Critique : Closer, entre adultes consentants (2004)

Closer, entre adultes consentants est un film dramatique américain réalisé par Mike Nichols.

Larry, médecin, aime Anna, photographe, qui le trompe avec Dan. Alice, stripteaseuse, aime Dan, écrivain et manipulateur, mais le trompe quand même avec Larry. A un niveau extrême, deux hommes et deux femmes vont jouer le jeu pervers de la séduction et du désir. Alternant manipulations et trahisons, ils entament un diabolique chassé-croisé amoureux dont personne ne sortira indemne.


Ce qu’il faut savoir sur ce film :

– A l’origine, Closer, entre adultes consentants est une pièce de théâtre, écrite en 1997 par l’auteur britannique Patrick Marber. Ce dernier s’est d’ailleurs chargé lui-même de la réécriture de son scénario pour le cinéma.

– Cate Blanchett devait initialement tenir le rôle d’Anna finalement attitré à Julia Roberts. Eva Green avait un temps été pressentie pour interpréter le personnage tenu par Natalie Portman, mais elle se désista.

– Clive Owen a joué dans la pièce d’origine mise en scène par Patrick Marber en 1997. L’acteur britannique interprétait le personnage de Dan, joué dans le film par Jude Law.


Le retour du grand Mike Nichols !

Trente-sept ans après son chef d’oeuvre Le Lauréat, Mike Nichols replonge dans la complexité de l’amour et du désir. Dés le premier quart d’heure du film, on sent le cinéaste inspiré par le scénario, ses actrices et ses acteurs. Son cadre respire la maitrise, aussi bien sur l’aspect symbolique, qu’émotionnel. On retrouve le grand Mike Nichols ! Celui qui dont le regard était millimétré, où que chaque plan avait sa propre signification et baignait dans un souffle artistique total que cela s’imprimait instantanément dans notre cerveau.

A la différence du Lauréat où il travaillait d’entrée les retrouvailles, ici, Mike Nichols explore les premières rencontres, les premiers regards et les premiers mots. Il alterne différents rythmes, différents plans, différentes coupes, sans perdre le fil se son propos, bien au contraire. Les bouleversements et les émotions sont palpables, on y croit. La distribution brille d’entrée !

Un Quatuor flamboyant !

Chaque interprète trouve l’un des meilleurs rôles de sa carrière, c’est dire. Jude Law est impeccable en romancier séducteur, en quête d’un amour unique. Julia Roberts signe une interprétation magistrale, tout comme Natalie Portman. Les deux actrices surprennent autant qu’elles nous émerveillent de leur talent. Et pour finir, Clive Owen livre une prestation frontale où l’intensité nous offre des moments émouvants, glaçants et drôles.

A l’image de Mike Nichols, le quatuor est hautement inspiré, cela nous donne quatre performances inoubliables et des échanges riche en émotions.

Et au final, ça donne quoi Closer, entre adultes consentants ?

Il s’agit sans aucun doute d’un des meilleurs films de Mike Nichols. Le fond épouse intelligemment la forme, et vice-versa. Un accord parfait qui se reflète à chaque seconde du film, à chaque regard, chaque mot prononcé. L’amour et le désir s’entrechoquent dans un bouquet de larmes et de sourires. La nature humaine est présentée sans qu’elle soit véritablement jugée. Des faux-semblants hantent constamment le long métrage, ce qui amène à nous dévoiler la complexité des sentiments face au temps qui passe, aux rencontres et aux retrouvailles.

La mise en scène de Nichols n’avait pas été aussi bien aiguisée depuis un bail, peut être bien depuis Wolf en 1994. Tout en restant fidèle à sa manière de capter les corps et les mots, il amène un souffle moderne à sa scénographie. Il arrive à se démarquer de la pièce de théâtre, et son cadre justifie l’adaptation cinématographique. Le montage apporte une fluidité et une profondeur qui engloutissent le spectateur. La sensualité du cadre prend de l’étoffe grâce aux interprètes, aux dialogues et aux différents environnements.

De son côté, Patrick Marber signe un tortueux labyrinthe où les différents duos viennent effriter l’amour, la vérité, la fidélité, la complicité et la bienveillance. Le dramaturge jongle entre le romantisme et le drame de manière si précise, que cela épouse parfaitement avec la vision du réalisateur. On sent que les deux hommes ont collaboré étroitement sur ce long métrage.

En résumé, Closer, entre adultes consentants scintille à tous les niveaux. Mike Nichols et Patrick Marber ont signé un petit bijou plein de malice et d’intensité.

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