Critique : Sleepers (1996)

Sleepers est un film dramatique américain écrit et réalisé par Barry Levinson.

Inspiré de faits réels, il est adapté du roman éponyme de Lorenzo Carcaterra paru en 1995.

En 1967, dans le quartier new-yorkais de Hell’s Kitchen à Manhattan, quatre jeunes amis inséparables, Shakes, Michael, John et Tommy vivent dans les rues sous le regard bienveillant du père Bobby. Malgré l’attention de l’homme d’église pour maintenir les quatre copains sur la bonne voie, ceux-ci mènent une vie difficile, jusqu’au jour où leur destinée est bouleversée par une farce qui tourne au drame lorsque le chariot à hot dogs qu’ils viennent de dérober devient l’instrument d’un grave accident. Leur vie va soudainement basculer. Ils sont condamnés et envoyés dans une maison de redressement pour mineurs, Wilkinson Home For Boys, une des plus strictes de l’État de New York.


Ce qu’il faut savoir sur ce film :

– Pour un budget de 44 millions de dollars, Sleepers a empoché plus de 165 millions de dollars de recettes dans le monde. Il a notamment fait 1 753 594 entrées en France.

– Sandra Bullock avait été approchée pour le rôle de Carol, qui sera finalement incarné par Minnie Driver.

Sleepers n’a obtenu qu’une seule nomination aux Oscars, celle de la meilleure musique (John Williams).


Bienvenue dans la cuisine du diable

D’entrée, la structure narrative voulu par Barry Levinson, s’avère payante. Pour mieux rendre hommage à Lorenzo Carcaterra, il choisi tout naturellement son interprète, Jason Patric comme narrateur. Ensuite le son des Four Seasons nous embarque dans les 60’s, le cadre se pose instantanément devant nos yeux. Le réalisateur se rapproche de la scénographie de Scorsese et Spielberg, de manière plus académique. Certains y verront un manque d’audace, pourtant c’est bien calibré et efficace.

Très vite, on s’attache aux protagonistes. Les acteurs sont bons et les premières péripéties nous dressent les différents portraits. La narration de Jason Patric y est pour quelque chose aussi.

Le premier quart d’heure est plus qu’accrocheur. Barry Levinson ne révolutionne pas le genre, mais sa manière de nous raconter cette (terrible) histoire fait mouche. C’est simple, on ne veut plus lâcher les personnages et on veut aller jusqu’au bout avec eux.

Choc de générations 

Sleepers n’aurait pas eu le même impact avec un autre casting. Barry Levinson a réussi à constituer l’une des plus belles distributions des 90’s. Nous avons le droit à un grand et détestable Kevin Bacon, qui incarne parfaitement un salopard en puissance. Robert De Niro est impeccable en prêtre, on reste bouche bée devant un tel savoir-faire.

Jason Patric tient clairement le meilleur rôle de sa carrière. Il s’agit du rôle clé du film, et il s’en sort à merveille. Dommage que sa carrière ne soit pas à l’image de son travail sur ce film.

Même si ils sont un peu plus en retrait, Brad Pitt et Dustin Hoffman livrent des prestations solides. Vittorio Gassman impose sa gouaille italienne entant que grand bonnet de Hell’s Kitchen.

Minnie Driver est sublime et capte admirablement la part mélancolique de son personnage. Elle se montre particulièrement touchante lors ses scènes avec Brad Pitt. Billy Crudup, Terry Kinney et Bruno Kirby sont également très bons.

Et au final, ça donne quoi Sleepers ?

Barry Levinson signe l’un de ses meilleurs longs métrages. A la fois passionnant et déroutant, Sleepers marque le spectateur au fer rouge avec cette histoire tragique et vraie.

Le réalisateur livre une mise en scène bien huilée. Le montage rend le film dynamique avec un soupçon de suspens. Visuellement, c’est assez proche du cinéma de Martin Scorsese. D’ailleurs, on retrouve Michael Ballhaus (Les Affranchis, Gangs of New-York) à la photographie. Ce dernier travaille efficacement les couleurs selon les différentes périodes de la vie de Shakes et ses copains.

Le scénario se divise en trois parties, dont deux retraçant la période de l’enfance. Barry Levinson se montre à l’aise sur l’ensemble. Il fait prend en compte chaque personnage, chaque évènement pour hausser l’aspect psychologique et angoissant du propos. Le cinéaste entretient avec force la cohérence de cette histoire, et son impact n’en est que plus fort. Les dialogues font quelques étincelles, notamment dans la bouche de Vittorio Gassman et Robert De Niro.

La musique de John Williams est somptueuse. Elle épouse parfaitement les images et l’atmosphère du long métrage. Son score n’a effectivement pas volé sa nomination à l’Oscar de la meilleure bande originale.

En résumé, Sleepers brille sur de nombreux critères, ce qui gomme les quelques facilités dans la mise en scène. Avec les années, ce long métrage est tout naturellement devenu culte.

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Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. belette2911 dit :

    J’avais été le voir avec les copines lors de sa sortie, on avait été bluffée surtout que la plaidoirie de Brad Pitt ne commençait pas sous de meilleurs auspices ! Ça sentait le foirage complet et puis…. ❤

    Aimé par 1 personne

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