Critique : 600 kilos d’or pur (2010)

600 kilos d’or pur est un film d’aventure français écrit et réalisé par Eric Besnard.

L’histoire est celle d’un groupe de quatre hommes et une femme qui s’attaquent au produit d’une mine d’or en Guyane. Leur but : s’emparer de près de 600 kilos d’or pur en lingots. Après le vol, la fuite en hélicoptère pour rejoindre le Brésil est interrompue et l’hélicoptère doit se poser dans la jungle. L’important trésor dérobé et surtout le poids qu’il pèse deviennent un fardeau à transporter dans ce milieu hostile…


A première vue, 600 kilos d’or pur apparait comme un vibrant hommage au cinéma d’aventure français des années 60. La bande annonce rappelle les grands films de Verneuil et Enrico.

On peut déjà dire chapeau à Eric Besnard et son équipe pour s’être lancés dans un tel film avec un budget de 18 millions d’euros. La distribution est séduisante car elle réunit des acteurs confirmés, avec à sa tête Clovis Cornillac.

Lors de sa sortie en salles, le film a totalisé 1.2 millions d’entrées. Les critiques n’ont pas été tendres, en qualifiant le long métrage de déception et de gâchis.

600 kilos d’or pur est proche de fêter ses 10 ans, ce qui nous a donné envie de nous plonger en pleine jungle, et ainsi nous faire notre propre avis sur ce film.


Un peu trop décontracté…

Dés l’ouverture, on a déjà quelques réticences sur la musique du film de Christophe Julien. Celle-ci est bien trop légère pour donner un relief plus dramatique et palpitant au long métrage. On n’a pas l’impression d’écouter une bande originale en adéquation avec son propos. En revanche, les images sont sublimes et dégagent un vrai potentiel cinématographique.

La mise en scène alterne le bon et le moins, que ce soit dans la pertinence de certains plans ou de procédés. Bien que l’intrigue soit alléchante, elle prend du plomb dans l’aile avec des dialogues convenus et des situations expédiées. Nous ne sommes qu’au premier quart d’heure, et on entrevoit déjà les failles du film.

Une distribution sous-exploitée

Même si ils sont crédibles, les acteurs ne bénéficient pas de grands rôles marquants. Eric Besnard surfe sur du classique et des clichés, ce qui enveniment les ambitions initiales. Un grand film d’aventure passe par une histoire cohérente et originale, des personnages attachants… Malheureusement, ce n’est pas le cas avec 600 kilos d’or pur.  Chaque protagoniste est esquissé, ce qui intrigue dans un premier temps mais les réponses ne viennent jamais, bien au contraire. Finalement, les personnages sont convenus au possible, jusqu’à pousser vers l’incohérence.

Clovis Cornillac est peut-être celui qui s’en sort le mieux, il se laisse porter par l’aventure comme sa partenaire Audrey Dana. On a du mal à croire que Patrick Chesnais est un ancien mercenaire. Claudio Santamaria (On l’appelle Jeeg Robot) montre un potentiel criant avec son personnage, mais ça s’arrête là. Et c’est la même chose pour Bruno Solo.

Et au final, ça donne quoi 600 kilos d’or pur ?

Eric Besnard est passé à côté de son sujet et de l’ambition affiché. Outre quelques belles images contemplatives, sa mise en scène et son écriture ne reflètent pas une réelle appréhension de la Guyane. On a l’impression que ça navigue à vue, sans savoir comment ça va se finir. Le rythme est inégal et le montage pas toujours des plus pertinents. Un film de cette envergure se doit être palpitant, comme de The Lost City of Z de James Gray ou la série Guyane sur Canal +.

Heureusement que la scénographie brille de temps en temps par la photographie de Jean-Marie Dreujou. Pour le reste, l’action n’est pas au rendez-vous, et pour le peu que l’on en voit, ça reste convenu et expéditif. Et au niveau du scénario, c’est le même constat. Les thématiques sont survolées, comme les personnages et l’environnement dans lequel ils sont « prisonniers ». Jérôme Salle (Largo Winch) ou Alexandre Aja (Haute tension) auraient sans aucun doute apporter une toute autre dimension au propos. Bien que le film se devait d’être populaire, Eric Besnard s’est embourbé dans les clichés et les facilités scénaristiques. Le grand spectacle et l’audace n’empêchent pas de faire un vrai grand film d’aventure et populaire.

On ne reviendra pas sur la bande originale, qui n’apporte rien dans les émotions ou dans l’intensité. Le compositeur est passé à côté, lui aussi.

En résumé, 600 kilos d’or pur n’est ni attrayant, ni original. Une ambition trop grande pour un cinéaste perdu dans la jungle guyanaise. Dommage !

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