Après Séance : Deux Fils

Deux fils est une comédie dramatique française écrite et réalisée par Félix Moati.

Joseph et ses deux fils, Joachim et Ivan, formaient une famille très soudée. Mais Ivan, le plus jeune, collégien hors norme en pleine crise mystique, est en colère contre ses deux modèles qu’il voit s’effondrer. Car son grand frère Joachim ressasse inlassablement sa dernière rupture amoureuse, au prix de mettre en péril ses études de psychiatrie. Et son père a décidé de troquer sa carrière réussie de médecin pour celle d’écrivain raté. Pourtant, ces trois hommes ne cessent de veiller les uns sur les autres et de rechercher, non sans une certaine maladresse, de l’amour…


Hier soir, prise d’une envie de cinéma, je suis allée voir Deux fils, le premier film de Félix Moati. Je n’avais pas vu la bande annonce, très peu entendu parler du sujet, mais l’idée de suivre à nouveau le duo Vincent Lacoste/Benoît Poelvoorde (Saint-Amour) me séduisait. Quelle bonne idée j’ai eu !

Félix Moati se dit influencé par Woody Allen et on sent ce lien dés les premières minutes par  « l’essayage » d’un cercueil. Puis, on entre dans la vie de ces trois hommes. Dire qu’ils vont mal serait un euphémisme. Cependant, on sent que, même si le dialogue entre eux semble rompu par le chagrin, ils devraient trouver la force dans leurs liens. Vous me direz que c’est un scénario vu et revu. Ils sont tristes, ils ont des problèmes mais ensemble ils vont s’en sortir. Certes ! Mais cela dit, à mon avis, la force de cette histoire se trouve non pas dans la caractérisation des personnages principaux, mais dans les fantômes de leurs passés. Les absents prennent une place importante et des « petits » rôles.

Tout le long du film, je me demandais qui était ce frère décédé trop tôt et quelle influence a t-il eu sur cette famille en quête de repères depuis le début de sa maladie. On entre en empathie avec Joseph (Benoît Poelvoorde) dans son deuil difficile et sa vaine tentative de réussir sa vie rêvée « au dépend » de sa vie réelle. On a envie de secouer Joachim (Vincent Lacoste) pour lui faire ouvrir les yeux sur la beauté de la vie et celle d’Esther (une Anaïs Demoustier pleine de charme et de vie). Évidemment, on souhaite prêter main forte à Ivan (Mathieu Capella) qui malgré de gros problèmes d’adolescent (tabac, alcool, sexe et crise mystique) semble le plus mûr de ce trio.

Ce qui m’a le plus marqué dans ce film d’hommes, c’est le rôle si important des femmes. C’est comme si, elles permettaient à l’homme de se sentir complet, si elles libéraient la parole de ces grands pudiques presque mutiques (en ce qui concerne les sentiments). A un moment, j’ai pensé au fameux « L’avenir de l’homme est la femme » de Louis Aragon. Tout ceci est constructif pour Ivan qui peut apprendre, grâce à une rencontre de son père et une légère « indiscrétion », l’ambiance qui entourait sa naissance, et se sentir moins « étranger » à son frère. On ne peut que se réjouir de voir cette famille qui avançait dans le noir (les images sont sombres également) aller vers la lumière avec une scène finale pleine de promesse, aux premières lueurs de l’aube. Tout ceci n’empêche pas ce film d’être extrêmement drôle, et c’est là que l’on sent la forte influence de Woody Allen.

C’est vraiment un très bon premier film avec un casting en or et une histoire qui, même si elle est racontée quelques fois de façon décousue (mais notre quotidien n’est-il pas un patchwork de moments de vie, lui-même ?), tient la distance et joue avec nos émotions. Avec une bande originale très jazzy qui apporte un peu de luminosité dans cette histoire, luminosité qui représente la vie, le monde extérieur qui continue son chemin comme un train dans lequel on est libre de monter ou pas.

Au cinéma, j’aime rire, j’aime pleurer, j’aime être en colère, j’aime vibrer pour le héros et hier soir, j’ai eu le droit à toutes sortes d’émotions positives et négatives pendant une heure et demi. Je recommande donc ce film aux fans de Vincent Lacoste et à tous ceux qui trouvent que Benoît Poelvoorde en fait souvent trop (parce que, dans ce film, son jeu est tout en sobriété), pour les amoureux d’Anaïs Demoustier (son charme naturel et son énergie lumineuse) et pour ceux qui ne connaissent pas encore Mathieu Capella (un nom à retenir pour un jeune acteur plein d’avenir).

Béatrice Lascourbas.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s