Critique : The Dirt (2019)

The Dirt est un film dramatique biographique américain réalisé par Jeff Tremaine.

Après avoir suivi les Jackass pendant plus de dix ans, le réalisateur Jeff Tremaine s’attaque à un biopic sur le groupe de hard rock américain Mötley Crüe pour Netflix. Le scénario est basé sur l’autobiographie du groupe. Forcément, cela attire notre regard et nos oreilles.

Mötley Crüe figure parmi les plus grands groupes de hard rock des 80’s, et recense aujourd’hui plus de 120 millions d’albums vendus à travers le monde.


Sex, drugs & rock’nroll

Dés les premières minutes, Jeff Tremaine affiche le ton du long métrage, avec son plan séquence nous montrant chaque membre du groupe baignant dans la cocaïne, l’alcool et la cyprine. Le réalisateur nous montre à la fois l’apogée, qui cache un déclin inévitable.

Après cette ouverture survoltée, on passe à l’origine du groupe. Comment tout cela à commencé ?! Jeff Tremaine casse le quatrième mur à travers chaque personnage, afin d’impliquer le spectateur d’entrée. Du fun, de l’ironie et encore du fun, c’est ce que l’on peut déjà entrevoir dans le premier quart d’heure.

Une distribution légèrement faiblarde

Netflix n’a pas misé énormément sur ce biopic, à l’image de ceux qui composent le casting. Bien sûr, ils n’ont pas non plus engagé des amateurs, mais plutôt sur des valeurs montantes (de la maison) pour les premiers rôles et des interprètes « télévisuels » plus aguerris. Dans l’ensemble, le mélange fonctionne pas trop mal.

Douglas Booth (Jupiter Ascending), Machine Gun Kelly (Bird Box), Daniel Webber (The Punisher) et Iwan Rheon (Game of Thrones) forment un quatuor globalement convaincant, même si on n’échappe pas à de l’approximation à certains moments.

Pete Davidson (Crazy Amy) se montre satisfaisant dans la peau du jeune producteur tout droit sorti d’une pub touristique 80’s pour le Touquet. David Costabile (Breaking Bad) est clairement l’acteur qui s’en sort le mieux dans ce film. Il incarne parfaitement le manager du groupe, l’ange gardien qui maintient le groupe en vie. Et pour finir, on a connu Kathryn Morris (Cold Case) plus inspirée.

Comme vous le constatez, la distribution manque quelque peu d’expérience sur le plan cinématographique. Cependant, ce film va certainement permettre à certains interprètes d’obtenir des rôles plus importants à l’avenir.

Et au final, ça donne quoi The Dirt ?

Loin d’être le biopic de l’année, The Dirt nous a fait passer un bon moment canapé. Jeff Tremaine ne bouscule pas les codes, bien au contraire. Un académisme qui dessert quelque peu la fougue et les excès des Mötley Crüe. La structure narrative se veut originale, sauf que ce n’est pas le cas. Un réchauffé qui passe, grâce à ses personnages attachants et un rythme suffisamment dynamique.

A travers sa mise en scène, Jeff Tremaine souffle le même état d’esprit qu’il y avait dans les Jackass. Survolté, violent et décomplexé, il entretient une cohérence dans son propos et dans le reflet que donne Mötley Crüe au public et aux médias. Le réalisateur alterne différents procédés dans sa scénographie, on peut y voir du plaisir ou bien du « m’as-tu vu ? ». En tout cas, cela nous offre des moments forts comme le délire dégueulasse d’Ozzy Osbourne, ou bien  la « journée type » de Tommy Lee. La direction artistique et la photographie sont soignées, mais ça reste justement « trop » propre pour donner du cachet à l’imagerie.

Au niveau de l’écriture, les scénaristes suivent le biographie du groupe à la lettre. Le mécanisme n’est pas neuf, mais il reste efficace. Il faut reconnaitre que le traitement de chaque membre du groupe s’avère équilibré, ce qui était loin d’être une tache facile. Les dialogues manquent de punch, ce qui dénote avec l’esprit dynamité des Mötley Crüe .

Pas de surprise concernant la bande originale, on retrouve les grands succès du groupe. L’utilisation reste classique, malgré un potentiel certain pour souffler de l’originalité dans la mise en scène.

En résumé, The Dirt se rapproche plus d’un épisode de la série Vinyl, que d’un grand biopic. C’est divertissant, parfois passionnant, mais ça cruellement d’originalité et d’un soupçon de liberté.

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