Critique : Serenity (2019)

Serenity est un thriller américain écrit et réalisé par Steven Knight.

Baker Dill est le capitaine d’un navire de pêche qui a du mal à joindre les deux bouts, à cause de son obsession d’attraper un thon hors norme dans les eaux de Plymouth. Un jour, il recontacté par Karen, son ex-femme. Cette dernière lui demande de venir la sauver, elle et leur fils Patrick, de son nouveau mari violent. Karen supplie Baker pour qu’il organise une sortie en mer, au cours de laquelle il serait livré aux requins.


Cinq ans après Locke, Steve Knight revient derrière la caméra (et la plume) avec Serenity. Le synopsis apparait anodin, mais le casting est alléchant. Cela n’a pas empêché le long métrage d’être très mal accueilli aux États-Unis.


Steven Knight et Matthew McConaughey sonnent le « déjà-vu » !

Dés les premières minutes, le réalisateur ne cache son envie de réchauffer le film noir, avec Matthew McConaughey qui est un habitué du genre. Steven Knight s’appuie à outrance sur l’acteur et ses rôles précédents (Mud, Paperboy ou encore Killer Joe). La recette est suffisamment efficace, mais ça manque terriblement d’originalité sur la composition de Baker Dill, aussi bien à l’écrit que dans l’interprétation.

On a donc un premier quart d’heure séduisant à défaut d’être totalement original. L’intrigue et la mise en scène entretiennent un mystère autour de Baker Dill et de l’île Plymouth.

Un quatuor sous-exploité

Steven Knight a misé sur une distribution prestigieuse qui fait revivre deux tandems (McConaughey/Hattaway pour Interstellar et McConaughey/Hounsou pour Amistad). Ce qui est sûr, c’est que chaque interprète est content d’être là. Les interprétations restent convaincantes, même si les personnages sont lisses sur le papier. Steven Knight n’a fait esquissé les protagonistes, sans leur donner le relief nécessaire qui aurait donné du poids à l’intrigue et au long métrage dans son ensemble. Au lieu de ça, le réalisateur mise uniquement sur le savoir-faire de son casting, sans lui donner les clés pour exprimer tout son potentiel.

Matthew McConaughey ressort une nouvelle fois l’interprétation du sudiste tourmenté. Heureusement que son personnage emprunte un virage intéressant, qui amène à une légère inspiration pour l’acteur.

De son côté, Anne Hattaway se voit étiqueté un rôle qui ne rend pas vraiment hommage à son talent d’actrice. Sa partenaire Diane Lane n’est malheureusement pas mieux servie. Et pour finir, Jason Clarke et Djimon Hounsou n’ont rien à se mettre sous la dent non plus.

Bref, Steven Knight affiche une belle vitrine qui se révèle quelconque de plus près.

Et au final, ça donne quoi Serenity ?

Si seulement Steven Knight avait pris un peu plus son temps pour éviter les facilités et les maladresses, Serenity aurait peut-être été une œuvre du même calibre que Locke, voir plus. Malheureusement, le long métrage restera anecdotique malgré des qualités et intentions louables.

Bien que convenue, la mise en scène se démarque légèrement par sa photographie et ses décors. Le montage et les transitions ne sont réellement en adéquation avec le propos, et empiète même sur le dénouement final.

A défaut d’avoir de vrais personnages, l’intrigue se révèle intéressante sauf qu’elle souffre d’un final trop explicatif. L’ambition de Steven Knight est sincère, mais elle est égratignée par les nombreuses faiblesses de son script.

En résumé, Serinity n’a pas le capitaine qu’il mérite.Seul, Steven Knight gâche ses sincères intentions avec de multiples errances scénaristiques et une scénographie trop académique.

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Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. Pour ma part, « Serenity » est un film étrange dont l’histoire évolue bizarrement pour prendre une coloration de science-fiction. L’intrigue se transforme du film noir vers un récit issu de l’imaginaire. Le développement est particulièrement inattendu et désorientant. Le rythme est correct, le récit manque de fluidité dans sa dernière partie, mais la narration est linéaire. La photographie est somptueuse, l’édition offre un métrage serré et la bande originale est très agréable. La distribution offre d’honorables prestations et on appréciera au passage la plastique avantageuse de Matthew McConaughey. L’ensemble est saugrenu et on termine la séance abasourdi, ne sachant pas réellement quoi en penser….

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