Après Séance : Du miel plein la tête

Du miel plein la tête est un film dramatique américain coécrit et réalisé par Til Schweiger.

Nick et Sarah vivent près de Londres avec leur fille de 10 ans, Tilda. Ce couple, qui connait pas mal de problèmes, va devoir accueillir Amadeus, le père de Nick. Ce dernier, veuf depuis peu, est atteint de la maladie d’Alzheimer et ne peut plus vivre seul. Amadeus va ensuite partir en voyage à Venise, sur les traces de son passé, avec sa petite-fille.


J’ai mis beaucoup de temps avant de me décider à écrire cette critique. J’hésitais…

Le film est-il bon ou mauvais ? Dois-je me baser sur mon ressenti ou sur les qualités purement cinématographiques de ce film ? Les critiques cinématographiques (autant que les critiques spectateurs) sont tellement contradictoires les unes avec les autres…

Finalement, je vais faire une après-séance « avec mon cœur » pour un film qui a été écrit et réalisé « avec le cœur » par Til Schweiger ».

Til Schweiger est un acteur, producteur et réalisateur allemand qui fait ici un auto-remake de son film « Honig im Kopf ». Ce film c’est un conte mais c’est aussi et surtout une pensée pour son grand-père, pour tous les malades d’Alzheimer et pour les familles des patients qui sont bien souvent perdues face aux changements de leur proche et si peu soutenues par le système médical.

Pour ce remake hollywoodien, Til Schweiger a « mis le paquet ». Dans le rôle d’Amadeus, le grand-père, nous avons un Nick Nolte impérial au sommet de son art dont son partenaire Matt Dillon dit : « Il a un don que peu d’acteurs ont, il dégage naturellement de l’empathie, cela vient naturellement ». Et c’est un fait. On a de l’empathie pour Nick Nolte. On imagine sa vie, avant la maladie, puis le soutien de son épouse jusqu’à sa mort, pour constater la déchéance dans laquelle il tombe sans avoir la moindre chance de la limiter. Cette empathie totale est représentée par sa petite-fille, Tilda, jouée par la propre fille de Nick Nolte (Sophia Lane Nolte). Ce choix d’actrice donne une note tellement réaliste à leur complicité. Ils jouent, dans tous les sens du terme, ils se font plaisir et nous font plaisir. Dans la version originale Til Schweiger avait dirigé sa propre fille pour ce rôle et il avait trouvé « qu’on vivait des moments privilégiés quand on tournait avec son propre enfant ».

Les parents de Tilda sont joués par Matt Dillon (Nick) et Emily Mortimer (Sarah). J’avoue m’être très peu intéressée à leurs problèmes de couple qui, selon moi, sont secondaires, ils sont juste présents pour faire comprendre au spectateur qu’on ne choisit pas le moment où il va falloir s’occuper de notre parent malade et que ce n’est jamais le bon moment dans notre vie pour le faire. Nick est le fils d’Amadeus. Jusqu’à la mort de sa mère, il ne se doutait même pas que son père était malade. Elle gérait tellement bien la maladie de son mari que personne ne s’en était vraiment aperçu.

Je ne raconterai pas ce film qui nous mène, tout de même, de la banlieue de Londres jusqu’à Venise. Je m’attacherai surtout à dire comme ce film m’a parlé de mon père. Il est mort il y a 15 ans et était atteint d’Alzheimer. Et non, ma famille n’était pas préparée à cette maladie. Et non, notre mère n’a pas pu tout gérer tout le temps. Et oui, il se perdait, ne nous reconnaissait pas, s’énervait quand on le contrariait ou qu’on ne le comprenait pas. IL nous arrivait aussi de rire tellement ces bourdes étaient énormes. Et oui, il pleurait aussi sur lui quand il avait des bouffées de clairvoyance. Ce film, m’a fait revivre toute cette période de ma vie. Ce qui pour moi est une qualité énorme. J’ai ri des bourdes plus ou moins importantes d’Amadeus. J’ai pleuré souvent. J’ai ressenti l’embarras de Matt Dillon. Et surtout j’ai vécu les questionnements de cette petite fille concernant cette maladie.

L’histoire est un joli conte puisque Tilda décide d’accompagner son grand-père pour un dernier voyage dans ses souvenirs heureux. On n’imagine pas un seul instant qu’une enfant de 10 ans puisse gérer un tel voyage, seule avec un parent malade et surtout ingérable. On se dit également que pour prendre l’Orient-express et loger dans un hôtel aussi luxueux que celui du film, il faut avoir un compte en banque bien garni. Mais on se laisse prendre parce qu’on aimerait avoir fait tout ça pour son père (à moindre frais, cela va sans dire). On aimerait avoir retrouvé une lueur de vie dans ses yeux. On aimerait lui faire plaisir.

On est ému, on rit, on pleure, qu’on ait ou non, un parent atteint de cette maladie dégénérative de notre siècle qui touche de plus en plus de monde en raison du vieillissement global de la population. C’est un film informatif et surtout plein d’émotion. Et comme je l’ai déjà dit, pour moi, le cinéma ce sont avant tout des émotions. Selon ce critère qui est le mien, ce film est un film réussi.

Pour mémoire, et sur le même thème, je citerai également le film « l’Échappée belle » de Paolo Virzi avec Donald Sutherland et Helen Mirren et « La Finale » de Robin Sykes avec Thierry Lhermitte et Rayane Bensetti qui était aussi fort bien réussis, selon mes critères émotionnels.

Béatrice Lascourbas.

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