affranchis, Casino), producteur exécutif du film. On sent que le scénariste a tenu être au plus proche de la réalité. Il se permet très peu de liberté, ce qui rend le propos encore plus passionnant et réaliste. La grande force de cette histoire provient des deux personnages principaux, qui sont totalement opposés, avec leur propre code déontologique. Ce combat à distance s’inspire des codes du western, et le final n’en est que plus beau.

L’ancien assistant d’Hans Zimmer, Marc Streitenfeld (Prometheus) signe ici un score particulièrement efficace. Son travail se démarque de son maître, tout en s’y approchant, à l’image du thème de Frank Lucas.

En résumé, American Gangster reste le dernier grand film de Ridley Scott. Denzel Washington et Russell Crowe sont impeccables.

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8 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Dylan Malone dit :

    Son dernier grand film pour moi est et restera Robin Hood

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    1. Il m’a déçu. A ce jour, le meilleur film sur Robin des bois reste celui de Kevin Reynolds avec Kevin Costner et Alan Rickman.

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      1. Dylan Malone dit :

        Ha il m’a gonflé ce film Costner en mode Robin en recherche d’amour dès le début. Robin Hood ce n’est pas ça pour moi.

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      2. Ce film est destiné au grand public, et appartient à un carcan du blockbuster américain des années 80/90 =)

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      3. Dylan Malone dit :

        Moi j le vois plus comme un nanar 😂

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      4. Dylan Malone dit :

        Déçu sur quoi ? Comment ?

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      5. Sur l’aspect viscéral du personnage, sa romance et son côté « on va faire un Gladiator au moyen âge ».

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      6. Dylan Malone dit :

        Eh bien. J’ai trouvé ça assez réussi ! 💪

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