Critique : Frida (2002)

Frida est un biopic américain réalisé par Julie Taymor.

Le long métrage qui relate la vie de la peintre mexicaine Frida Kahlo en s’inspirant du livre que lui a consacré Hayden Herrera.

Frida, alors étudiante et engagée dans sa première relation amoureuse, voit Diego Rivera pour la première fois dans son atelier. Peu après, Frida a un grave accident de bus qui la laisse gravement blessée à 18 ans, la colonne vertébrale brisée et la jambe fracturée en de multiples endroits. Clouée au lit, le corps et les jambes enfermées dans un plâtre, elle commence à peindre pendant sa convalescence. Quelques années après, Frida demande à Diego Rivera son avis d’artiste en ce qui concerne ses toiles…


Découvert lors de sa sortie en salles, Frida m’a profondément touché. Une histoire aussi tragique que passionnante, porté par une belle mise en scène et d’excellents interprètes. Près de dix-sept ans plus tard, je redécouvre ce film. Et je dois avouer ne pas avoir boudé mon plaisir, même si je suis plus critique aujourd’hui envers ce biopic.

Weinstein & cie

La première scène du long métrage renvoie clairement à la fin. On y voit l’artiste peintre prisonnière de son lit, qui se voit transporté dans un camion. Sourire aux lèvres et regard perçant, et la transition s’opère pour nous emmener découvrir la jeunesse de Frida. Un démarrage des plus classiques. Malgré une mise en scène académique, on se prend de passion pour le personnage de Frida. Salma Hayek vibre pour le rôle, c’est clair comme de l’eau de roche. La réalisatrice, Julie Taymor semble suivre le cahier des charges imposé par les Weinstein, et ce même si Salma Hayek figurait également comme productrice.

Un cri d’amour et d’admiration

Bien que le rôle ait bien failli revenir à Jennifer Lopez, Salma Hayek ne l’a jamais lâché. Pourtant Harvey Weinstein a tenté à plusieurs reprises de barrer la route à l’actrice mexicaine, elle avait refusé ses avances et des scènes dénudées. Après pas mal de menaces de plainte, Salma Hayek a finalement conservé son rôle. Et heureusement ! Car elle est tout simplement remarquable en Frida. On sent une vraie passion et un investissement total de l’actrice pour ce personnage. Il s’agit sans aucun du rôle le plus beau et le plus important de sa carrière.

A ses côtés, Alfred Molina (Spider-Man 2) est impeccable en Diego Rivera. Une interprétation toute en sobriété, mais au combien importante. Il joue de son physique, de sa fougue et de son charme. Un combo payant et cohérent envers son personnage. Pourtant, l’acteur britannique a été snobé par l’académie des Oscars.

Valeria Golino, Ashley Judd et Geoffrey Rush se montrent tous les trois solides dans leur rôle respectif. Edward Norton, Mía Maestro et Antonio Banderas ne font que passer.

Et au final, ça donne quoi Frida ?

La réalisatrice a eu très peu de place pour exprimer sa vision artistique, c’est pourquoi ce film biographique se démarque peu des autres. Pourtant, la mise en scène nous offre quelques séquences intéressantes lorsque les tableaux prennent vie. Cela donne immédiatement de l’entrain et de la profondeur au talent et aux sentiments de Frida. Julie Taymor s’appuie principalement sur son casting, et plus particulièrement sur le couple Hayek/Molina. Elle essaye d’entretenir au maximum l’équilibre entre la vie d’artiste, la vie de couple et l’engagement politique. Et dans l’ensemble, ça reste assez cohérent. Bien sûr, quelques libertés et raccourcis ont été pris par les scénaristes. On peut regretter quelques facilités sur personnages secondaires.

Côté bande son, Elliot Goldenthal signe un score qui colle efficacement au Mexique des années 1920/1930. Sa musique nous transporte, nous émeut et apporte du rythme au film. Le compositeur a réussi a capter et retranscrire les facettes de Frida, sa force et ses peines.

Il est vraiment dommage qu’Harvey Weinstein ait été producteur sur ce film. Salma Hayek a récemment souligné que cela a été une épreuve très difficile de collaborer avec lui, et on comprend malheureusement pourquoi. Son ombre de tyran plane au-dessus de ce film.

En résumé, Frida scintille grâce à Salma Hayek, littéralement habité par son rôle. Malheureusement, cela ne gomme la mise en scène très académique.

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