Critique : Hellboy (2004)

Hellboy est un film de super-héros américain écrit et réalisé par Guillermo Del Toro.

En 1944, le jeune Professeur Trevor « Broom » Bruttenholm assiste à une opération nazie appelée Ragnarök, dirigée par Grigori Raspoutine, avec l’aide de la Société Thulé. Cette opération consiste à libérer « l’Ogdru-Jahad », entités monstrueuses prisonnières dans l’espace profond, pour gagner la guerre, selon les ordres du Führer. Mais grâce aux soldats américains, l’opération échoue, Raspoutine est absorbé par l’enfer et libère un petit démon rouge avec un gros bras en pierre qui possède les mêmes capacités que le gant de la machine. Broom l’adopte et le nomme Hellboy.

60 ans plus tard, Hellboy fait partie du BPRD pour Bureau for Paranormal Research and Defense (Bureau de Recherche et de Défense Paranormales). Il doit contre son gré faire équipe avec John Myers, un jeune agent du FBI, et avec Abe Sapien, un autre agent du BPRD, – qui ressemble étrangement à un poisson. Ils enquêtent ainsi sur l’apparition de Samaël, le cerbère de la résurrection. Celui-ci a été ressuscité récemment par Raspoutine, qui fut lui aussi ressuscité par deux nazis présents lors de Ragnarök : Ilsa Haupstein, une femme à qui il a fait don de la vie éternelle, et Karl Ruprecht Kroenen un « mort-vivant » adepte des sabres et autres objets tranchants, ancien tueur numéro 1 d’Hitler. Raspoutine a alors besoin de Hellboy pour renouveler l’expérience de Ragnarök.


Après avoir obtenu un joli succès avec Blade II, Guillermo Del Toro met à nouveau le couvert pour un autre super-héros. Cette fois-ci, il s’attaque à l’adaptation de la série du comic-books Hellboy créée par Mike Mignola en 1994.

A l’époque, le cinéaste mexicain refuse des projets ambitieux comme la suite Blade: Trinity, Alien vs. Predator et Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban. Sa seule envie est de porter la mythologie Hellboy au cinéma.


En avant les méchants !

Dans son ouverture, Guillermo Del Toro nous invite efficacement dans un univers qui combine celui de Mike Mignola et le sien. Il présente tout d’abord le contexte historique, les antagonistes et l’arrivée d’Hellboy. Une séquence sombre et fluide qui nous amène à penser que l’on va peut-être assister à un très bon divertissement.

L’ellipse des 60 ans conduit à un changement radical d’ambiance. Guillermo Del Toro met en avant les médias, la télévision et l’évolution des services secrets. Hellboy est devenu un adulte tout en ayant garder une part de son âme d’enfant. Le professeur Broom incarne la sagesse, et qui transmet sa philosophie et sa culture à Abe Sapien, une créature amphibienne dotée de capacités de perceptions extra-sensorielles.

En l’espace d’une vingtaine de minutes, on perçoit la volonté du cinéaste à nous offrir un divertissement grand public, tout en y incluant une profondeur psychologique et sociétale.

Exit Vin Diesel !

Au départ, le studio cible Vin Diesel pour le rôle-titre. Cependant, Guillermo Del Toro et Mike Mignola ne voient qu’un seul acteur idéal pour camper Hellboy, en la personne de Ron Perlman. Le résultat final leur a donné raison, puisque l’acteur américain livre une interprétation impeccable. Une icône qui se révèle dés sa première apparition, notamment grâce à la direction du cinéaste et, évidemment la composition de Perlman.

Doug Jones et David Hyde (voix) rendent Abe Sapien attachant, dommage que le personnage ne soit pas plus important dans l’intrigue. Heureusement, Guillermo Del Toro a rectifier le tir dans Hellboy 2 : Les Légions d’or maudites.

Selma Blair se montre particulièrement convaincante dans la peau de cette femme « maudite ». Sa mélancolie et son instabilité sont efficacement retranscrites par l’actrice.

Karel Roden est solide en Raspoutine. Guillermo Del Toro exploite à merveille le physique et la voix de l’acteur pour iconiser l’antagoniste.

Pour le reste, on retient surtout John Hurt en professeur qui fait office de père adoptif à Hellboy.

Et au final, ça donne quoi Hellboy ?

Quinze après sa sortie en salles, Hellboy reste un très bon divertissement dans le domaine des super-héros au cinéma. Une adaptation qui est fidèle aux comics, avec le souffle spectaculaire de Guillermo Del Toro. Ce dernier prouve une nouvelle fois son aisance dans le fantastique, et son savoir-faire en matière de divertissement grand public.

Le long métrage doit sa fluidité à la mise en scène et l’écriture de Guillermo Del Toro. Comme pour Blade II, il sait orchestrer l’action, tout comme les moments plus intimes pour approfondir l’univers du comic-books. Le cinéaste se permet quelques fragments horrifiques bien sentis. Visuellement, le duo Del Toro/Navarro nous offre des plans sublimes. Les couleurs sont très appuyées, ce qui contraste avec la noirceur qui entoure les héros. Dans l’ensemble, les effets spéciaux restent de bonne facture. Les scènes de combats sont à la fois lisibles et vibrantes.

En ce qui concerne le scénario, la structure reste classique à l’image de l’intrigue. Cependant, les dialogues et les personnages apportent un certain relief. Guillermo Del Toro se permet quelques facilités en ce qui concerne l’humour et la première vraie rencontre avec les habitants de la ville. Une légèreté qui peut s’expliquer pour convaincre un large public ainsi que les producteurs. Les thématiques peuvent sonner le « déjà-vu » aujourd’hui, sauf que ce film a quinze ans. Il a clairement influencé les autres films de super-héros post-2004, tout comme la trilogie Spider-Man de Sam Raimi ou bien les X-Men de Bryan Singer.

Au niveau de la musique, Marco Beltrami signe un score épique. Danny Elfman avait composé pour Tim Burton par le passé. On reconnait clairement les influences du compositeur américain, on pense évidemment à Danny Elfman (Batman) et Jerry Goldsmith (The Shadow). On a des morceaux qui épousent l’action et la badass attitude d’Hellboy, puis on a des pistes plus douces, plus mélancoliques pour Liz.

En résumé, Hellboy aurait pu être un chef d’oeuvre si Guillermo Del Toro ne s’était pas autant plier au cahier des charges de la production. Cependant, le cinéaste mexicain nous offre un très bon film de super-héros.

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Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. couriretlire dit :

    La bande-annonce du prochain au cinéma… m’a laissé plus que perplexe 🤔

    Aimé par 1 personne

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