Critique : Les Deux Crocodiles (1987)

Les Deux Crocodiles est une comédie française écrite et réalisée par Joël Séria.

Dans le train, René Boutancard, chauffeur de taxi et tenancier d’un cabaret de striptease sympathise avec Émile Rivereau un « marchand de couleurs » de Saumur en qui il voit un pigeon potentiel et lui laisse sa carte. Émile se rend dans une maison de retraite pour saluer sa mère, mais celle-ci est inabordable et ingérable, il rentre en ville mais ne sait où dormir tous les hôtels affichant complet. En désespoir de cause il se rend à l’adresse donné par René…

Dernière collaboration entre Joël Séria (Les Galettes de Pont-Aven, C.. comme la lune) et Jean-Pierre Marielle. Les Deux Crocodiles fait partie de ces films très rares. Il n’a pas encore édité en DVD, et il ne passe jamais à la télévision. Le duo Marielle/Carmet sous le regard et la plume de Joël Séria, ça promet des situations improbables et des dialogues qui fusent.


Toute une époque !

Les premières minutes respirent les dernières bonnes heures de la comédie française, à l’image des personnages et de ses interprètes. Joël Séria dresse et oppose efficacement les portraits de René Boutancard (Jean-Pierre Marielle) et Émile Rivereau (Jean Carmet). On embarque aisément dans cette histoire complètement barrée. Le cinéaste français reste fidèle à sa toile de fond, à savoir la ruralité. Et comme à son habitude, il y installe des personnages haut en couleur. Les dialogues font déjà quelques belles étincelles.

L’atmosphère est franchouillarde à souhait, et les situations déjantées s’enchainent. On tombe très vite sous le charme de cette comédie qui appartient à un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître.

Une complicité inébranlable !

Comme à chaque fois chez Séria, Jean-Pierre Marielle campe un personnage cousu sur mesure pour lui. Il s’éclate de la première à la dernière minute, tout comme son ami Jean Carmet. Le duo fonctionne à la perfection, la malice épouse merveilleusement la tendresse.

A noter les présences hilarantes de Julien Guiomar (Les Ripoux), Dora Doll, Jean-Paul Farré ou encore Annie Savarin. Chacun apporte son petit moment absurde ou glauque pour nous faire rire.

Et au final, ça donne quoi Les Deux Crocodiles ?

C’est ce qu’on appelle une bonne comédie noire à la française. Joël Séria adore naviguer dans les campagnes les plus sombres où deux âmes perdues cherchent la lumière. Chacun va la trouver chez l’autre. De l’argent, des femmes et surtout de l’aventure sont les principaux rouages de ce road-movie, avec autour beaucoup de tendresse et de délires. Les Deux Crocodiles n’est pas aussi grandiose que Les Galettes de Pont-Aven et C.. comme la lune, mais il ne lui manque pas grand chose.

Surfant sur la simplicité et sur le talent de ses interprètes, Joël Séria livre une mise en scène grisonnante, d’où le contraste avec le final. Le long métrage tire principalement sa force dans les dialogues, les situation rocambolesques et du duo Marielle/Carmet. On pense évidemment au cinéma de Bertrand Blier.

En résumé, Les Deux Crocodiles nous rappelle à quel point le cinéma français avait de très grands acteurs, qui bénéficiaient d’excellents dialogues et des rôles complètement déjantés.

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