Critique : Mort ou Vif (1995)

Mort ou vif est un western est un film américano-japonais réalisé par Sam Raimi.

Dans la ville de Redemption, tous les ans a lieu un concours qui récompense le meilleur tireur par une énorme somme d’argent. Jusqu’à présent, le tyrannique maître de la ville, Herod, a toujours gagné. Cette fois Ellen, une ravissante jeune étrangère, participe au concours et est bien décidée à le battre pour une raison très particulière.


Suite au succès mondial de Basic Instinct (1992), TriStar Pictures sollicite Sharon Stone pour coproduire un western où elle serait l’héroïne. L’actrice américaine peut également choisir ses partenaires à l’écran et le réalisateur. Leonardo DiCaprio et Russell Crowe sont engagés sous l’insistance de Sharon Stone.

Pour la réalisation, l’actrice appelle directement Sam Raimi et lui demande d’être aux commandes du western. Le réalisateur surpris et enjoué par le projet, accepte immédiatement.


Direction Redemption !

En ouverture, Sam Raimi instaure l’atmosphère aride et hostile du Far West et hisse Sharon Stone au premier plan. On entre avec elle dans la petite ville de Redemption où les plus redoutables assassins se réunissent pour s’affronter en duel.

Sam Raimi insuffle un côté comics au western avec un cadrage qui se veut iconique et un montage dynamique. Encore une fois, ça n’a jamais été un hasard si le réalisateur a signé la trilogie Spider-Man.

Le premier quart d’heure agit comme un compte à rebours, le réalisateur dose les tensions entre les différents protagonistes pour ensuite leurs donner une finalité avec les duels.

Un casting à six coups

La distribution participe grandement à la réussite de ce film. Sam Raimi a tout de même devant sa caméra des acteurs de renoms et des stars en pleine éclosion. Tout d’abord, Sharon Stone campe efficacement cette mystérieuse femme venant de nul part et qui cherche à tous prix à se confronter à Herod (Gene Hackman). L’actrice américaine se montre en forme et devient l’une des rares héroïnes d’un western.

Face à elle, Gene Hackman interprète une nouvelle fois le tyran d’une petite ville, comme c’était le cas chez Clint Eastwood dans Impitoyable. L’acteur fait parler son talent et son charisme naturel, il n’en fallait pas plus pour faire un redoutable antagoniste. Leonardo DiCaprio et Russell Crowe se montrent tout aussi convaincants et attachants.

Du côté des seconds couteaux, on retient Lance Henricksen (Aliens), Keith David (The Thing) et Roberts Blossom (Maman j’ai raté l’avion). En bref, nous avons un casting qui de la gueule et qui livre un excellent travail.

Et au final, ça donne quoi Mort ou vif ?

Sam Raimi s’approprie le genre pour lui donner une nouvelle facette. Certains parlent de série B, nous dirons plutôt western vitaminé. Mort ou Vif reflète clairement la griffe du cinéaste américain, principalement dans sa mise en scène mais aussi sur quelques lignes du scénario. On sent à la fois l’envie de rendre hommage au genre et de lui offrir une nouvelle formule. Le résultat est plus que satisfaisant.

La réussite du film est principalement liée a deux choses : Sam Raimi et le casting. Le scénario est basique, mais il prend du relief grâce au réalisateur et aux acteurs. La scénographie rappelle évidemment Evid Dead et Darkman. Des focales en diagonales, des zooms, quelques effets spéciaux, un montage fluide… Bref, du Sam Raimi tout craché. En plus de ça, la photographie de Dante Spinotti nous offre des images somptueuses en donnant à la lumière un effet pesant et fiévreux.

Le script reprend les grandes ficelles du genre avec la rivalité, la vengeance ou encore le pouvoir. Les personnages ont chacun une caractéristique et une motivation bien précises, pour mieux les identifier et accroitre la rivalité dans le tournois. Sam Raimi donne au scénario une dimension plus moderne, puisqu’il emprunte des codes du comics pour les mêler à ceux de Sergio Leone, John Wayne ou encore Sergio Corbucci. Un savoureux mélange qui donne du coffre à l’histoire et aux personnages.

La musique du film est signée Alan Silvestri (Retour vers le futur, Avengers) entretient un souffle épique et mélancolique. Le thème principal reste en mémoire, et on peut même ajouter qu’il s’agit d’un des meilleurs thèmes pour un western depuis des lustres.

En résumé, Mort ou Vif est un western décontracté qui s’autorise tout, sans atteindre l’overdose. Sam Raimi se montre toujours aussi ingénieux et généreux.

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