Critique : La Planète au trésor (2002)

La Planète au trésor : Un nouvel univers est le 77e long-métrage d’animation et le 43e  « Classique » des studios Disney.

Jim Hawkins est un jeune homme qui rêve d’aventure depuis tout petit. Un jour, un reptile humanoïde gravement blessé atterrit près de l’auberge de sa mère et lui remet un drôle d’objet en forme de sphère avant de mourir. Il est bientôt suivi par une horde de pirates et Jim, sa mère et le docteur Doppler, un client de l’auberge et ami de la famille, sont obligés de s’enfuir. L’auberge est détruite. Jim découvre alors que la sphère est en fait la carte du « Butin de mille univers » du plus célèbre pirate de tous les temps, le Capitaine Nathaniel Flint. Le docteur Doppler décide de monter une expédition pour retrouver cette planète. Arrive le jour du départ. Jim monte en tant que mousse sur le HMS Héritage du Capitaine Amélia; il doit assister le cuisinier, John Silver, un cyborg. Une relation paternelle va se créer entre ces deux personnages, John Silver comblant le manque affectif causé par l’abandon de son père. Mais Jim va bientôt s’apercevoir que celui-ci est à la tête d’une mutinerie pour récupérer le trésor.


Ce qu’il faut savoir sur ce film :

La Planète au trésor est une adaptation de L’Île au trésor, le roman d’aventure de Robert Louis Stevenson publié en un volume en 1883. L’ouvrage a déjà suscité de nombreuses adaptations cinématographiques parmi lesquelles on peut citer L’ Ile au trésor de Victor Fleming, L’ Ile au trésor de John Hough avec Orson Welles ou L’ Ile au trésor de Raoul Ruiz.

– A la réalisation, on retrouve l’un des duos forts des studio Disney avec Ron Clements et John Musker. Ils ont notamment réalisé Aladdin, Hercule ou encore Vaiana.

– Le long métrage a demandé près de quatre ans et demi de travail pour sa conception et pour le première fois dans le domaine de l’animation au cinéma, les couleurs ont été créées par ordinateur.

A l’époque de sa sortie, j’avais 14 ans et je me souviens que ce film n’avait pas connu le succès espéré par les studios Disney. La raison est peut-être qu’il ne ressemble pas aux autres grands classiques des années 1990. La Planète au trésor se veut plus mature que Aladdin ou Hercule, ce que l’on peut constater dés le premier quart d’heure du film. Une ambition qui s’était déjà frayé un chemin avec Dinosaure (2000) et Atlantide, l’empire perdu (2001). Disney veut donner un nouveau souffle à ses films, à travers de nouvelles prouesses visuelles et des relectures originales. Malheureusement, La Planète au trésor a été un petit échec au box office lors de sa sortie en salles.


Une grande et belle aventure s’ouvre à nous

Ron Clements et John Musker démarrent leur long métrage en nous présentant le petit Jim, rêveur et passionné par les histoires de pirates et de trésor. Une manière efficace de nous rappeler l’enfant que l’on était, celui qui en prenait plein les yeux devant Aladdin et Hercule. Les réalisateurs s’adressent à tous les amoureux d’aventure, et plus particulièrement ceux qui ont grandi avec leurs films. Une impression qui se confirme avec l’ellipse de 12 ans, où l’on retrouve Jim en jeune homme.

Le côté aventure/pirate prend parfaitement avec celui de la science-fiction à la Flash Gordon. Un cocktail qui fonctionne d’entrée et qui nous propose un nouvel horizon pour l’œuvre de Robert Louis Stevenson. Visuellement, c’est à la fois somptueux et méticuleux. L’animation est fluide et dynamique. On embarque aisément dans l’aventure, même quand on a la trentaine au compteur.

Comment ne pas s’attacher à tout ce petit monde ?!

Comme pour la plupart des films Disney, et surtout ceux de Ron Clements et John Musker, on a le droit à des personnages attachants et facilement identifiables. Un savoir-faire qui perdure et qui une nouvelle fois se confirme avec La Planète au trésor.

