Après Séance : Bienvenue à Marwen

Bienvenue à Marwen est un drame biographique américain coécrit et réalisé par Robert Zemeckis.

Après s’être fait tabasser dans un bar, Mark Hogancamp est resté plusieurs jours dans le coma. À son réveil, il est frappé d’amnésie. Il va alors se créer un monde imaginaire, Marwen, un village belge fictif durant la Seconde Guerre mondiale. La création de ce village en miniature devient une obsession. Comme une auto-thérapie, Mark invente des lieux imaginaires qu’il peuple avec des poupées représentant principalement des femmes de son entourage et de son passé. Dans ce monde imaginaire, son alter ego Captain Hogie côtoie ainsi la sorcière belge Deja Thoris, GI Julie ou encore Caralala. Tout cela lui redonne la force physique et mentale nécessaire pour le retour à la réalité : Mark doit se rendre au procès de ses agresseurs.


Séance de rattrapage pour le dernier Zemeckis, qui comptait parmi mes grosses attentes de l’année. Le cinéaste américain accompagne ma cinéphilie depuis l’âge de quatre ans, c’était avec Retour vers le futur. Même si il se fait un peu plus discret que par le passé, Robert Zemeckis reste l’un des meilleurs réalisateurs américains. Il combine à merveille le spectacle, l’émotion, prouesses techniques, l’imaginaire et la réalité. Une recette qui a fait ses preuves avec Qui veut la peau de Roger Rabbit ? ou encore Forrest Gump.

Bienvenue à Marwen s’annonce comme un grand film, peut-être même le plus ambitieux depuis Contact. Réponse dans deux heures…


En route !

Pas de doute, on est bien chez Robert Zemeckis ! Sa séquence d’ouverture nous invite dans son cinéma. Soit tu acceptes d’y entrer, soit tu descends du train. En même temps, si tu es devant un film de Zemeckis, tu sais un peu à quoi t’attendre. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on en prend déjà plein les yeux. Une mise en scène toujours aussi fluide, innovante et immersive.

Immense Steve Carell !

Porté par la magie de Zemeckis et hautement inspiré par Mark Hogancamp, Steve Carell signe une interprétation lumineuse et extrêmement touchante. Je me demande comment les Golden Globes et les Oscars ont-ils pu autant snobé ce film et cette sublime prestation. Pour l’anecdote, sachez que pour ce rôle,  Leonardo DiCaprio était le premier choix de Robert Zemeckis.

Leslie Mann, Janelle Monáe (Moonlight), Diane Kruger (Inglorious Basterds), Gwendoline Christie (Game of Thrones) et Eiza González (Alita) apportent chacune leur petite part à la réussite du film. Je dis « petite » car les personnages féminins ne bénéficient pas de réelle approfondissement, au contraire de Mark Hogancamp.

Et au final, ça donne quoi Bienvenue à Marwen ?

N’y allons pas par quatre chemins, Robert Zemeckis signe l’un de ses plus beaux longs métrages, qui s’affiche parmi les meilleurs films de l’année. Le cinéaste américain nous offre un conte moderne qui respire la passion et la création.

Sa mise en scène est d’une virtuosité époustouflante, comme le laissait entrevoir le premier quart d’heure du film. Visuellement, c’est bluffant ! Encore une fois, Robert Zemeckis s’est surpassé pour nous conter cette histoire bouleversante. Les effets spéciaux se fondent parfaitement dans la démarche du cinéaste, grâce notamment à de l’intelligence dans le montage et les transitions. Le long métrage agît comme une vague de fraicheur, alors qu’elle aborde des thématiques complexes et dramatiques. Le réalisateur ne tombe jamais dans la surenchère ou s’enliser dans la dramaturgie. Son cocktail composé d’aventure, d’ humour, et de poésie retranscrit à merveille la tragédie et le psyché du héros.

Au niveau de l’écriture, on comprend pourquoi Robert Zemeckis a souhaité nous raconter cette histoire. Elle correspond en tous points à son cinéma. Bien sûr, le cinéaste s’est (parfaitement) approprié le propos à tous les niveaux. Toutefois, on peut juste regretter que l’épilogue soit quelque peu expéditif. Les personnages féminins auraient peut-être mérité un peu plus d’importance. Les métaphores sont assez subtiles dans l’ensemble, et favorisent le message principal que veut faire passer Zemeckis et sa coscénariste Caroline Thompson : L’Art peut aider à guérir. Bienvenue à Marwen peut également faire du bien à ceux qui le visionnent, et il a peut-être fait du bien à ceux qui ont participé à sa création.

La bande originale d’Alan Silvestri colle toujours aussi bien aux images de Zemeckis. Les compositions alternent suivant les différentes émotions et l’action à l’écran.

En résumé, Bienvenue à Marwen est un nouveau petit bijou qui vient dans les filmographies de Robert Zemeckis et Steve Carell. Une ode de fraicheur, d’audace et d’intelligence que l’on vous recommande chaudement.

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s