Après Séance : Marie Stuart, reine d’Écosse

Marie Stuart, Reine d’Écosse est un biopic historique britannique réalisé par Josie Rourke.

Marie Stuart, déjà veuve à 18 ans de son époux, le roi François II, rentre en Ecosse. Elle compte y régner et fait valoir ses prétentions sur la couronne d’Angleterre auprès de la reine Elizabeth II.

Le film est consacré à la période 1560-1567, avant que Marie ne soit emprisonnée pour une captivité qui dura 18 ans jusqu’à son exécution.


Un script léger mais une réalisation correcte

Marie Stuart, reine d’Ecosse repose sur un script plutôt mince visant à montrer les aléas politiques entre les royaumes d’Ecosse et d’Angleterre. Les plans des paysages d’Ecosse et les costumes de des personnages de la cour sont assez réussis. Les rares scènes de bataille sont cependant un peu chiches. Le film fait l’impasse sur les 18 dernières années de la vie de Marie Stuart de son incarcération jusqu’à son exécution parce que représentant une menace (ce qui n’est pas du tout évident dans le film). Ce dernier est centré sur le personnage de Marie Stuart (Saoirse Ronan). Pourtant déterminée et d’un caractère bien trempé, la reine écossaise, une fois mariée, verra son pouvoir et sa position se réduire sans cesse comme « peau de chagrin » pour se retrouver complètement seule, rejetée par tous ses sujets.

Margot Robbie, presque méconnaissable dans le rôle d’Elizabeth II, est beaucoup moins visible à l’écran. Personnellement, la lecture des événements historiques m’a un peu surpris. Je m’attendais à une Elizabeth II plus dure et moins manipulée par sa cour . En revanche et au vu du film, on peut penser que l’attitude revendicative et l’intransigeance de Marie Stuart, y compris lorsqu’elle était seule et vulnérable, l’ont conduite à sa perte. La rencontre qui a lieu à son initiative avec Elizabeth est très révélatrice sur ce point.

L’influence des hommes et de la religion

Le film montre combien l’antagonisme entre les souveraines fut alimenté par les hommes de la cour et la religion. Depuis Henri VIII et la prise de distance avec Rome, les britanniques ont des problèmes avec la Papauté. Ils comptent gérer leurs affaires à la lumière de la religion anglicane. Dans un tel contexte où le spirituel et le temporel étaient étroitement liés, il était inconcevable que Marie Stuart, catholique dans l’âme ayant des vues, à terme, sur le Royaume d’Angleterre, constitue une menace à la fois politique et religieuse pour la couronne britannique résolument protestante.

La cour d’Angleterre n’aura de cesse que de cultiver les inimitiés entre les 2 femmes, intervenant même dans l’union de Marie Stuart et de Lord Darnley pour y semer la discorde. Cette même cour d’Angleterre encouragera les tentatives vaines de révoltes des protestants écossais fomentées par le demi frère de Marie et le clergé anglican.

La principale qualité de ce biopic assez moyen est donc de bien montrer comment ces deux souveraines entrées dans l’Histoire ont fait l’objet de manipulations et d’influences. Même couronnées reines et convaincues de leur pouvoir, elles exerçaient celui ci sous l’influence de leur entourage, exclusivement masculin.

Dagrey.

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