Après Séance : Stan & Ollie

Stan et Ollie est un film biographique américano-britannico-canadien réalisé par Jon S. Baird.

Durant leur tournée de 1953, Stan Laurel et Oliver Hardy se rendent peu à peu compte que leur popularité décline. De plus, des problèmes personnels influencent de plus en plus leur vie professionnelle.


Le week-end dernier, je suis allée voir un film qui m’intriguait. Un film dont je n’avais pas entendu la promotion. Un film qui ne passait que dans une salle (correspondant à mon abonnement) dans ma ville et qui plus est, n’avait que deux séances par jour. Il n’était, de toute façon, joué que dans trois salles sur toute la région lyonnaise et pour très peu de séances par jour.

Quelle bonne idée j’ai eu, ce dimanche ! J’ai assisté à un très beau spectacle. J’ai fais pas mal d’allers-retours du rire aux larmes en passant par le fameux « rire aux larmes ».

« Stan et Ollie » est un biopic qui raconte la fin du célèbre duo comique Laurel et Hardy. C’est une ode au cinéma en noir et blanc, un hommage à l’humour basé sur des gags « bon enfant » mais toujours efficaces.

Le film débute en 1937 par un long travelling sur nos deux stars qui les amène de leur loge sur le plateau de cinéma où ils tournent leur célèbre « Laurel et Hardy au Far-West ». Ils sont, à cette époque, au sommet de leur gloire et leurs principaux soucis sont la négociation de leurs salaires avec la compagnie, leurs loisirs (chacun les siens) et leurs affaires de cœur. Lors de cette scène d’ouverture, le décor est posé. Ce sont deux hommes qui travaillent ensemble et s’entendent bien mais pas ce qu’on pourrait appeler des amis. Ils sont très différents dans leur façon de voir la vie et leur carrière. Quoique leur goût pour les femmes les rapprochent (surtout leurs soucis de pensions alimentaires). Rapidement, nous nous retrouvons en 1953 où se situe l’action du film. En cette année, Stan et Ollie font une grande tournée en Angleterre et en Irlande pour essayer de reconquérir leur public. Leur côte de popularité est au plus bas en Amérique où ils ont été remplacés dans le cœur des gens par Abbott et Costello (les deux nigauds). Rude épreuve pour deux stars qui avaient réalisé un sans-faute au moment du passage au cinéma parlant. Leur manager leur a organisé cette « tournée de la dernière chance » mais sans faire une grosse promotion.

On voit donc ces deux géants du rire faire leur spectacle devant des salles à moitié vides puis prendre en charge leur propre promotion pour finir sur un final triomphal, malgré de gros soucis que je ne révélerai pas. Cela dit, cette tournée, réelle bien qu’assez méconnue du grand public, ainsi que ce semi-échec ont rapproché nos deux compères. Ils se rendent compte enfin, après avoir réglés certains conflits anciens, qu’ils s’aiment d’amitié et qu’ils ne peuvent exister, en tant qu’artistes, l’un sans l’autre. La fin est poignante. On sort de la séance bouleversé par toute cette énergie vitale qui est offerte au public qui ne sait pas à quel point ce spectacle est difficile à terminer physiquement. The show must go on !

Ce film est, pour moi, plein de poésie. La poésie de la nostalgie. Un charme à l’ancienne s’en dégage. On a l’impression de voir un film en noir et blanc.

La meilleure idée du réalisateur, Jon S. Baird, est, à mon sens, d’avoir inclus quelques-uns de leurs plus célèbres gags comme des passages de leur vie et non comme des extraits de leurs films ou spectacles. Comme cela, le spectateur est cueilli dans son petit confort d’observateur qui suit bien son film en ronronnant doucement. On est surpris (agréablement) la première fois puis on se met à redoubler d’attention pour ne pas rater le deuxième puis le troisième, etc…

Stan Laurel est interprété par Steve Coogan et Oliver Hardy par John C. Reilly. Leur maquillage, leur costume, leurs gestes les font ressembler à Stan et Ollie mais ce n’est pas le principal. Le principal c’est leur interprétation. Ils redonnent vie à leurs personnages. On ne voit pas deux acteurs jouant le rôle de deux vieux acteurs qui se produisent sur scène. On voit la vie et les spectacles de Stan et Ollie. Le film repose sur les épaules de Steve et John C comme les films de Laurel et Hardy reposaient uniquement sur les deux personnages qu’ils jouaient. Ils montrent parfaitement les échanges de rôle entre les deux personnes et leurs personnages. Dans les films, Laurel est le grand maigrichon un peu niais alors que Hardy est le gros gars qui dirige le duo. Alors que dans la réalité, c’était Stan le chef. Il écrivait les textes, préparait les gags et supervisait les scénarios et même le montage alors que Oliver se contentait de faire son métier d’acteur.

En voyant ce film, j’ai pensé à « The Artist » pour le côté hommage au cinéma en noir et blanc et au film « Chocolat » qui raconte aussi l’histoire de la gloire et la déchéance d’un clown.

Depuis que j’ai vu ce film, je n’ai qu’une envie, en savoir plus sur ce duo atypique. J’envisage d’acheter le livre « Laurel et Hardy, la véritable histoire » écrit par Roland Lacourbe (d’autant que nous sommes presque homonymes) et surtout, j’ai envie de voir et revoir leurs films dont j’avais vu un certains nombres, à la télévision, quand j’étais enfant.

Et si ce film (ou ma critique, mais je n’y crois pas vraiment) donnait à un cinéma l’envie de faire une rétrospective ???

Béatrice Lascourbas.

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. Dylan Malone dit :

    Je l’ai également bien aimé et trouvé bon. Touchant, bien écrit, une real efficace et belle, et un duo étonnant 💪

    Aimé par 1 personne

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