Critique : Triple Frontière (2019)

Triple Frontière est un thriller américain coécrit et réalisé par J.C. Chandor.

Santiago « Pope » Gomez lutte depuis des années contre le trafic de drogue en conseillant des polices locales en Amérique du Sud. Un jour, une de ses « indics », Yovanna, lui avoue où se cache un narcotrafiquant, Gabriel Martin Lorea, et ses millions de dollars. Ce dernier se terre dans une maison qui se situe à la triple frontière, un point géographique où se rejoignent le Rio Iguaçu et le Rio Paraná et qui marque la jonction des trois frontières entre le Paraguay, le Brésil et l’Argentine. Lorea a transformé sa maison en bunker et en coffre-fort géant pour les fruits de son trafic.

Santiago rentre aux États-Unis pour proposer à quatre de ses anciens frères d’armes de l’aider à faire des repérages de la maison de Lorea, située côté brésilien de la frontière, afin de permettre ensuite l’intervention de l’armée. Les cinq amis vont voir leur loyauté remise en question lorsqu’ils doivent faire tomber un baron de la drogue sud-américain. Ce qui ne sera pas sans de très lourdes conséquences. 


A l’origine, le projet devait être porté par Kathryn Bigelow et Mark Boal. Ils ont tous les deux travaillé ensemble sur Démineurs, Zero Dark Thirty et Détroit.  A ce moment là, Triple Frontière devait être tourné courant 2011. Tom Hanks et Johnny Depp sont les premiers acteurs à s’engager dans le projet. Kathryn Bigelow se retire finalement à cause d’une production trop lente. J.C. Chandor (Margin Call) la remplace, et souhaite Channing Tatum et Tom Hardy pour les rôles principaux. Les deux acteurs sont indisponibles, le tournage doit se démarrer en mai 2017. Tout est encore une fois stoppé, avant que Netflix ne reprenne les droits à la Paramount. Charlie Hunnam, Garrett Hedlund, Oscar Isaac, Ben Affleck et Pedro Pascal sont ensuite confirmés au casting. Le tournage démarre officiellement en mars 2018.

Un démarrage faiblard

Le réalisateur opte pour une ouverture classique et un rythme assez expéditif. Son cadre s’est montré plus inspiré, tout comme Ron Patane au montage. Les protagonistes sont posés de manière efficace, sans avoir un soupçon d’originalité. L’ambition du réalisateur n’est donc pas de nous offrir un grand film qui entrecroise les genres. Bien sûr, il est peut-être trop tôt pour tirer des conclusions dans les vingt premières minutes. Cela dit, J.C. Chandor passe après des films comme Sicario, qui figure parmi l’un des meilleurs films traitant des mercenaires. La comparaison ne peut être évité, même si le propos est différent. Le potentiel pour imposer de l’intensité d’entrée se fait sentir, mais le réalisateur veut avant tout nous présenter son groupe de mercenaires.

Oscar, Ben, Charlie et les autres

Le casting est clairement l’un des gros atouts du long métrage. Oscar Isaac collabore pour la deuxième fois avec J.C. Chandor, et signe une interprétation solide en chef de groupe. A ses côtés, Ben Affleck et Pedro Pascal (Game of Thrones) se montrent eux aussi convaincants.On peut regretter le « déjà-vu » concernant la composition des personnages.

Le duo Garrett Hedlund et Charlie Hunnam reste le plus attachant du groupe. On y croit à cette fraternité, et à leur quotidien hanté par des traumatismes. La touche féminine est assurée par Adria Arjona (True Detective).

Et au final, ça donne quoi Triple Frontière ?

Malgré quelques raccourcis et facilités, Triple Frontière se révèle un divertissement intéressant. J.C. Chandor nous a habitué par le passé à un cinéma posé et quelque peu contemplatif. Pour son premier « action movie », le réalisateur tire des ficelles connues, tout y incluant son amour pour les grands espaces et son sens de la critique. Toutefois, on regrette quelques aspects scénographiques et scénaristiques typiquement à l’américaine. Que ce soit pour les mercenaires, militaires ou contractors, il faut avoir le sens du détail pour éviter les incohérences. Malheureusement, J.C. Chandor semble être pris par temps, au vu du bâclage de séquences et du manque de relief concernant les personnages et les mises en situation.

Là où le long métrage se révèle pétillant, c’est au niveau de son hybridation des genres pour conclure vers une réflexion sur l’Amérique, le post-armée et surtout la cupidité de l’homme. L’épilogue est l’une des parties les mieux maitrisées du film. La photographie de Roman Vasyanov s’accorde à merveille avec le regard de Chandor.

La bande originale est intéressante sur le papier, mais elle est très mal exploitée. Les chansons se posent là où ce n’est pas réellement nécessaire, bien au contraire cela nuit au ton et au rythme du long métrage.

En résumé, Triple Frontière souffre de son aspect linéaire et de l’incrédibilité de certains rebondissements. Cependant, on sort de ce film en ayant le sentiment d’avoir été divertie.

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. Pour ma part, « Triple Frontier » est un très bon thriller d’action disposant d’une histoire intéressante, d’une intrigue captivante, et d’un développement actif mais incomplet. Le rythme est cohérent, le récit est fluide et la narration est linéaire. Les scènes d’action sont très bien orchestrées, reposant sur une photographie de qualité. La bande originale vient appuyer les moments de tension de manière agréable. La distribution offre de très bonnes prestations avec une mise en avant étonnante de certains acteurs par rapport aux autres. Un film qui s’avère être un divertissement très satisfaisant.

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