En commençant par le héros, Jim Hawkins. On retrouve les caractéristiques classiques de l’adolescent rebelle et intrépide. Il défie l’autorité et a des envies de vivre quelque chose d’incroyable. Le parallèle avec Aladdin et Hercule crève les yeux. Et évidemment la recette fonctionne toujours, surtout aux côtés de Long John Silver. Ce dernier est certainement le maillon fort chez les personnages. Il bénéficie d’une réactualisation qui fait mouche aussi bien physiquement, que moralement. Le mystère qui l’entoure attise notre curiosité, tout comme celle de Jim Hawkins. La relation entre les deux personnages est très touchante.

Morphy est une créature à la fois fascinante, drôle et attachante. Là aussi, on pense à Iago dans Aladdin. Il joue le rôle du liant entre Silver et Hawkins, d’où naitra un dilemme émouvant pour ce petit bout de gélatine rose.

La Capitaine Amélia et le Docteur Doppler forment le duo romantique de l’intrigue. Elle incarne la droiture et la félinité, tandis que lui est désordonné avec un physique proche du chien.

Et pour finir, Scroop est un vilain pur et dur qui s’oppose souvent au commandement de Silver. Le robot B.E.N. manque un peu d’originalité. Le côté déjanté et maladroit sonne le déjà-vu.

Et au final, ça donne quoi La Planète au Trésor ?

Quel voyage ! Le film approche les vingt ans d’existence, et il est très loin d’avoir pris la poussière. Ron Clements et John Musker signent un petit bijou mésestimé, qui est reconnu à sa juste valeur avec le temps. Autant être direct, La Planète au trésor n’est pas du même niveau que Hercule ou Aladdin, mais il s’en approche.

Tout d’abord, l’esthétique montre bel et bien les avancées importantes en matière de cinéma d’animation. Comme pour leurs précédents films, Ron Clements et John Musker conservent les fondamentaux de l’animation, tout en y incluant de la nouveauté. Les images de synthèses épousent parfaitement le dessin traditionnel, ce ouvre clairement la porte vers la 3D. Une restauration du long métrage avec une version 3D pourrait apporter une expérience plus intense au visionnage. Les scènes épiques prendraient encore plus relief, car le spectacle est déjà à couper le souffle. Le rythme est subtilement équilibré, à l’image de la combinaison entre l’âge d’or de la piraterie et la science-fiction. Une générosité sur la forme, qui arrive quasiment à gommer les failles scénaristiques.

Le script brille sur de nombreux aspects, comme la relecture quasi-intégrale de L’île au Trésor ou encore les différentes thématiques abordées. Évidemment, on retrouve les engrenages classiques de Disney avec l’amitié, l’amour, la passion, la quête identitaire et le rêve. Sauf que cette fois-ci, Ron Clements et John Musker s’appuient avec intelligence sur Jim Hawkins et Long John Silver. Le premier voit en l’autre le père qu’il n’a jamais eu. Une caractéristique qui fonctionne parfaitement, et qui embrasse celle que Silver voit en Hawkins l’ami (ou le fils) qu’il n’a jamais eu. Le suspens est rondement mené, à l’image d’un climax émouvant.

Toutefois, on regrette la manière dont l’humour a été implanté dans l’intrigue avec notamment B.E.N. qui ne correspond pas vraiment avec l’atmosphère et l’ambition de départ. Ce long métrage est destiné aux adolescents, l’humour se devait être plus noir, plus cinglant… Bref, des punchlines à la Pirates des Caraïbes. D’ailleurs, il manque peut-être aussi un alternatif au duel à l’épée, car c’est aussi ça les pirates.

James Newton Howard signe l’un de ses plus beaux scores. Une bande originale en adéquation parfaite avec l’univers et les personnages du film. Le compositeur s’est toujours montré très inspiré par le cinéma d’animation chez Disney.

En résumé, La Planète au trésor est un beau film d’aventure comme on en voit peu aujourd’hui. C’est pourquoi, il mérite d’avoir sa version live avec un réalisateur de la trempe de Gore Verbinski.

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. Arthur Dupont dit :

    « Malheureusement, La Planète au trésor a été un petit échec au box office lors de sa sortie en salles. » Ça me fait mal de le dire parce que c’est mon Disney préféré, mais ç’a été plus qu’un petit échec, ne parvenant même pas à rembourser son budget initial qui était déjà exorbitant ; le contexte dans lequel il est sorti y étant pour beaucoup…
    Certainement un des moins connus des classiques Disney et un des plus sous-estimés, ça me fait chaud au cœur de lire une critique prenant sa défense !

    Aimé par 1 personne

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