Critique : Les Duellistes (1977)

Les Duellistes est film d’aventure britannique réalisé par Ridley Scott.

En 1800 à Strasbourg, le lieutenant Gabriel Féraud du 7e Régiment de Hussards blesse grièvement le neveu du maire durant un duel à l’épée. Le brigadier-général Treillard ordonne alors au lieutenant Armand d’Hubert du 3e Régiment de Hussards de le trouver pour le mettre aux arrêts. D’Hubert retrouve Féraud dans le salon d’une dame, et ce dernier prend l’ordre d’arrêt pour un affront et incite Hubert à un duel au sabre, qui s’achève à l’avantage de d’Hubert.

Les deux lieutenants vont poursuivre cette querelle pendant près de quinze années, à travers toute l’Europe et se provoquer régulièrement en duel.


Première réalisation au cinéma pour Ridley Scott, après avoir exercé vingt ans dans les spots publicitaires comme son frère. Les Duellistes a été écrit à partir d’une nouvelle de Joseph Conrad, The Duel, tombé dans le domaine public. La Paramount n’a pas eu à débourser de l’argent pour adapter l’histoire. Le budget du film s’est élevé à 900 000 dollars, ce qui est relativement bas pour un film historique. Ridley Scott a reçu le prix de la Meilleure Première œuvre au Festival de Cannes en 1977. Le réalisateur britannique est promis à une belle carrière, ce qui a été le cas.

Longtemps, on m’a souligné que ce film était l’un des meilleurs de Ridley Scott. Une œuvre qui mêle histoire, drame et aventure attise forcément ma curiosité. Malheureusement, je n’avais pas eu l’occasion de mettre la main dessus, avant aujourd’hui. Voyons à présent ce que ça donne. Que la séance commence !


En Garde !

Ridley Scott ouvre son long métrage en imposant deux atmosphères, à travers le portrait de deux officiers napoléoniens. L’un se nourrit de duels à mort, tandis que l’autre souhaite uniquement faire son devoir de soldat. L’opposition des deux hommes est immédiate. En une scène courte et intense, Ridley Scott amorce un face à face que l’on pense assez banal, et pourtant cela va changer la vie des deux officiers.

La direction artistique et la photographie s’accordent parfaitement pour nous immerger instantanément dans l’époque napoléonienne. La mise en scène de Ridley Scott s’articule autour de Féraud et Hubert, cela amène un souffle dynamique et passionnant.

Les derniers seront les premiers

A l’origine, Ridley Scott et son scénariste envisageaient Michael York et Oliver Reed pour les rôles principaux. Mais, la Paramount en a décidé autrement puisqu’elle a imposé Keith Carradine et Harvey Keitel pour des raisons budgétaires. Un choix qui se montre payant dés le premier quart d’heure. On sent deux acteurs investis et en accord avec leur personnage respectif. Cela nous donne une belle et grande rivalité à l’écran. Ridley Scott s’appuie à merveille dessus, ce qui donne une dimension intime et passionnante au long métrage.

Du côté des seconds rôles, on retient principalement le regretté Albert Finney et la sublime Cristina Raines.

Et au final, ça donne quoi Les Duellistes ?

En empruntant quelques codes du western et en s’inspirant fortement de Barry Lyndon, Ridley Scott signe un premier grand film. Il y dévoile son sens du spectacle et du suspens. Le réalisateur britannique maitrise son sujet et ses personnages, comme nous le prouve mise en scène. Tout en efficacité, il combine histoire et Histoire. Son équipe technique et lui baignent dans une cohérence artistique totale. Rien n’est mis à l’écart, l’atmosphère progresse en même temps que les personnages et les évènements historiques. Le rythme épouse l’intensité de l’opposition entre Féraud et Hubert. Et pour finir, le travail de reconstitution est époustouflant, surtout pour un si petit budget. La bande originale d’Howard Blake favorise la mise en abîme, et donne une dimension tragique aux personnages.

Sur le fond, Gérald Vaughn-Hughes reprend les grandes lignes de la nouvelle de Joseph Conrad. Il y ajoute quelques traits de caractères opposés chez les deux officiers, ainsi qu’un mobile différent pour la querelle. Le contexte historique est plus étoffé, tout comme la vie personnelle d’Hubert (capitaine Dupont dans la nouvelle). Le côté hollywoodien se fait ressentir, mais à petite dose. Cela laisse l’histoire naviguer dans l’intime, au cœur de la rivalité entre Féraud et Hubert, dont la finalité est magnifique.

En résumé, Les Duellistes n’a pas pris de ride. Ridley Scott se montre un peu trop influencé par Stanley Kubrick, ce qui ne permet pas à ce film d’être spécial et incontournable. Cependant, il n’a pas à rougir d’être à ses côtés dans votre collection.

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. princecranoir dit :

    Pas revu depuis des lustres. Voilà une critique de haute tenue qui m’incite à repartir en campagne. 😀

    Aimé par 1 personne

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