Critique : 7 Psychopathes (2012)

Sept psychopathes est une comédie noire britannico-américaine écrite et réalisée par Martin McDonagh.

Marty est un scénariste hollywoodien en panne d’inspiration. Confronté à l’angoisse de la page blanche, il peine à écrire son nouveau projet de film au titre prometteur : 7 PSYCHOPATHES. Son meilleur ami Billy, comédien raté et kidnappeur de chiens à ses heures, décide de l’aider en mettant sur sa route de véritables criminels. Un gangster obsédé par l’idée de retrouver son Shih Tzu adoré, un mystérieux tueur masqué, un serial-killer à la retraite et d’autres psychopathes du même acabit vont alors très vite prouver à Marty que la réalité peut largement dépasser la fiction…


Cela fait quelques années que je voulais voir le deuxième long métrage de Martin McDonagh. Bons baisers de Bruges m’a agréablement plus, notamment par son côté décalé et son humour noir. Sept psychopathes avait reçu un accueil glacial dans l’hexagone, ce qui m’a quelque peu refroidi. Aujourd’hui, séance de rattrapage en espérant prendre une petite baffe.


Un démarrage séduisant

Avec une ouverture décomplexée à la sauce Tarantino ou Ritchie, Martin McDonagh donne déjà le ton du film. Le cinéaste britannique reste sur le même fil artistique que son premier film. On embarque dans un savoureux sac de nœuds où les répliques et le comique de situation font mouche. Après vingt minutes, je ne vois pas vraiment ce film me décevoir. Il répond pour le moment à mes attentes.

Un casting qui a de la gueule et du charme

Colin Farrell collabore une nouvelle fois avec Martin McDonagh, qui lui offre une rôle sur mesure et légèrement à contre-emploi. L’acteur irlandais est souvent lié a des personnages rebelles au sang chaud. Ici, il incarne de façon convaincante un scénariste (alcoolique) en panne d’inspiration, qui se voit embarquer dans une histoire rocambolesque.

A ses côtés, Sam Rockwell interprète un ami complètement aussi bienveillant que complètement frappé. Sa bonne prestation reflète le fait qu’il s’éclate dans la peau de son personnage. Christopher Walken impose son charisme et un savoir-faire touchant. Woody Harrelson ne nous surprend pas en bad guy accro à son chien, mais on ne boude pas notre plaisir tellement il excelle dans ce type de personnages.

Sur un plan plus secondaire, Tom Waits et Harry Dean Stanton impriment le cadre en l’espace quelques secondes.

Comme il est souligné dans le film par Hans (Christopher Walken), les personnages féminins sont quelque peu sacrifiés. Abbie Cornish, Olga Kurylenko, Gabourey Sidibe et Linda Bright Clay ne font que de très courtes apparitions. Michael Pitt et Michael Stuhlbarg viennent faire un petit coucou furtif au spectateur.

Et au final, ça donne quoi Sept Psychopathes ?

En frappant par son originalité et son intelligence, Sept psychopathes m’a totalement conquis. Martin McDonagh s’approprie les codes du genre et s’en amuse de la première à la dernière minute. Le cinéaste signe une œuvre décalée, complexe et totalement jubilatoire. Il est regrettable que le public n’ait pas répondu présent lors de sa sortie en salles. On pourrait qualifier le film comme un anti-blockbuster, qui parlera avant-tout à des cinéphiles aguerris.

La mise en scène épouse parfaitement les multiples pistes narratives du scénario. Martin McDonagh s’est autorisé tout, sans tomber dans la surenchère ou la prétention. Sa virtuosité ne cesse d’alimenter la profondeur et la pertinence son script, qui mélange comédie et drame. On se passionne autant pour le réel que l’imaginaire, et l’impact est encore plus fort lorsque les deux ne font plus qu’un. En misant sur le directeur artistique attitré de Quentin Tarantino, David Wasco, le cinéaste a pu exprimer de la plus belle des manières chaque facette de son scénario. La photographie de Ben Davis (Les Gardiens de la Galaxie, Dumbo) s’illustre principalement sur les scènes imaginées par les protagonistes.

En ce qui concerne l’écriture, je vais essayer de vous en dévoiler le moins possible. Martin McDonagh signe une histoire qui demande de l’attention et de la réflexion. Il joue constamment à adoucir la part dramatique de son propos, tout en rendant le comique profondément dramatique. Un balancement qui avait déjà fait ses preuves dans son premier long métrage. Un scénario qui emprunte certains chemins utilisés par Shane Black et Quentin Tarantino. Les personnages sont hauts en couleur, même si l’on regrette la révèlation prématurée de l’identité du tueur au valet de carreau. Même si on a le droit à quelques bonnes punchlines, on aurait aimé que ça décape un peu plus.

La bande originale est signée Carter Burwell, qui donne l’impression d’avoir signé un score pour les frères Coen. Des sonorités assez sombres, qui partent du piano jusqu’aux violons. On retrouve quelques mélodies assez proches de celles qu’il avait composé pour True Grit et Fargo.

En résumé, Sept psychopathes vaut vraiment le détour. Ne faites pas la même erreur que moi, n’hésitez pas à le visionner. Martin McDonagh signe une vraie et grande comédie noire dont il a le secret.

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Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. belette2911 dit :

    Un film dont je n’avais même pas entendu parler… :/ Je retiens le titre, on ne sait jamais que je le croiserais 😉

    Aimé par 1 personne

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