Critique : Richard au pays des livres magiques (1994)

Richard au pays des livres magiques est un film d’aventure américain mêlant animation et prises de vues réelles, réalisé par Pixote Hunt et Joe Johnston.

Richard Tyler (Macaulay Culkin), un jeune garçon timide, binoclard, très peureux et assez solitaire, est le souffre-douleur de sa ville entière dont tous les autres enfants. Pour se protéger d’un orage, il pénètre dans une bibliothèque déserte et se retrouve entraîné dans un univers animé et féerique sous la houlette du bibliothécaire, M. Dewey (Christopher Lloyd). Dans ce monde surnaturel, les personnages légendaires des classiques de la littérature prennent vie. Richard fait la connaissance du tristement célèbre Dr Jekyll et M. Hyde, rencontre Moby Dick, côtoie les fourbes pirates de L’Île au trésor et affronte un gigantesque dragon cracheur de flammes. Guidé par un trio de livres parlants, l’Aventure, la Fantaisie et l’Horreur, Richard doit vaincre ses pires craintes s’il espère revenir dans son monde.


Après avoir connu un vif succès commercial et critique avec Chérie, j’ai rétrécie les gosses, le réalisateur Joe Johnston est considéré comme un jeune cinéaste prometteur, notamment pour la firme Disney. Il se voit alors confier la mise en scène des Aventures de Rockeeter, adapté du comics Rocketeer de Dave Stevens. Le film ne rencontre pas mal de même succès au box office, mais les critiques sont plutôt bonnes lors de sa sortie.

Le réalisateur quitte Disney pour la 20th Century Fox, qui souhaite produire un long métrage dans la veine de Qui veut la peau de Roger Rabbit ? pour ainsi rivaliser avec un certain studio nommé Pixar. Ce dernier prépare un long métrage (Toy Story) qui promet de révolutionner le cinéma d’animation.

Richard et le Secret des livres magiques a bénéficié d’un budget de 21 millions dollars, de trois scénaristes et de deux réalisateurs. La distribution compte tout de même Macaulay Culkin, Christopher Lloyd, Patrick Stewart, Leonard Nimoy ou encore Whoopi Goldberg. La Fox se voulait ambitieux et comptait bien se faire une place dans le cinéma d’animation. Malheureusement, il faudra attendre L’âge de Glace en 2002 pour voir enfin un film d’animation original, écrit et réalisé sérieusement. Vous l’avez peut-être déjà compris, Richard et le Secret des livres magiques n’est pas un grand film d’animation et il a pris sérieusement la poussière.


Le malaise d’entrée !

Apparemment, les scénaristes et les réalisateurs ont oublié qu’avant leur film, le cinéma avait eu le droit à L’histoire sans fin, Qui veut la peau de Roger Rabbit ? ou encore Aladdin. Dés les premières minutes, on a l’impression d’être face à un téléfilm. La mise en scène est fade, et ne respire pas réellement la passion pour l’histoire et son potentiel. Le rythme est expéditif au possible, ce qui amène une non-construction des protagonistes. Pixote Hunt et Joe Johnston ne montrent pas une once d’originalité dans la mise en scène, à part la transition prises réelles et animation. On se doute que des cinéastes tels que Chris Colombus, Robert Zemeckis ou Joe Dante auraient fait largement mieux.

Le premier quart d’heure ne donne pas l’envie de continuer, car on sait déjà comment tout ça va finir…

Le début de la fin pour Macaulay Culkin

A l’image de son interprétation catastrophique, Macaulay Culkin trouve ici l’un de ses derniers (grands) rôles de sa carrière. Jamais, le jeune acteur ne montre la moindre conviction dans son jeu et son personnage. Il apparait complètement déconnecté.

Christopher Lloyd est sous-exploité, et à peine dirigé. Heureusement que le doublage dans les séquences d’animation relèvent un peu le niveau.  On n’a rien à se mettre réellement sous dent, ce qui est, au vu du prestige de la distribution, une déception.

Et au final, ça donne quoi Richard au pays des livres magiques ?

Comment qualifier ce film sans être trop méchant ? Disons que ce long métrage est proche du nanar. Son manque de créativité et de professionnalisme le plonge dans les bas fonds du cinéma d’aventure et de l’animation.

La mise en scène reflète les carences scénaristiques et une production fantomatique. Comment ont-ils pu valider un tel film lors des projections tests ? Bien sûr, nous n’avons pas tous éléments concernant les coulisses de la production du film. Mais il est clair qu’il y a des aspects troublants et rageants qui transpirent de ce long métrage. On a l’impression que toute à l’épique a souhaité vite en finir avec ce Richard au pays des livres magiques, à l’image du bâclage général dans scénographie. Pas de rythme ou presque, aucune originalité, et un cadre qui erre parmi les décors et les interprètes. Aucune ingéniosité dans la manière d’amener les émotions ou bien les grands classiques de la littérature. Tout est balancé à l’arrache.

En ce qui concerne le scénario, on se demande pourquoi trois personnes ?! Au vu de la facilité enfantine qui englue le propos. Les références littéraires ne sont pas traitées par des passionnés, cela crève les yeux. Les personnages sont stéréotypés au possible et leur développement  ne permet pas de s’y attacher. Sans oublier, la façon dont ils sont interprétés…

Seul qualité notable du long métrage, c’est la bande originale de James Horner. Dommage que les images ne sont pas aussi épiques que les envolées du compositeur.

En résumé, Richard au pays des livres magiques ne mérite pas que l’on s’y attarde. Un long métrage qui s’est perdu entre ses ambitions et ses réelles capacités. On ne cracherait pas sur un remake.

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